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Masaaki Yuasa : "L'animation, c'est la liberté"

VIDEO | 2017, 11'| Réalisateur de plusieurs séries très remarquées au Japon, figure importante d'une nouvelle génération inspirée par les cultures populaires et l'hybridation des styles, Masaaki Yuasa a reçu cette année le Cristal du long-métrage, la plus haute distinction au Festival d'animation d'Annecy, pour Lou et l'île aux sirènes (en salles le 30 août 2017). Rencontre avec ce nouveau géant nippon, qui nous parle d'animation comme de prise de vue réelle, et surtout de sa recherche de liberté.

Après des débuts de carrière dans des productions jeune public, Masaaki Yuasa se fait remarquer en 2004 avec la réalisation de son premier long-métrage, Mind Game, adapté du manga homonyme de Robin Nishi. Ce film, par la fertilité de ses idées et son imaginaire proche de Tarantino ou des frères Coen, lui vaut l'admiration de nombreux fans au-delà du Pacifique, notamment celle de Bill Plympton, un cinéaste auquel il est souvent comparé.

Au Japon, Masaaki Yuasa se fait aussi connaître par sa direction sur plusieurs séries à succès, par exemple pour Madhouse, important studio à l'origine des films de Satoshi Kon. The Tatami Galaxy (2010, d'après un roman de Tomohiko Morimi), en est l'apogée, récit entre l'intime et le fantastique où le personnage se voit revivre, à chaque épisode, le même échec personnel et amoureux dans des circonstances nouvelles.

Puis, en 2014, Ping Pong The Animation adapte un manga à succès de Taiyou Matsumoto et rompt avec les codes usuels de la série de sport. Sur la dernière décennie, l'artiste multiplie en outre les expériences auprès de différents studios, réalise des courts-métrages ("Kick-Heart" ; "Happy Machine" pour le film collectif Genius Party), et dirige même un épisode pour la série américaine Adventure Time.

Le style graphique de Masaaki Yuasa est reconnaissable par ses nombreux emprunts au film de genre, au cartoon américain, ou à l'art traditionnel japonais. S'il s'épanouit dans des imaginaires très différents d'une oeuvre à l'autre, il témoigne à chaque fois d'une singularité de mise en scène qui lui propre : expérimentation sur le split-screen et la vue subjective, émotions rendues visibles par la déformation des corps et des visages, rapidité du découpage, du rythme au montage ou des voix-off.

Avec Lou et l'île aux sirènes, le cinéaste japonais propose une oeuvre tournée vers un public plus jeune. Dans cette aventure fantastique en bord de mer, il oppose le trait dynamique et joyeux de ses créatures marines à la mélancolie de son jeune héros.

 

 

Retrouvez sur UniversCiné notre catalogue animation : courts-métrages, documentaires, films pour petits et grands venus d'Europe, d'Amérique et d'Asie.

 

A l'occasion des 100 ans de l'animation japonaise, UniversCiné vous propose une collection de titres récents à découvrir : Sky Crawlers, oeuvre mélancolique sur la fuite du temps signée par le réalisateur de Ghost In The Shell ; le portrait d'O-Sei, fille du célèbre peintre japonais et artiste en avance sur son temps dans Miss Hokusai ; Budori, l'étrange voyage, trajet de vie initiatique aux pointes poétiques proches de Lewis Carroll ; une comédie fantasque et estivale, qui met en scène les yokais, créatures folkloriques dans Lettre à Momo ; et Le Petit Chat curieux, ensemble de courtes histoires en stop-motion destiné aux tout-petits, mais qui plaira aux yeux de tous âges.

 

Nous avons également rencontré d'autres grands noms de l'animation d'aujourd'hui : l'anticonformiste Bill Plympton, qui pulvérise à chacun de ses films l'Amérique d'aujourd'hui ; Anca Damian, figure de proue du documentaire d'animation ; Michael Dudok de Wit, réalisateur aux courts-métrages auréolés de succès, et qui a signé la coproduction Ghibli La Tortue Rouge ; et enfin Piers Faccini, artiste expérimental dont l'univers mêle peinture et musique.