"Ce pourrait être un film iranien, un de ces contes
minimalistes qui part d’un fait anodin pour en observer toutes les
implications. Un jeune garçon de la campagne qui vient de trouver une place de
coursier se fait voler son vélo. Dès lors, il n’a de cesse de le retrouver à
travers tout Pékin. Lorsqu’il met la main dessus, le vélo appartient désormais
à un lycéen, à qui il se révèle tout aussi indispensable… Lointain hommage au Voleur de Bicyclette de Vittorio de
Sica, le film phare du néoréalisme italien, ce film chinois en a toutes les
qualités humanistes. Le réalisateur passe du conte à la fable : le thème
de la propriété et de l’acquisition, des objets comme des sentiments. Le film a
aussi la délicatesse d’être une chronique sociale qui s’autorise des à-côtés
baladeurs et un virage final plus tendu. De quoi surprendre et vraiment
séduire."
Philippe Piazzo, Universcine
" Sur une anecdote matérielle, il crée le suspense pour parler de la
Chine d'aujourd'hui, rutilante d'amour et de violence. Une découverte."
Olivier de Bruyn, Première
" C'est un conte d'aujourd'hui, que l'on suit avec intérêt et
plaisir, vécu par des personnages auxquels on s'attache d'emblée et
qu'on ne lâche plus, interprété par de remarquables jeunes acteurs,
filmé avec intelligence et malice, avec juste ce qu'il faut de cruauté
et de tendresse."
Pascal Mérigeau, Le Nouvel Observateur
" Beijing Bicycle charme par sa description documentaire de la circulation urbaine, sa restitution sensible de la ville, ses passants, ses vélos, captés dans une lumière radieuse et estivale, qui masque mal pourtant la noirceur du contexte, la dureté de la vie quotidienne, où un sou est un sou et où les ouvriers ne bénéficient guère de protection sociale. Plus qu’un personnage, au sens psychologique du terme, Guei est une figure, réduite à quelques mots raréfiés. Le garçon est tout entier dans le désir de possession de sa chose, ce petit amas de ferraille auquel il confère le pouvoir de décider de la réussite ou de l’échec de sa vie. Les scènes où la bande de son rival le roue de coups et tente de l’arracher à son vélo ne manquent pas de force. A terre, à plat ventre pour recouvrir sa bicyclette, les bras en croix, les jambes emmêlées aux pneus et la tête dans les guidons, Guei ne lâchera pas l’affaire. Et ses agresseurs ont beau essayer de le retirer par les pieds, il s’accroche comme un crampon à la seule chose qu’il possède. Les personnages vraiment émouvants sont souvent les plus frustes, ceux qui sont définis par une seule obsession, une seule posture, et qui du coup laissent dans la mémoire l’empreinte d’une seule image. (…)
Jean-Marc Lalanne, Libération