Films

Maman a cent ans{Mamá cumple cien años}

Réalisation

De Carlos Saura - Espagne - 1979 - 1h25min

Pitch

Pour fêter les cent ans de la "Madre", enfants, petits enfants, cousins... se réunissent dans la traditionnelle demeure familiale. A la joie des retrouvailles succède les reproches, les regrets, les haines... "Maman" n'est pas dupe. Elle sait que certains l'aiment et... que d'autres veulent en finir définitivement avec elle. Une Maman emblématique qui est, peut-être aussi, la vieille carcasse d'une Espagne franquiste qui a du mal à mourir ! Cinéaste féroce des "années Franco", Carlos Saura ("La Cousine Angélique", "Cria Cuervos"), a déjoué la censure de son pays en maniant l'allégorie. Dans "Anna et les loups" (1974), l'Eglise et l'Armée étaient clairement ses cibles. Il en reprend les mêmes personnages dans "Maman a cent ans" (1979, nommé pour l'Oscar du meilleur film étranger), déplaçant le propos sur le ton de la comédie et de la farce. Le dictateur espagnol était mort quatre ans plus tôt mais la "fête" ne masque pas totalement les craintes : le loup disparu, reste la meute...

Voir la fiche technique

Acteurs :

Equipe du film :

Dates :

Informations techniques :

  • : Couleur
  • : Long metrage
  • : Spanish

On vous en parle

Ils en parlent

  • Ecran

    Ecran

    " Si l'œuvre de Saura a pu acquérir peu à peu cette cohérence dans la peinture des êtres et des milieux — on n'en voit guère d'équivalent que chez certains romanciers de « comédies humaines », Balzac, Zola ou Perez Galdos — ce n'est pas seulement grâce à sa thématique, son écriture, ses choix (effectivement très person­nalisés, jusque dans l'interprétation et la création, notamment, avec Géraldine Chaplin, d'un personnage central multiforme mais à chaque fois intensément caractéristique), c'est surtout grâce à la nécessité interne d'une vision d'ensemble fondée sur la lucidité critique et la connaissance dialectique des rap­ports de l'individuel au collectif, des phénomènes de mœurs et de mentalités.
    Bien qu'il soit modulé sur plusieurs registres, l'art de Saura ne renonce jamais à ce qui est son pouvoir le plus décapant : la virulence noire de l'humour. Il le porte, dans Maman a cent ans, à son apogée, chauffé à blanc par le sarcasme subtilement mêlé de tendresse, à la limite de la farce (...)
    La description minu­tieuse du microcosme familial — décor, mobilier, rituels, ma­nières d'être — définit de façon clinique les lézardes du déclin sur la façade de l'ancienne prospérité. Elle se combine à la bouffonnerie, à la fantasmagorie quasi surréaliste de certaines situations. (...) de temps à autre, le manège étourdissant des passions (tout le refoulé des désirs explose dans ce huis-clos) et des manœuvres meurtrières, s'interrompt brusquement. Un ange passe. Ou plutôt un hélicoptère invisible dont le rotor vrombit et qui soulève un vent d'ouragan dans la maison, pétrifiant les personnages comme dans un musée de cire. Carlos Saura invente diaboliquement « les pales de Damoclès », menace imprécise et redoutable qui plane sur les têtes de cette camarilla.
    C'est l'irruption d'un destin qui peut à tout moment les balayer, d'un imaginaire plus puissant que leur pauvre réalité et qui méduse sur leur radeau ces dérisoires mannequins (...)
    Ce qu'il pourrait y avoir de caricatural dans la manipulation de cet étrange guignol est transformé, transcendé, par l'incomparable aisance d'une mise en scène au rythme félin qui à chaque instant séduit, ravit, surprend, déclenche le fou rire. A l'opposé du climat oppressant et par­fois morbide d'autres films de Saura, l'inénarrable drôlerie de celui-ci n'en est pas moins vengeresse et libératrice."

    Michel Capdenac, Ecran
  • La Saison cinématographique 1980

    La Saison cinématographique 1980

    " Après des oeuvres intérieurs assez étouffantes, Carlos Saura retrouve ici un ton plus aéré, et débordant d'humour, même si souvent le rire ne va pas sans quelques grincements. C'est que les saillies comiques sont directement proportionnelles à l'inquiétude intime qui sourd au plus profond de chacun des personnages.
    La réunion familiale est traitée avec une truculence toute méditerrannéenne et sert bien entendu de prétexte à l'analyse des contradictions de chacun (...) le film atteint àn une gravité dans la description et l'analyse, gravité qui donne aux intentions comiques un tout autre écho.
    Ajoutons enfnin -et cela seul souligne l'extrême qualité du film- que le constat, aussi amer qu'il soit, débouche en permanence non pas sur un univers morbide mais, bien au contraire, sur un monde plein de vie, d'amour et de chaleur (...) Saura parvient à rendre sensibles les liens qui unissent malgré tout les membres de cette communauté. Il fallait beaucoup d'intelligence et de savoir-faire pour démontrer tout cela. Bravo."

    Olivier Gillissen, La Saison cinématographique 1980
  • La Revue du cinéma

    La Revue du cinéma

    " ... Décider d'empoisonner la grand-mère le jour de son centième anniversaire, c'est la réapparition de nouveaux loups, de nouveaux monstres et la situation rappelle celle d'Affreux, sales et méchants d'Ettore Scola (...) c'est le comportement de certains personnages et ce que le cinéaste peut se permettre de montrer qui témoignent du changement. Brèche dans le sacro-saint respect de la religion que de donner à voir le ridicule de la grand-mère dans sa vénération outrancière pour la petite statue de saint Antoine de Padoue ! Fi du tabou sexuel (...) et Natalia fume de l'herbe (...) Jamais la censure franquiste n'eût laissé passer de telles images (...)
    On rit souvent (...) ça confine au burlesque (...) Maman a cent ans mêle en effet des incursions dans le merveilleux, le fantastiques, à des séquences comiques ou cocasses qui sont une grande bouffée d'air pur..."

    André Cornand, La Revue du cinéma

Vous en parlez

  • 21/07/11 | smart&sexy
      9/10

    Je connaissais le Saura des films de danse, celui des films un peu psychanlytiques contre Franco... Mais une comédie de Carlos Saura, c'est surprenant, et très réussi. Enorme et à ne pas manquer.

  • 05/09/09 | Jeannette3fouin
      6/10

    quelle famille !

A propos de

  • Carlos Saura

    Son nom apparaît au moment où celui de Juan Antonio Bardem commence à décliner, et il devient rapidement le chef de file du nouveau cinéma espagnol qui émerge...

    En savoir plus

Affiche

Maman a cent ans

Produits

Location

  • windows
  • mac
  •  (1 GB)

Achat

  • windows
  •  (1 GB)

Notes

8/10  (4)

Du même réalisateur

En ce moment

  • festival

    Gustave Kervern, Benoît Delépine : "On est punk, un peu"

    Entretien avec les réalisateurs du film Le Grand Soir avec Benoît Poelvoorde et Albert Dupontel, section Un Certain Regard 2012

    lire la suite

Restez connectés sur UniversCiné

Newsletter

Top

Top des ventes

Communauté

Faites votre cinéma

  • elPoto au sujet de : 4 mois, 3 semaines et 2 jours

      5/10

    Oui, c est fort, et fort bien filmé, mais c est tellement sombre qu au final on ne voit pas bien l intérêt.