Films

Amour{Szerelem}

Réalisation

De Karoly Makk - Hongrie - 1972 - 1h24min

Acteurs

Avec Iván Darvas, Mari Töröcsik, Lili Darvas, Zoltán Ban, László Mensáros, József Almási, András Ambrus, Tibor Bitskey

Pitch

Deux femmes, deux générations, liées par l’amour commun qu’elles vouent pour le même homme. L'une (Luca, interprétée par l'ex-jeune première de "Un petit Carrousel de fête", Mari Töröcsik) est professeur et attend avec fidélité son mari, Janos, prisonnier à la suite des événements révolutionnaires de 56, alors même que leurs anciens amis ont peur et lui ferment leur porte. L'autre femme est la mère de ce mari absent. Une vieille dame mourante pour laquelle Luca a inventé une histoire pour atténuer l'attente. Janos serait parti vivre le rêve américain aux Etats-Unis... Inspiré de deux nouvelles de Tibor Déry ("Deux femmes" et "Amour"), un film pudique qui remporta le Grand prix du Jury au Festival de Cannes 1971 et confirma, après une dizaine de films et déjà vingt ans de carrière, l'importance du réalisateur comme l'un des meilleurs cinéastes hongrois du moment.

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Acteurs :

  • : Janos
  • : Luca
  • : La vieille dame
  • : Borbely
  • : Le médecin
  • : Tanar
  • : Bortonor
  • : Feri

Equipe du film :

  • : János Tóth
  • : Judit Vidéki
  • : Tibor Dery
  • : Karoly Makk
  • : Janos Reti
  • : Péter Bacsó
  • : Piroska Katona
  • : CLAVIS Films
  • : Hungarofilm
  • : CLAVIS Films
  • : MAFILM IV. Játékfilmstúdió

Dates :

  • : 26/01/1972

Informations techniques :

  • : Noir et blanc
  • : Long metrage
  • : Hungarian

Bandes annonces et photos

Bandes annonces

Ils en parlent

  • Le Nouvel Observateur

    Le Nouvel Observateur

    « Amour » : pareil titre écrase. Par son énormité; et par son imprécision. Et puis on se méfie. L'immonde « Love Story », qui nous empoisse encore la mémoire de sa fétide mélasse, rend prudente notre approche de tout film dont le propos serait de bramer sur les toits un hymne à l'Hamure.

    Quelques renseignements nous rassurent. Le film est hongrois. Depuis l'éclipsé des cinémas polonais et tchèque (Skolimovski, Forman, Passer tournent mais en situation d'exil), le cinéma hongrois reste à coup sûr le cinéma le plus vivant de l'Est européen. Karoly Makk (quarante-six ans) connaît son métier : il a fait ses premières armes comme assistant de Géza Radvanyi (se rappelle-t-on « Quelque part en Europe », qui fit sensation, tout de suite après la guerre, en 1947) ? Et Tibor Dery, auteur de la nouvelle dont s'inspire le film, est un écrivain d'audience internationale, et non, comme ce malheureux Segal, un Delly pour campus d'intellectuels sous-développés. J'accumule ces références préliminaires comme autant de gestes exorcisant la menace de la vaseline segalienne.

    Gymnastique vite inutile. Tout de suite, Karoly Makk nous entraîne aux antipodes du guili-guili aguicheur, du sirupeux pathétique de prisunic. Et pourtant oui, de la première image à la dernière, il s'agit d'un hymne à l'amour considéré comme une force capable de remuer les montagnes, comme toute foi. Confiance dans l'autre — inébranlable —; et, par conséquent, possibilité d'attente — infatigable. Karoly Makk, avec la dernière des vigueurs, procède à la laïcisation d'un vocabulaire abusivement monopolisé par la religion chrétienne : la foi et l'espérance. Ou plutôt : au-delà de tout commerce charnel (Karoly Makk juxtapose l'amour maternel à l'amour conjugal), l'amour est bien religion — ce qui relie un être à un autre être avec une force telle que les obstacles ordinairement dressés par l'espace et par le temps s'évanouissent.  L'absence,  qui rend distance et durée intolérables, n'est plus que l'attente d'une présence. L'amour consiste à tolérer cet intolérable. Il est patience.

