Les Enfants nous regardent{I bambini ci guardano}
Réalisation
Acteurs
Avec Isa Pola, Luciano De Ambrosis, Emilio Cigoli, Adriano Rimoldi, Giovanna Cigoli, Jone Frigerio, Maria GardenaPitch
Voir la fiche technique
Acteurs :
- : Nina, la mère
- : Prico
- : Andrea, le père
- : Roberto, l'amant
- : La gouvernante
- : La nonne
- : Mme Uberti
Equipe du film :
- : Vittorio de Sica
- : Cesare Giulio Viola
- : Cesare Zavattini
- : Vittorio de Sica
- : Cesare Giulio Viola
- : Adolfo Franci
- : Gherardo Gherardi
- : Margherita Maglione
- : Giuseppe Caracciolo
- : Romolo Garroni
- : Tullio Parmegiani
- : Bruno Brunacci
- : Mario Bonetti
- : Guido Fiorini
- : Gastone Medin
- : Renzo Rossellini
- : Franco Magli
Dates :
- : 29/06/49
Informations techniques :
- : Noir et blanc
- : Long metrage
- : Italien
Thèmes
Ils en parlent
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« Avec Les enfants nous regardent, De Sica renverse le schéma habituel, rebattu, de la dramaturgie en vogue sur les scènes et sur les écrans à l'époque du fascisme : le triangle sentimental constitué par Elle, Lui et « l'Autre ».
L'adultère est ici vécu à travers l'expérience qu'en a un enfant et les termes de l'intrigue classique, qui avaient été utilisés indifferemment pendant des dizaines d'années, par des écrivains mondains, par les prestidigitateurs habiles à brosser des « pochades » ou par les intimistes deviennent chez De Sica les éléments d'un conflit dramatique qui aboutit à une dénonciation, à une polémique contre le conformisme bourgeois (...) l'atmosphère et les personnages sont ceux de la chronique. Plus de « téléphones blancs », plus de ténors, ni de guerriers africains; mais une famille de petits bourgeois dont les préoccupations terre-à-terre, la vie terne, l'amertume des désaccords, nous fait oublier comme par enchantement l'atmosphère « virile » voulue par Mussolini et oppose un démenti aux sermons moraux des dirigeants sur le caractère sain et solide de la famille fasciste type.
De Sica fait alterner l'ironie subtile avec des passages secs et dramatiques. En une heure et demie de spectacle, il accumule plus de notations, de remarques qu'il n'est possible d'en tirer de cent autres films italiens sur le milieu bourgeois tournés au cours des années précédentes par réalisateurs besogneux. Les enfants nous regardent est un appel qui s'adresse à la conscience, un témoignage sur la vérité, un film dans lequel le fascisme, sa rhétorique, ses réalisations et sa fausse morale sont ignorés avec une telle franchise qu'elle nous fit bondir de joie lorque nous avons vu le film... »
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"... Tout aussi juste nous paraît la scène au cours de laquelle le petit garçon va et vient dans sa chambre, tandis que dans la pièce voisine la mère résiste faiblement à son amant revenu pour la chercher. Il y a ici un premier essai de durée réelle qui annonce Umberto D. Nous saisissons le tragique sourd de cette minute par l'étirement voulu du découpage, qui a le mérite à la fois de nous associer au malaise, à l'anxiété croissante de l'enfant, et de nous faire sentir objectivement combien cette situation est dramatique. Même délicatesse de touche inspirée par un sens profond du monde enfantin, dans la dernière partie, celle qui retrace les vacances du foyer momentanément regroupé, le départ du train qui ramène le père à Rome, l'émerveillement de Prico devant les tours du prestidigitateur au cours d'une fête à l'hôtel, enfin son réflexe de panique quand il surprend sa mère sur la plage en compagnie de l'amant.
Ici, comme dans tout le reste du film, de Sica se montre cruel pour le monde des adultes et leur faiblesse sensuelle est toujours souligéne avant que nous soit montré l'enfant qui apparaît dès lors comme une victime de la veulerie des grands, incapables de se passionner vraiment pour autre chose que leur satisfaction physique. La fuite éperdue de Prico sur la voie ferrée, puis au bord de la mer, si elle n'a rien d'original à l'écran, est au moins traitée avec le souci de montrer un être infime et désarmé, perdu dans l'espace. Le Voleur de bicyclette reprendra ce thème et le développera de manière efficace... »
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La Revue du cinéma, n°13
« Non sans peine, en 1943, de Sica mit en chantier I Bambini Ci Guardano, film psychologique très délicat dont l'action était entièrement exprimées d'après les réactions d'un étonnant petit protagoniste de quatre ans. Sans ménagement, De Sica y accusait cruellement les mesquineries, les égoïsmes et les désespoirs d'un milieu bourgeois étriqué dans lequel tant de gens étouffent, privés d'horizon. La figure du mari trompé, la grand mère avec sa famille paysanne, les angoisses du petit Prico et ses épreuves trop grandes pour lui, toute matière ingrate devenait si émouvante qu'elle atteignait un certain lyrisme.
L'entourage était férocement typé : de la tante modiste avec son amant aux locataires de l'immeuble, de la petite fille à qui Prico est confié aux collègues de bureau du père, de la modeste pension d'Alassio au monde élégant de la plage, dépeint avec ses gestes, son vocabulaire, ses inflexions de voix. A des moments d'une intensité douloureuse, le drame se concentrait sur la physionomie prodigieusement mobile du petit interprète : la fuite de l'enfant qui veut rejoindre son père sur la conduite de sa mère, la terreur quand son père qui a décidé de se suicider l'abandonne au collège. L'homme descend l'escalier en hâte pour s'éloigner, le plus possible, de son fils et de ses remords, et les appels implorants du petit se perdent dans les salles du collège, désertes, immenses et dans un escalier monumental... »












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