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Sanjay Leela Bhansali : " ... une histoire simple qui a une très grande âme."

Souvenirs d'enfance, hommage à la femme, relecture d'un roman populaire... Le réalisateur avait toutes les raisons de filmer une nouvelle version de "Devdas". Un défi fascinant.

« Parmi les nombreux souvenirs très nets de mon enfance, je revois mon père, Navin, qui me pousse à voir Mughal-e-Azam, à écouter Bade Ghulam Ali, à apprécier le talent d’Ustad Amir Khan Sahib. C’est lui qui m’a attiré vers cet univers classique, grandiose et somptueux. J’avais en moi cette très forte envie de faire un film qui serait une illustration de ce monde qu’il aimait tant. Un monde que moi aussi j’avais appris à aimer en grandissant. Devdas m’offrait cette occasion. Pour plusieurs raisons. « Devdas » n’était pas simplement l’histoire la plus lue. Il a entraîné un mouvement national dans la littérature indienne, touchant cha que coeur… je n’y faisais pas exception. C’est une histoire que j’avais sans cesse en tête. Il y a beaucoup de choses qui m’intriguent dans le personnage de Devdas. C’est le paradoxe d’un homme qui, tel un enfant, est adorable et rebelle. Qui veut aimer et être aimé intensément sans arriver pourtant à exprimer ces deux sentiments. Il fait tout ce qu’il ne faut pas, mais il est tellement pur et incompris que j’ai eu l’impression de bien le saisir. Il aime même lorsqu’il est heureux. Il aime même lorsqu’il souffre. Dans sa capacité à aimer et à souffrir, je vois le prolongement du personnage Vanraj (Ajay Devgan) de mon précédent film « Hum Dil De Chuke Sanam ». En fait, je pense sincèrement que cette « veine » d’enfant auto-destructeur, en colère et qui a un besoin énorme d’amour, existe dans cha que homme, surtout chez les hommes indiens. Même aujourd’hui encore, il y a un Devdas dans cha que rue. Les personnages de Paro et de Chandramukhi ont également quelque chose de très spécial. Elles ont un esprit fort mais un coeur tendre. Femmes généreuses, elles pensent avec leur coeur, pas avec leur tête. Même si elles perdent dans la vie, elles ne perdent jamais foi en Dieu. Devdas, une histoire simple qui a une très grande âme. Je sentais que c’était un film qui devait être fait de nouveau. Avec une certaine opulence et une grandeur qui rendraient justice à son sujet et à ses personnages. Je savais que ce serait un défi fascinant pour moi en tant que réalisateur de présenter des personnages déjà connus de mon point de vue. Ce serait un film où la musique et la danse occuperaient une place très importante. J’aurais l’occasion de montrer à ma guise certaines danses que j’avais apprises et d’autres que j’admirais. Cette époque révolue était la grâce et l’étiquette incarnées. Les gens vivaient alors très bien et avaient un goût pour l’art. Par exemple, cha que partie de la femme était honorée. Que ce soit avec le « tikka » sur le front ou la bague à l’orteil. C’était l’occasion de montrer tout ça. Devdas comble en fait mon désir de faire un film basé sur la littérature avec le charme d’un monde ancien classique. Pour recréer des vieilles traditions, un style de vie et une certaine culture. Nous avons essayé de ne pas trahir l’esprit de Devdas. Le film est un hommage à une grande histoire qui transcende l’amour sexuel et fait de l’émotion son héros. C’est une interprétation du livre remarquable de Sarat Chandra Chattopadhyay, mais c’est sans aucun doute mon interprétation personnelle. » Sanjay Leela Bhansali