Naked
Acteurs
Avec Claire Skinner, David Thewlis, Katrin Cartlidge, Peter Wight, Ewen Bremner, Susan Vidler, Gina McKee, Lesley Sharp, Deborah MacLaren, Greg CruttwellPitch
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Acteurs :
- : Sandra
- : Johnny
- : Sophie
- : Brian
- : Archie
- : Maggie
- : la fille du café
- : Louise Klemser
- : la femme à la fenêtre
- : Jeremy
Equipe du film :
- : Mike Leigh
- : Mike Leigh
- : Dick Pope
- : André Jacquemin
- : Alison Chitty
- : Lindy Hemming
- : Jon Gregory
- : Andrew Dickson
- : Thin man films
- : Channel Four Films
- : British screen productions
- : Pyramide Distribution
Dates :
- : 10/11/93
Informations techniques :
- : Couleur
- : Long metrage
- : Anglais
Bandes annonces et photos
Bandes annonces
Thèmes
Ils en parlent
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Le Monde
" Un petit chef-d'œuvre délabré et salubre."
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Télérama
" L'une des grandes réussites de Mike Leigh, c'est de jouer ainsi sur la voix de ses comédiens, comme autant d'instruments bizarres, incongrus et apparemment ridicules. Sauf que le ridicule, chez Mike Leigh, est un masque, une apparence, un piège dans lequel le spectateur doit se garder de tomber. Le ridicule, chez Mike Leigh, ne sert, en définitive, qu'à faire triompher doucement, sensiblement, l'insoutenable force de la vérité des êtres (...)
Des mots qui volent. La voix de canard de Johnny qui se fait encore plus aiguë, plus rosse, celle du veilleur de nuit qui devient de plus en plus lente, de plus en plus fatiguée. Duel. Duel burlesque et tragique où un chômeur, revenu de tout, fait découvrir à un travailleur, qui n'y croit pas vraiment, ce qu'il est. Utilisé, certes, mais inutile. Et puis, lorsque tout pourrait devenir insoutenable, Mike Leigh rompt son plan fixe. En un lent mouvement, la caméra se rapproche des deux orateurs, l'un déjà vaincu et l'autre qui n'aurait pas voulu vaincre, pour mieux les contempler dans leur dénuement et leur solitude. Tout Mike Leigh est là, avec son ironie et sa tendresse, sa férocité et sa drôlerie." -
Le Mensuel du cinéma
"...contrairement aux apparences, Naked n'est pas vraiment un film naturaliste où le contexte, l''environnement immédiat, font ou défont un individu et l'expliquent. Les intérieurs minables, les quartiers délabrés, les ruelles puantes, rien de tout cela n'a d''influence sur Johnny, véritable force transcendante qui vivrait à l'identique dans un espace vide et un décor clean.
Il est ailleurs, dans un autre temps, en quête d'absolu. Mû par une force inépuisable, incontrôlable, atemporelle, qui le jette dehors, travaillé au corps par une pulsion proprement cinématographique, le mouvement, il ne tient pas en place et déborde sans cesse du cadre, seulement apaisé par l'agitation des autres. Il est comme le film tout entier qui essaie de capter quelque chose des flux humains du monde.
Mike Leigh montre bien que l'égoïsme de son personnage débouche paradoxalement sur un vrai altruisme. Johnny est du tissu social vivant. Il se nourrit de rencontres, recrée un lien provisoire avec des figures solitaires, provoque le débat, répond quand on l'interroge, espèce de Socrate nouvelle formule (...) En somme, il est utile à un système qui lui est inutile. Exactement l'opposé de l'autre personnage masculin du film, le seul auquel Johnny ne parlera pas, ce golden boy ultra violent, incarnation du Mal (la Porsche noire) que la société tolère, mieux, dont elle accepte les valeurs (individualisme, narcissisme, darwinisme social)..." -
Universcine
Il ne faut pas chercher de nudité au sens propre du terme dans le film de Mike Leigh (naked = nu), même s’il y a quelques scènes de sexe plus dérangeantes et provocantes que dans la moyenne des films. La nudité est celle des personnages et surtout celle de Johny. Celui-ci déambule sans réelles attaches dans une Angleterre nocturne et froide (Manchester au début et Londres surtout). Sans travail, sans domicile, sans famille, il est devenu une sorte de vagabond qui promène son regard ironique son verbe violent, sa démarche incertaine. Son intelligence acérée comme une lame le conduit à faire voler en éclats tout le monde d’apparences dans lequel il évolue.
Les quelques rapports « humains » qu’il entretient ne font qu’exacerber cette douleur existentielle. Avec Sophie la droguée (extraordinaire composition de la regrettée Katrin Cartlidge), l’amour se fait combat. Avec le veilleur de nuit d’un immeuble de bureau qui le laisse entrer dans la nuit, il se livre à une discussion métaphysique désespérée et éblouissante de lucidité. A la fin du film, il est laissé à moitié inconscient après une altercation. Quand il se relève, il avance en titubant le long de la ligne blanche de la chaussée en un ballet désarticulé qui en fait une sorte de pantin suspendu entre la vie et la mort. Le jeu de Davis Thewlis atteint alors des sommets (un prix d’interprétation à Cannes largement mérité).
La mise en scène de Mike Leigh tient de l’épure. La lumière, le décor, la sensation de l’espace et du temps, tout contribue à faire de Naked une œuvre à nulle autre pareille. Douloureuse, certes, mais dense et belle dans sa pureté. Prix de la mise en scène indiscutable en 1993 à Cannes. Le film suivant de Mike Leigh, Secrets et mensonges (1996) lui vaudra la Palme d’Or.














Vous en parlez
Un film superbe, qui ne va jamais où on l'attend !
Moderne, sinistre et jubilatoire