    Difficile patience de cette vieillarde, la mère, à bout d'usure. La caméra commence par nous montrer, en détail, les ruses et précautions par lesquelles cette vieille femme économise le peu qui lui reste de souffle pour ne pas mourir avant le retour de son fils. Héroïque patience de la jeune femme, l'épouse, qui aide la vieille à tenir — à durer —, à attendre. C'est à travers l'amour de la mère pour son fils que Karoly Makk nous dévoile l'autre visage de l'amour, celui de la femme pour son mari. Pour la vieille, il n'y a plus que cet amour qui vive en elle, il la fait vivre, il est la vie. Pour la jeune, s'il n'est pas, littéralement parlant, la vie, il n'en est pas moins sa raison de vivre.

    « Amour » est un film sur l'attente, la patience. Pour la mère, l'une et l'autre s'arment de la mémoire, l'amour se nourrit du passé; pour la femme, il se tourne vers le futur, vers cet instant où il exigera que la femme réapprenne le corps d'un homme qui aura vieilli hors de ses bras. Karoly Makk ajoute, en troisième volet, l'attente et la patience de l'homme, dont l'absence cesse dans le dernier tiers du film, mais que le retour expose d'abord à une double absence, celle, définitive, de sa mère morte, celle, provisoire, de sa femme. Ce qui permet à Karoly

    Makk de nuancer trois portraits : une vieille femme existant au ralenti, accrochée à ses objets familiers, traversés par des souvenirs comme une eau sombre l'est par des bulles; une femme jeune apparemment anesthésiée par  les  tracas  de  sa  vie  quotidienne;  un homme qui redécouvre la chaleur de vivre. Car — et Makk se garde de nous le donner à comprendre tout de suite —, il ne s'agit pas de n'importe quelle absence. Ni voyage ni guerre, mais la prison — et pour raisons politiques.

    L'action est datée : Budapest  1953. Le stalinisme, qu'on appelle en termes courtois le culte de la personnalité, exerce ses ravages. La tapisserie de la Pénélope hongroise, ce sont les pieux mensonges que la femme raconte  à la mère pour étayer  sa patience   en   taisant   les   vrais   motifs   de l'absence; ce sont les persécutions mesquines, les humiliations que doit endurer toute femme de condamné; ce sont la peur des autres, la lâcheté universelle  et,  par voie  de  conséquence, le chômage, la misère qui doit rester décente, la solitude — tout un enfer quotidien, insupportable s'il n'y avait pas l'amour. Dans le filigrane de l'histoire d'amour, se dessine un  autre film, politique celui-là :  sur l'arbitraire d'un absolutisme bureaucratique (nous ignorons pourquoi le mari, cinéaste, a été arrêté, pourquoi on le relâche), et sur l'exil intérieur, cette espèce de lèpre dont il frappe ses   victimes.   Erreurs,   fausses  manœuvres, bavures de l'Histoire contre lesquelles l'homme doit résister en s'armant de patience dans l'attente, c'est-à-dire à force d'amour. Saluons l'éternel retour du thème : amour contre tyrannie."

