Ali Baba et les quarante voleurs
Acteurs
Avec Fernandel, Samia Gamal, Dieter Borsche, Henri Vilbert, Edouard Delmont, Edmond Ardisson, Manuel Gary, Julien Maffre, Gaston OrbalPitch
Actions utilisateurs
Voir la fiche technique
Acteurs :
- : Ali Baba
- : Morgiane
- : Abdel, chef des bandits
- : Cassim
- : Père de Morgiane
- : Mendiant
- : Mendiant
- : Mendiant
- : Mufti
Equipe du film :
Dates :
- : 20/12/54
Informations techniques :
- : Couleur
- : Long metrage
- : Français
Bandes annonces et photos
Bandes annonces
Thèmes du film
Thèmes
Ils en parlent
-
Libération
Ali Baba fait figure de petite madeleine télévisuelle. Dans sa prime enfance, personne n'a pu échapper au film de Jacques Becker - maintes fois diffusé pour des familles, certaines de se gondoler devant les irrésistibles pitreries de Fernandel. Pour ma part, je garde en mémoire le célèbre comique hurlant «Tournesol, ouvre-toi!», à l'entrée de la caverne dont il avait oublié le mot de passe. Je me souviens aussi de mon émotion justifiée quand Samia Gamal retirait ses voiles et laissait deviner de célestes appas.
Sur une intrigue aussi mince qu'une feuille de papier à cigarettes, Becker s'en tire plus qu'honorablement. S'il serait vain de comparer cette comédie-farce à ses chefs d'oeuvre tels que Casque d'or ou Le trou, la quasi-absence de scénario fait d'autant mieux ressortir la force d'une réalisation invisible, à force d'efficacité, et la science de l'occupation de l'espace. Par exemple, la poursuite dans la belle maison d'Ali est magnifique de rythme et de précision. Les numéros de danse de Samia Gamal sont filmés avec sobriété et sans aucun plan de coupe inutile. Autant les décors et costumes de Georges Wakhevitch jouent la carte de la magnificence et de la surcharge chromatique, autant la mise en scène est dépouillée. Le seul effet que se permet Becker tient dans le jeu pour le moins expressif de son interprète principal. Avec ses dents de cheval et ses constantes mimiques, Fernandel trouve ici un de ses meilleurs rôles. Becker ne le bride pas mais, comme le faisait Pagnol, le débarrasse de ses tics routiniers afin qu'il puisse porter jusqu'au bout le fragile édifice comique sur ses épaules.
A sa sortie, Truffaut explique, dans un article plus militant qu'analytique sur la «Politique des Auteurs», qu'il n'a vraiment aimé et compris le film qu'à la troisième vision, un soir de réveillon (déjà!). Il conclut: «Ali Baba eut-il été raté que je l'eusse quand même défendu, en vertu de la Politique des Auteurs. Mais sa réussite technique confirme le bien-fondé de notre politique.» Morale: on peut être d'une totale mauvaise foi et avoir totalement raison.







Vous en parlez