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Cheb, un pont entre deux cultures

De l'idée de départ du scénario au choix de la musique, Cheb cherche à raconter le grand écart auquel sont confrontés les jeunes français issus de l'immigration.

> Beur

Rachid Bouchareb : « Ce n'est pas un film "anti-algérien". Je voulais simplement montrer que si les textes législatifs algériens présentent le "beur" comme un Algérien à part entière, la réalité est toute autre. C’est la même chose en France où le « beur » est censé être un Français à part entière. Résultat, où qu’il aille, celui-ci est un étranger. »

> Génèse

Rachid Bouchareb :« J'étais en vacances dans ma famille en Algérie quand je suis tombé sur un article de presse relatant une expulsion. Cela a été le déclic. Je me suis dit que j'étais là, en Algérie, en vacances, et que tout allait bien. Mais comment réagirais-je si j’étais, du jour au lendemain, expulsé de France et obligé de vivre en Algérie toute ma vie ? Même si je suis très attaché à ce pays et que l’un des mes rêves est de vivre un jour aux portes du désert, ce serait difficilement supportable. Je suis né à Paris, j'ai grandi dans la banlieue Nord. C'est là que s'est déroulée ma jeunesse, là que sont mes amis... C’est à partir de ce sentiment qu’est née la première idée du film. Puis, on a développé le scénario avec Abdelkrim Bahloul jusqu'à la mouture définitive, écrite avec Christian Zerbib. »

> Musique

Rachid Bouchareb : « J’ai choisi la musique du compositeur algérien Safy Boutella parce qu’elle vient renforcer symboliquement la double culture des deux jeunes héros. C'est un mélange dynamique de rock et de musique traditionnelle. J'ai également utilisé des morceaux de la Mano Negra, de Cheb Mami, de Cheb Khaleb, de Lionel D., de Jimmy Oihid, de Dee Nasty et des Tambours du Bronx (pour le générique). J’ai le sentiment que la musique a le pouvoir de transgresser ce que les relations humaines interdisent le plus souvent. »