Bertrand Bonello : "du mythe au film, de Tirésias à Tirésia - questions de foi "
Introduction
Tirésias était un devin thébain, Jeune homme, il se promenait lorsqu'il découvrit deux serpents entrelacés. Il les frappa de son bâton et tua la femelle. Tirésias fut alors métamorphosé en femme. Avant de redevenir homme sept ans plus tard... "Dans ce passage du Tiresias grec à ma Tiresia brésilienne,dit le cinéaste, le plus difficile a certainement été d’avoir une histoire qui prend naissance dans un monde polythéiste, et de lui donner vie dans un monde monothéiste. Parce que le sujet, c’est aussi la foi, au sens premier, encore athée, c’est-à-dire l’engagement..."
Article
Le Mythe Tirésias était un devin thébain, fils d’Evérès, descendant d’Oudaïos, l'un des Spartoi, les « hommes semés » par Cadmos. Cadmos avait tué le dragon gardien de la source de Castalie qui avait décimé la plupart de ses hommes. Athéna lui demanda de semer les dents du dragon, desquelles naquirent aussitôt des hommes en armes. Sa mère était la nymphe Chariclô, la compagne favorite d'Athéna. Les deux amies aimaient se baigner dans une source du mont Hélicon. Un jour, le jeune Tirésias était à la chasse à proximité de cette source et, alors qu’il voulait sans doute rejoindre sa mère, il aperçut par mégarde Athéna nue en train de se baigner. La déesse lui mit la main sur les yeux et l’aveugla. À Chariclô, qui lui reprochait sa cruauté à l’égard de son fils, elle expliqua que tout mortel qui voyait un dieu contre sa volonté devait perdre la vue. Émue toutefois des lamentations de sa mère, Athéna purifia les oreilles du jeune homme, lui permit de comprendre le langage des oiseaux prophétiques et, ainsi, de deviner l'avenir. Elle lui donna un bâton de cornouiller qui lui permettait de se diriger aussi bien que s'il avait des yeux. Elle lui accorda aussi le privilège de vivre durant sept générations et de voir son don persister même après sa mort. Il existe d'autres récits sur la manière dont Tirésias perdit la vue. Jeune homme, il se promenait sur le mont Cithéron en Béotie lorsqu'il découvrit deux serpents entrelacés. Il les frappa de son bâton et tua la femelle. Tirésias fut alors métamorphosé en femme. Elle (Il) appartenait depuis sept ans au sexe féminin lorsque, toujours au cours d'une promenade, elle(il) découvrit à nouveau deux serpents accouplés (dans une variante de la légende, il s’agissait en fait à chaque fois du même couple de serpents et il n'en tuait aucun). De nouveau, elle(il) les attaqua, tuant cette fois le mâle et faisant fuir la femelle. Tirésias redevint aussitôt homme. D'autres versions ont cours sur la manière dont il obtint son don de divination. Une querelle se serait élevée entre Zeus et Héra pour savoir qui, de l'homme ou de la femme, éprouvait le plus de plaisir en amour. Héra reprochait à Zeus ses nombreuses infidélités et lui cherchait à se justifier en rétorquant que le plaisir de la femme était le plus intense. Tirésias, choisi comme arbitre en raison de sa double expérience, témoigna que la femme éprouve neuf fois plus de plaisir que l'homme. Vexée qu’il donnât raison à Zeus comme de voir son secret trahi, Héra frappa Tirésias de cécité. Zeus lui accorda en compensation le don de prophétie. La réputation de Tirésias ne s'éteignit pas avec sa vie. Circé, la magicienne, envoie Ulysse consulter aux Enfers l’âme de Tirésias. Lui seul avait conservé après sa mort son don de divination (par privilège de Zeus, d’Athéna, ou encore de Perséphone). Ulysse aux Enfers sacrifie un bélier noir, sans tache, à Tirésias qui, dès qu’il eut bu le sang noir, lui révèla tout ce qui devait encore lui arriver dans le reste de sa vie.Le film On ne sait pas réellement d’où vient un film, en tout cas, l’idée d’un film. Cependant il m’a paru tout à fait naturel de traiter de cette histoire, dont les enjeux sont le corps et le destin, c’est-à-dire la traduction la plus simple et directe de la représentation de l’humain et de sa tragédie. De ce fait, l’essence d’une narration cinématographique. La mythologie nous offre des histoires que nous pouvons tordre et sans cesse réinventer pour qu'elles s'accordent à nos désirs. Mon désir ici était d’offrir un voyage mental, le plus rempli de cinéma possible, et traversé par les questionnements humains de quatre âmes différentes. Dans chacune, un peu de nous. Un des grands paris du film, peut-être le plus grand, c’est celui du contemporain. Et dans ce passage du Tiresias grec à ma Tiresia brésilienne, le plus difficile a certainement été d’avoir une histoire qui prend naissance dans un monde polythéiste (théâtre bordélique de dieux et déesses, demi-dieux, demi-déesses …), et de lui donner vie dans un monde monothéiste. Parce que le sujet, c’est aussi la foi, au sens premier, encore athée, c’est-à-dire l’engagement. Où est la foi ? Dans la société, on ne sait plus. Elle s’est assombrie. Faut-il être fou pour croire ? Pour croire en quelque chose ? Pour s’engager ? J’ai travaillé avec des idées, des personnages, des paysages, des objets qui ne sont pas parfaits, mais qui sont la recherche d’un idéal, d’une perfection ; qui sont réels, mais à qui l’on va faire subir une autre réalité.










elPoto au sujet de : 4 mois, 3 semaines et 2 jours
Oui, c est fort, et fort bien filmé, mais c est tellement sombre qu au final on ne voit pas bien l intérêt.