Pays de Cocagne
Réalisation
Pitch
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Acteurs :
Equipe du film :
Dates :
- : 27/12/70
Informations techniques :
- : Couleur
- : Long metrage
- : Français
Thèmes
Ils en parlent
-
Cinéma
" La France devient un pays triste, et même un pays de tristes. Les vrais chahuts ont disparu, pas seulement des établissements scolaires. La palme de la tristesse revient à ceux qui nous gouvernent.
Cependant, tandis que nous continuons à nous morfondre, le cinéma nous offre de la France une image attrayante, rassurante, et pour tout dire, gaie. La vision sévère, grinçante, impitoyable de notre pays, c'est un "amuseur public" qui va nous la fournir, avec le goût retrouvé du rire. On peut parier qu'elle ne sera pas prise au sérieux. Pour avoir ses lettres de noblesse, en France, le comique doit être patiné par le temps, avoir une garantie historique (littéraire ou cinématographique).
Au moment de parler du film de Pierre Etaix, on ne peut éviter de répéter que parmi toutes les formes d'expression, le rire est la moins aliénable. Tout gouvernement de "droite" feint de mépriser, redoute, déteste le rire.
Non aliénable, le rire est aussi non aliénant. Le film de Pierre Etaix eût pu être un pamphlet, un cri de douleur, une mise en garde. Il eût alors été valable, certes, mais coercitif et. désespérant Choisissant le rire pour nous révéler la France telle que nous l'abîmons chaque Jour, Etaix nous fait passer du rang de juge ou de coupable, à celui de complice. Complicité double: dans la culpabilité et dans le début de guërl-son. Puisque nous rions.
Les soixante-quinze minutes du film son autant d'éclats de rire. La fiction, les personnages, s'étant effacés, le gag a disparu. Toute préméditation étant interdite pour un film visiblement influencé par les techniques du reportage télévisé.
(...) Etaix voit, s'indigne et rit. Mais si « le rire, dit-il lui-même, est une vertu, le comique n'existe pas à l'état pur ». (...) Au passage, le reportage s'est enrichi d'une sensibilité, d'un tempérament, de convictions personnelles. Il est devenu, à n'en pas douter, un film d'auteur.
(...) Parfois, le montage permet de synthétiser la satire sociale et le comique du comportement. Soit une file de clients attendant devant un marchand ambulant de glaces, sourire crispé, salivation douloureuse, désir et frustation, toute l'impatience du monde, reflétés aur les traits d'un monsieur bien, de quarante ans. On rit déjà. Le rire change un peu, quand la caméra prend du recul pour montrer le kiosque de journaux très proche, où s'étale l'annonce d'une dévaluation qui n'intéresse personne!
C'est le travail de montage qui a évité la véritable méchanceté, celle qu'Elaix définit comme le fait de faire "lucidement et gratuitement du mal à quelqu'un". Personne n'est "dénoncé"."















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