" Même ses rares défauts (une certaine maladresse, des
flash-backs un peu trop signifiants ?) renforcent la vérité, la sincérité
du propos. Pas étonnant qu'il ait obtenu le Prix de la jeunesse à Cannes. Non
seulement la mélancolie est universelle, mais il y a aussi, dans ce courageux
retour aux sources, la mutation d’une violence sourde et sèche en une recherche
de l'harmonie, qui est presque une leçon de sagesse. Arrive un temps où il faut
bien vivre avec ce qu’on est. "
Jean-Pierre Lavoignat, Studio Magazine
" Lorsque la caméra de Nolot regarde passer le
cortège funèbre, lorsque défilent toutes ces vieilles gens et ces plus vieux
encore, avec leur visage ravagé de rides et leur corps plié par le temps, on se
dit qu’évidemment Nolot a filmé juste, et qu’en s’en tenant précisément au
matérialisme des conduites, il a capté quelque chose de la très vieille civilisation
paysanne. Il n’y a pas de champs et de labours, il y a bien plus : une
façon d’être au monde, des corps qui viennent d’un temps révolu, une vraie
visite à l’arrière-pays de ceux qui furent avant nous et ce monde de la
technique.
(…) [ Nolot] est un
passeur fantomatique entre le monde d’ici (Paris, le cinéma) et celui de
là-bas, totalement dégagé de ce qui lui arrive et donc de ce qui arrive au
film. D’où l’incroyable séquence sexuelle où Nolot filme sans complexe et
pendant un temps conséquent les beaux visages ou les entrejambes de toreros et
de rugbymen. Il n’y a à cela aucune nécessité narrative, mais une simple
logique du plaisir. Nolot revendique alors ceci d’unique dans le cinéma
français : ce n’est pas de raconter une histoire qui compte mais d’appesantir
le regard et de laisser les choses s’y déployer. »
Stéphane Bouquet, Cahiers du Cinéma
" Et puis la
mort qui s’approche, qui vient, qui passe et qui laisse un corps qu’l faut
dévêtir, laver, habiller pour le cercueil. Comment filmer cela ? Il n’est
peut-être pas d’autre manière que celle choisie par Nolot. Dépouillée, sobre
jusqu’à l’épure, sur la corde raide, mais tellement simple qu’elle semble
évidente. Evidente comme tous ces gens qui n’avaient jamais fait de cinéma, n’en
feront sans doute jamais plus, et qui se donnent tels qu’en eux-mêmes à la
caméra. Tels, également, que les a voulus Jacques Nolot dont on comprend (…)
que Jacob et lui ne font qu’un (…)
Car Jacob est acteur, connu surtout grâce à
la télévision, des gens de son village en tout cas. Alors Nolot règle quelques
comptes, sans colère, avec ironie et humour, même s’il se laisse parfois
entraîner à quelques images attendues. Et puis il s’en va, sa voiture roule de
plus en plus vite, s’éloigne de la caméra, quitte ces gens qui sont siens et
lui sont presque étrangers. Ces gens qui ne sont plus pour rien dans sa vie et
qui la fondent pourtant. C’est très beau."
Pascal Mérigeau, Le Nouvel Observateur