De beaux lendemains {The Sweet Hereafter}

Réalisation

Canada - 1997 - 1h52min - Drame

Pitch

Dans une petite ville du Canada, un bus scolaire fait une sortie de route. L'accident bouleverse la vie de la communauté, d'autant qu'un avocat vient attiser leurs sentiments d'incompréhension, de haine et de vengeance... D'après Russel Banks, un chef-d'oeuvre d'Atom Egoyan, Grand Prix du Jury ainsi que le Prix du Jury Œcuménique au Festival de Cannes 1997.

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Informations techniques :

  • : Couleur
  • : Long metrage
  • : Anglais

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Ils en parlent

  • Les Inrockuptibles

    Les Inrockuptibles

    "... Pour la première fois, Atom Egoyan a confronté son univers d’esthète à une matière autre. D’où un film enrichi, ample et secret, qui interroge l’idée de communauté, la notion de lien social et le statut de l’enfance (...) Comme dans tous ses films précédents, Atom Egoyan commence par embrasser un monde éclaté, fait de liens mystérieux et de rencontres furtives, agité de temporalités différentes.

    A chacun son monde, à chacun sa sphère, les cloisons semblent étanches. Atomisés dans un monde définitivement privé de sens global, les individus ont besoin de rites privés pour meubler leur solitude. En sous-main de la vie sociale, de manière clandestine, ils tissent encore quelques fils invisibles : pratiques sexuelles inavouables ou comportements franchement illégaux, les deux options se confondant souvent dans un même trafic. Leur existence se met alors à ressembler à un puzzle qui agace autant qu’il fascine, auquel le spectateur est prié d’amener la pièce qui complétera la figure, même si celle-ci garde un irréductible angle mort, source d’agacement et de fascination supplémentaires."

    Frédéric Bonnaud, Les Inrockuptibles
  • Télérama

    Télérama

    "... On peut discuter du « plus » métaphorique qu'introduit Atom Egoyan avec la lecture répétée en voix off du Joueur de flûte, un poème de Robert Browning ; on peut aussi trouver contestable l'interprétation qu'il en donne. Mais avec De beaux lendemains, il impose une vision rare de la détresse et de la dignité, du courage qu'il faut pour s'arracher au désespoir. Il y palpite cette humanité fragile mais intense qu'il n'a cessé de traquer, avec ce soupçon de mystère lié aux déchirements indicibles."

    Jean-Claude Loiseau, Télérama
  • Positif

    Positif

    " Pour la première fois après six scénarios originaux, Atom Egoyan adapte un roman, celui de Russell Banks, au titre homonyme. Comme tout auteur véritable, il se l’approprie, le trahissant pour être fidèle en profondeur, et nous offre ainsi une œuvre dans la droite ligne de son travail antérieur : une réflexion sur le passé, la famille, le chagrin et l’impossibilité sans doute d’atteindre jamais la vérité.

    Le récit de Russell Banks était fait de quatre souvenirs qui reconstituaient, avec des points de vue divergents, les circonstances de l’accident d’un car de ramassage scolaire, avec les morts qui s’ensuivirent ainsi que les séquelles (paralysie, traumatisme psychologique) pour les survivants et les conséquences sur la vie d’une petite communauté villageoise.

    Les quatre témoins (Dolores Driscoll, la conductrice du bus, Billy Ansell, le père de deux enfants noyés, Nicole Bumell, une adolescente qui a perdu l’usage de ses jambes, et Mitchell Stephens, un avocat new-yorkais qui propose ses services pour trouver les responsables) ne sont plus, dans l’adaptation d’Egoyan, des témoins privilégiés mais quelques-uns des multiples personnages qui peuplent le récit.

    A cette structure de retours en arrière, le metteur en scène a substitué une mosaïque tout aussi complexe, qui juxtapose passé, présent et futur en une trentaine de mouvements temporels agencés avec une clarté narrative exemplaire, ainsi que le poème de Browning sur le joueur de flûte de Hamelin, contrepoint poétique de l’histoire centrale. L’homme de loi qui arrive dans cette petite bourgage montagneuse évoque irrésistiblement quelque western (l’action a été transposée de la Nouvelle-Angleterre à la Colombie britannique), l’écran large aidant.

    C’est le refus du sentimentalisme, sur un sujet qui s’y prêtait, qui donne sa force à De beaux lendemains, admirable méditation sur la nécessité du travail de deuil que vient interrompre un avocat qui se sert de la douleur des parents pour combattre ses propres tourments : une fille droguée qui ne cesse tout au long du récit de communiquer avec son père. Qui est responsable : le conducteur, l’école, la municipalité, le fabricant du car ? Vaines questions, parce que insolubles, auxquelles metfin l'adolescente paralysée par son témoignage bouleversant en fin de parcours.

    Dès la première séquence - un homme enfermé dans sa voiture sous les jets d’un lavage automatique qui se bloque -, Egoyan impose un univers claustrophobe d’une présence physique obsédante, aidé par la photographie de Paul Sarossy et la musique de Mychael Danna qui créent une tapisserie visuelle et sonore. Russell Banks avait écrit son livre comme/une métaphore de la guerre du Viêt-nam et ses effets sur un peuple qui a son futur derrière lui. Atom Egoyan - metteur en scène pour qui le problème du point de vue, aussi bien cinématographique que moral, a toujours été capital -nous propose en pleine maturité créatrice une tragédie de la rédemption, celle d’êtres humains qui trouvent en eux-mêmes la force de surmonter l’épreuve et de cicatriser les plaies."

    Michel Ciment, Juillet/Août 1997, n°437/438, Positif

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De beaux lendemains

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  • l.ef au sujet de : L'Âge des possibles

      10/10

    Le film de mes 20 ans. Quelle heureuse surprise de le revoir.