Maman a cent ans{Mamá cumple cien años}
Réalisation
Acteurs
Avec Rafaela Aparicio, Fernando Fernán Gómez, Geraldine Chaplin, Amparo Muñoz, Norman Briski, Charo Soriano, José Vivó, Monique Ciron, Elisa Nandi, Ángeles Torres, Rita MaidenPitch
Voir la fiche technique
Acteurs :
- : Mamá
- : Fernando
- : Ana
- : Natalia
- : Antonio
- : Luchi
- : Juan
- : Annie
- : Victoria
- : Carlota
- : Solange
Equipe du film :
- : Carlos Saura
- : Carlos Saura
- : Teodoro Escamilla
- : Bernardo Menz
- : Antonio Belizón
- : Pablo González del Amo
- : Elías Querejeta
- : Tony Molière
- : Claude Pierson
- : Les Films Molière
- : Pierson Productions
- : Elias Querejeta P.C.
Dates :
- : 07/11/79
Informations techniques :
- : Couleur
- : Long metrage
- : Spanish
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Bandes annonces
Thèmes
Ils en parlent
-
Ecran
" Si l'œuvre de Saura a pu acquérir peu à peu cette cohérence dans la peinture des êtres et des milieux — on n'en voit guère d'équivalent que chez certains romanciers de « comédies humaines », Balzac, Zola ou Perez Galdos — ce n'est pas seulement grâce à sa thématique, son écriture, ses choix (effectivement très personnalisés, jusque dans l'interprétation et la création, notamment, avec Géraldine Chaplin, d'un personnage central multiforme mais à chaque fois intensément caractéristique), c'est surtout grâce à la nécessité interne d'une vision d'ensemble fondée sur la lucidité critique et la connaissance dialectique des rapports de l'individuel au collectif, des phénomènes de mœurs et de mentalités.
Bien qu'il soit modulé sur plusieurs registres, l'art de Saura ne renonce jamais à ce qui est son pouvoir le plus décapant : la virulence noire de l'humour. Il le porte, dans Maman a cent ans, à son apogée, chauffé à blanc par le sarcasme subtilement mêlé de tendresse, à la limite de la farce (...)
La description minutieuse du microcosme familial — décor, mobilier, rituels, manières d'être — définit de façon clinique les lézardes du déclin sur la façade de l'ancienne prospérité. Elle se combine à la bouffonnerie, à la fantasmagorie quasi surréaliste de certaines situations. (...) de temps à autre, le manège étourdissant des passions (tout le refoulé des désirs explose dans ce huis-clos) et des manœuvres meurtrières, s'interrompt brusquement. Un ange passe. Ou plutôt un hélicoptère invisible dont le rotor vrombit et qui soulève un vent d'ouragan dans la maison, pétrifiant les personnages comme dans un musée de cire. Carlos Saura invente diaboliquement « les pales de Damoclès », menace imprécise et redoutable qui plane sur les têtes de cette camarilla.
C'est l'irruption d'un destin qui peut à tout moment les balayer, d'un imaginaire plus puissant que leur pauvre réalité et qui méduse sur leur radeau ces dérisoires mannequins (...)
Ce qu'il pourrait y avoir de caricatural dans la manipulation de cet étrange guignol est transformé, transcendé, par l'incomparable aisance d'une mise en scène au rythme félin qui à chaque instant séduit, ravit, surprend, déclenche le fou rire. A l'opposé du climat oppressant et parfois morbide d'autres films de Saura, l'inénarrable drôlerie de celui-ci n'en est pas moins vengeresse et libératrice." -
La Saison cinématographique 1980
" Après des oeuvres intérieurs assez étouffantes, Carlos Saura retrouve ici un ton plus aéré, et débordant d'humour, même si souvent le rire ne va pas sans quelques grincements. C'est que les saillies comiques sont directement proportionnelles à l'inquiétude intime qui sourd au plus profond de chacun des personnages.
La réunion familiale est traitée avec une truculence toute méditerrannéenne et sert bien entendu de prétexte à l'analyse des contradictions de chacun (...) le film atteint àn une gravité dans la description et l'analyse, gravité qui donne aux intentions comiques un tout autre écho.
Ajoutons enfnin -et cela seul souligne l'extrême qualité du film- que le constat, aussi amer qu'il soit, débouche en permanence non pas sur un univers morbide mais, bien au contraire, sur un monde plein de vie, d'amour et de chaleur (...) Saura parvient à rendre sensibles les liens qui unissent malgré tout les membres de cette communauté. Il fallait beaucoup d'intelligence et de savoir-faire pour démontrer tout cela. Bravo." -
La Revue du cinéma
" ... Décider d'empoisonner la grand-mère le jour de son centième anniversaire, c'est la réapparition de nouveaux loups, de nouveaux monstres et la situation rappelle celle d'Affreux, sales et méchants d'Ettore Scola (...) c'est le comportement de certains personnages et ce que le cinéaste peut se permettre de montrer qui témoignent du changement. Brèche dans le sacro-saint respect de la religion que de donner à voir le ridicule de la grand-mère dans sa vénération outrancière pour la petite statue de saint Antoine de Padoue ! Fi du tabou sexuel (...) et Natalia fume de l'herbe (...) Jamais la censure franquiste n'eût laissé passer de telles images (...)
On rit souvent (...) ça confine au burlesque (...) Maman a cent ans mêle en effet des incursions dans le merveilleux, le fantastiques, à des séquences comiques ou cocasses qui sont une grande bouffée d'air pur..."












Vous en parlez
Je connaissais le Saura des films de danse, celui des films un peu psychanlytiques contre Franco... Mais une comédie de Carlos Saura, c'est surprenant, et très réussi. Enorme et à ne pas manquer.
quelle famille !