Mods
Réalisation
Acteurs
Avec Axelle Ropert, Vladimir Léon, Laurent Lacotte, Guillaume Verdier, Serge Bozon, Raphaële Godin, Chloé Esdraffo, Patricia Barzyk, Laurent TalonPitch
Voir la fiche technique
Acteurs :
- : Anna
- : Charles
- : Edouard
- : François
- : Paul
- : la fille
- : Elsa
- : Catherine
- : le médecin
Equipe du film :
- : Laurent Gabiot
- : Cyril Leuthy
- : Serge Bozon
- : Elena Films
- : Mélissa Petitjean
- : Axelle Ropert
- : Céline Bozon
- : Shellac
Dates :
- : 25/06/03
Informations techniques :
- : Couleur
- : Moyen metrage
- : Français
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Bandes annonces
Thèmes
Ils en parlent
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Télérama
"... Collage, série de fragments, le film chante de manière lapidaire aussi bien l'héroïsme romanesque que la lassitude absolue, l'amour du danger que le désabusement satisfait. Les dialogues, ciselés, valent le détour, surtout dans les insultes (...) Mais ce sont les chorégraphies qui enchantent le plus : de la danse non dansée (signée Julie Desprairies), des ébauches originales de ballets qui figurent le spleen, la langueur, la rupture sentimentale. Les garçons et les filles, inconnus ou presque, tous passants attirants, font corps avec l'espace, caressent et épousent les objets qui les entourent, deviennent armoire, lit, mur.
Au fond, Bozon transpose au cinéma l'esprit du rock garage américain des sixties : imitation sauvage des modèles britanniques, fierté d'amateur et minimalisme résolu. Ce qu'il crée est un (mini) séisme : une façon d'être moderne de manière légère, en se délestant de fardeaux (vraisemblance et convenance) et en raccourcissant tout (le film dure une heure). Mod, c'est cela : modern en abrégé."
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Les Inrockuptibles
" Originalité affichée. Distinction assumée. Summum du chic ? Une fois l'intrigue enclenchée (sur un campus régenté par une gouvernante sévère, deux frères militaires rendent visite au troisième, souffrant d'une maladie mystérieuse), ça se complique. En effet, l'avalanche de clins d'œil, du complot rivettien à la figure de la répétition chère à Eustache, du punk sixties au roman balzacien, donne le sentiment que le film est moins libre qu'il n'y paraît au premier abord. La figure de la boucle (la plupart des scènes se répètent et se répondent, en particulier le commentaire de l'action par un chœur de mods qui ne bougent pas un cil), dans laquelle certains ont lu le surplace de l'adolescence, peut aussi provoquer un profond sommeil. Alors, qu'est-ce qui est le plus chic ? Adorer Mods, ou le trouver copieusement ennuyeux ? Rire décalé ou ronfler snob ? Enthousiasme conceptuel ou pose dandy ? Mods ou snobs ?"
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" Dès les premiers plans qui suivent le générique, Mods affiche un parti-pris formel qu'il va tenir jusqu'à la fin.Dans le film de Serge Bozon, il n'est pas question de rendre compte plus ou moins directement d'une réalité complexe. Ici on tournerait plutôt le dos à tout ce qui inquiète bien des fims, un peu comme on tournerait les talons en direction inverse. C'est dire si le travail d'abstraction mis en oeuvre vient d'ailleurs.
Les deux frères (« On est militaires, c'est notre métier ») qui viennent s'incruster dans la Maison des Etudiants pour veiller sur leur autre frère figé dans un mutisme maladif, sont d'entrée privés de psychologie. Ce sont à peine des caractères. On est, spectateur, tout de suite attiré dans un conte où la mathématique des diverses figures ( géométrie et algèbre s'en donnent à coeur joie) régule l'angélisme de la fonction morale de chaque personnage.
