" Woody se projette dans son héros, crucifié d'être
le « second meilleur ». Ses « Django » à lui, ce sont
Bergman, De Sica... et Fellini. Ici, c'est Hattie qui évoque Gelsomina. A
la fin, Emmet connaît une sorte de rédemption, pareil à Zampano quand il
comprend à quel point il est seul. Woody le caméléon réussit un discret hommage
à La Strada. Des « seconds
meilleurs » de cette trempe ne sont pas légion..."
Bernard Génin, Télérama
" Accords et désaccords
touche immédiatement par la sincérité de son ton et la parfaite adéquation
entre la modestie apparente de sa forme et la renommée indécise de son
personnage principal.
En revenant au mode de récit choral qui fonctionnait si bien
dans Broadway Danny Rose (« Ecoutez mon histoire de Danny
Rose... », chacun son tour), Allen fait de son héros une ombre dans le
siècle, un véritable artiste mais qui ne se prend pas comme tel, certainement
pas un Auteur, une vie à impact si réduit qu''il convient de l'animer par des
histoires qui sont autant de légendes minuscules, toutes prêtes à être
(ré)arrangées -comme un morceau de jazz dans un délire apocryphe qui alterne
petite musique sentimentale et efficacité des gags (les versions de la
rencontre avec Django).
C'est en ordonnant une suite de petits riens
assemblables à l'infini et en alternant scènes intimes et performances
scéniques qu''Allen parvient à toucher quelque chose de la nécessaire solitude
de l'artiste qui se méfie de la reconnaissance, tout en ne pouvant s'empêcher
de faire étalage de sa virtuosité -comme dans la scène hilarante du concours
d'amateurs.
Et c'est ainsi qu''il a l'élégance de faire oublier que ce
film ne parle finalement que de lui-même, de son fantasme de génie enfoui
opposé à son élan vital d'homme de spectacle."
Frédéric Bonnaud, Les Inrockuptibles