    Jean-Louis Bory, Le Nouvel Observateur
  • Ecran

    Ecran

    " Quel film admirable ! (...) une oeuvre étonnante de pudeur, de sobriété et de sensibilité (...) Près de la moitié du film a pour cadre la chambre de la vieille dame très digne immobilisée dans son lit, coiffée d'un bonnet noir sur son oreiller blanc. C'est dire que le film est fondé sur la durée. On pourrait croire que l'auteur a recouru à des plans très longs : il n'en est rien. Quand on examine la mise en scène avec attention, on constate que l'extension de la durée est obtenue, de façon très naturelle, par la fragmentation de l'espace (...)
    C'est au mot "impressionnisme" que l'on songe pour qualifier le style de l'auteur dans Amour (...) Sur le plan thématique, ce film possède deux grandes qualités. C'est d'abord un hymne très émouvant, comme le titre l'indique bien sûr, à l'amour entre un homme et une femme. On songe parfois à Grémillon (...) C'est ensuite un condensé psychologique des qualités de résignation de tout un peuple soumis à la domination d'un voisin aussi proche que puissant dont il subit les caprices comme on supporte le destin, mais en conservant une foi dans des lendemains qui chanteront. Peut-être."

    Guy Hennebelle, Ecran
  • La Saison cinématographique

    La Saison cinématographique

    " ... Le décor, les gestes, les détails sont traités avec un soin minutieux, une grande vérité. Les flash-backs sont rapides, brefs et évoquent le style d'anciennes photographies; on sent la part de sclérose, d'affabulation, d'erreurs des souvenirs si souvent évoqués, si souvent contés qu'ils se figent et se déforment.
    Il n'y a dans l'oeuvre aucun misérabilisme, aucun apitoiement facile mais une grande pudeur. La vieille dame est charmante mais elle est aussi exigeante, capricieuse. Sa bru, harcelée de soucis est, parfois, brusque, ironique. Chaque personnage garde sa complexité.
    La même dignité, le même ton de simple vérité est utilisé pour décrire l'aspect politique de l'histoire, en Hongrie, en 1953, aspect qui échappe totalement à la vieille femme (...) Les actrices sont excellentes..."

    Jacqueline Lajeunesse, La Saison cinématographique
  • Cinéma

    Cinéma

    " ... rapidement, un climat s'installe, fait d'intimisme et de mystère et l'on se laisse vite prendre au charme de cette atmosphère feutrée et de ce "suspense" psychologique.
    Curieuse et touchante histoire, en effet, que celle de cette jeune femme qui vient visiter sa belle-mère alitée et lui apporter de temps à autre une lettre de son fils parti en Amérique (...) Une fois de plus, c'est un film hongrois qui évoque avec autant de force et de pudeur les injustices de la période du "culte de la personnalité". Et ce n'est pas par hasard que le film adapte deux nouvelles de Tibor Déry qui a eu, lui aussi, à souffrir de l'arbitraire. La réussite du film tient avant tout à l'accord miraculeux entre son écriture discrètement raffinée, son atmosphère en demi-teinte et un sujet où l'essentiel est suggéré, si je puis dire, entre les images."

    Marcel Martin, Cinéma
  • Positif

    Positif

    " La mise en scène élaborée par la femme de l'absent - elle va jusqu'à coller des timbres américains sur les enveloppes - renvoie à cette autre mise en scène, ce mensonge collectif que fut le culte de a personnalité, en l'inversant. Le mensonge a pour but ici de maintenir en vie, il établit un rapport ambigu où a vieille femme a besoin de l'autre, en est à moitié consciente et joue un jeu élaboré dans le milieu clos où elle vit (...)
    Karoly Makk, aidé par son opérateur Janos Toth et sa superbe photo noir et blanc comme on n'en fait que dans les studios de Budapest, a ciselé cette étude psychologique, cette élégie languissante, toute en chuchotements et en bruits feutrés...."

    Michel Ciment, Positif

Vous en parlez

A propos de

  • Karoly Makk

    Né le 22 décembre 1925 à Berettyoujfalu (Hongrie), Karoly Makk fut l'un des seuls réalisateurs qui, dans la Hongrie des années 50, a vu sa renommée traverser...
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  • elsasarfati au sujet de : Humpday

      5/10

    les acteurs sont justes , il y a de plus en plus le désir de tout connaitre , de repousser les limites sexuelles ou autre