Héroïsme, vaillance, exercices, astuces, règles du jeu communautaire, tout est soumis à la loi des cadres qui décide des positions exactes, dans l'espace qu'ils délimitent, de la gymnastique et de la danse, de tout ce qui vient se loger en symétries malicieuses ( la danse des pyjamas). Il y a un temps pour tout : pour économiser et pour dépenser, pour enseigner l'économie politique et pour rêver de sa vie passée; un temps pour soigner et un temps pour danser; et c'est le film qui, par son entêtement formel, l'inscrit allègrement. Le motif choral répété des « Quatre garçons dans le plan » est contredit par les figures féminines bien distinctes qui assument chacune à leur tour le rôle vivifiant d'un principe de dissymétrie.Dans ce conte, venu de Cocteau et de Bresson, se déclenche un duel imprévu et tacite entre Hawks et Kitano, entre l'ancienne unité classique, dont le deuil reste à faire, et l'inexpressivité méthodique qui protège du neuf et de l'inconnu. Ce duel permet in extremis le retour d'un élément temporel qui interrompt la loi des cadres, rompt le charme et sauve le film." (Texte édité par l'Acid, l'Association du cinéma indépendant pour sa diffusion)
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" Où sommes-nous ? Quelque part au coeur d'une petite ville universitaire, dans une pension étudiante aux allures oxfordiennes ; et si l'on s'évertue ici à faire respecter le règlement, dans les jardins souffle un air de printemps. Le bel Édouard, autour duquel ce petit monde tendu semble s'articuler, est sujet à une étrange maladie ; ni la directrice énergique et son indécis de mari, ni l'élégante et dépressive professeur d'histoire, ni même la bande des Mod's qui pavanent sur le trottoir, ne savent véritablement à quoi s'en tenir quand, appelés à la rescousse, arrivent les deux frères d'Édouard, militaires de leur état, en décalage complet avec cet univers réglé comme du papier à musique. Paul et François réussiront-ils à sauver leur frère de sa langueur, de lui-même, à percer ses mystères... ?
Difficile de circonscrire le projet cinématographique de Serge Bozon à un genre préexistant, chose tous comptes faits plutôt réjouissante en ces temps de « déjà vu » filmique généralisé. On se verra donc prié de laisser tout habitus scénaristique au vestiaire de ce pensionnat Jamesien ; voilà toute piste (lettre, aveux, aparté) immédiatement interdite par la suivante pour mieux nous y perdre. Un renoncement sans regret, qui offre à qui sait la saisir la chance du labyrinthe, le frémissement du complot, la contagion ludique du désir.Devant la caméra au beau fixe, quelque chose se trame... Une mécanique inouïe s'enclenche, que ne menace aucune explication, aucune (bonne) résolution. Le sens attendra la toute fin, laissant au spectateur le pur plaisir de l'intrigue et du jeu ; lieux, personnages et situations, s'imbriquent ainsi en château de cartes fragile comme pour fomenter à notre insu une tragi-comédie minimale, d'autant plus jubilatoire que les termes exacts de son développement nous échappent.
Seuls repères chroniques dans cette troublante insurrection de couloir, les ballets hiératiques de la bande des Mod's, ondulent nonchalamment entre Bob Wilson et Procol Harum... Drôles d'interludes fugitifs qui viennent, non sans grâce, scander le déploiement inexorable du film du haut de leur détachement dandy, à la manière d'un choeur antique. Grâce à la candeur de ses frères, la nature amoureuse de la maladie d'Édouard sera révélée aux yeux du monde... D'un coup, c'est tout le film qui semble gagné d'un accès fatal de chorégraphie, emportant personnages, sentiments et secrets, dans le menuet Swinging London de la mélancolie. Les deux frères (« militaires, c'est leur métier ») s'en retourneront du côté de Rochefort, de Cherbourg ou de Nantes ; Édouard, guéri, pourra enfin renaître à l'amour... Et la maison d'étudiant continuera de péricliter doucement dans la fraîcheur de ses jardins... Mais rassurez-vous, rien n'est rentré dans l'ordre puisque d'ordre, il n'a jamais été question..." (Texte édité par l'Acid, l'Association du cinéma indépendant pour sa diffusion)











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