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Les coups d'éclats de Catherine Frot

VIDEO | 2011, 9' | On connaissait bien la Yoyo d'Un air de famille ou La Dilettante; puis a surgi la Catherine Frot tourmentée jusqu'au vertige de La Tourneuse de page et L'Empreinte. Dans son tout dernier film, Coup d'éclat, sorti en avril dernier et déjà disponible sur Universciné, la voilà plongée dans un film noir et social, mis en scène par José Alcala, l'auteur d'Alex (à voir aussi sur Universciné). Elle y interprète une femme flic désenchantée, mais qui reprend goût à la vie. Catherine Frot nous explique comment et nous en avons profité pour nous glisser aux côtés de l'actrice et du réalisateur pour les suivre pendant leur tournée d'avant-premières, du côté de Bordeaux, face aux journalistes et aux spectateurs...

Qu’est-ce qui vous a intéressée dans le scénario que vous a fait parvenir José Alcala ?

Catherine Frot : J’ai reçu en même temps que le scénario de Coup d’éclat un DVD de son premier film, Alex avec Marie Raynal, que j’ai beaucoup aimé. Comme dans Coup d’éclat, c’est l’histoire d’une solitude et d’un combat. C’est l’évolution du personnagequi m’a le plus intéressée, sa transformation, son ouverture progressive à des émotions qu’elle avait mises de côté, enfermées.

J’aime tout autant jouer les femmes irréelles, drôles et touchantes appartenant au divertissement, que celles plus rudes, plus combatives, issues d’un cinéma dit « réaliste ». Le versant noir de Coup d’éclat, je l’ai déjà exploré au cinéma... Ce que j’aime dans tous ces personnages, c’est qu’ils se retrouvent en marge de leur milieu social : leur sensibilité a été touchée par quelque chose ou quelqu’un. Au départ, Fabienne, en tant que flic, assume de « faire le sale boulot », comme elle dit... Petit à petit, elle désobéit à sa hiérarchie, elle partage avec Kacem, maghrébin et ouvrier, une situation d’urgence, et au bout du compte, elle finira par abriter chez elle une femme dans l’illégalité et un enfant sans papiers. 

Comment interpréter un personnage qui est très souvent filmé seul ?

Comme c’est un film réaliste, mon personnage était très peu composé. J’étais guidée par l’idée que cette femme devient une autre à travers un geste d’humanité qu’elle n’avait pas prévu. Peu à peu, elle ressent de l’empathie pour les gens qu’elle rencontre au camping et qui vivent dans ces caravanes, pour les ouvriers qui démontent l’usine délocalisée. Ce  qui m’a touchée, c’est aussi le parcours de José Alcala, son regard sur le monde du travail, sensible et assez inhabituel.