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Djinn Carrenard : "Je m’étais promis mon premier long métrage pour mes 30 ans..."

Donoma ne serait rien sans la farouche volonté de son auteur, Djinn Carrenard. Il retrace ici les grandes lignes de cette "épopée".

Pourquoi faire un film sans moyen ?

Chaque fois qu’on me pose cette question je donne une réponse différente, elles sont toutes vraies : Parce que je m’étais promis mon premier long métrage pour mes 30 ans, parce que je voulais tourner librement sans être obligé de faire un bon film, parce que je suis accro aux succès story genre “a dollar and a dream” des mecs qui transforment leurs rêves en réalité sans un rond...

Je me suis dit que cette épopée pouvait être passionnante, je voulais que des internautes puissent nous suivre depuis le lancement désargenté de cette aventure, jusqu’à son succès hypothétique. Nous avons donc réuni une communauté sur Facebook, à qui on balançait des vidéos marrantes expliquant le projet, présentant les participants, expliquant notre objectif.

Créer Donoma

J’ai réuni des comédiens, et j’ai essayé de leur vendre le moins de rêve possible: on va faire un film sans fric, on est personne et on ne connait personne dans ce métier, il ne faut pas espérer plus de ce projet qu’une projection dans un cinéma avec tous nos potes... On est d’accord ? On y va alors. Pour faire le film sans fric, j’ai mis sur pieds une stratégie qui pouvait se résumer ainsi: quand on a besoin de quelque chose pour le tournage, on se le fait prêter, sinon on s’en passe, simple. Du troc, donc, des partenariats, des prêts, pour que le film continue son chemin, pour que l’histoire continue de se raconter.

Notre public

Et puis les mois passaient, le tournage suivait son cours, et l’attente du public se faisait de plus en plus palpable : “on le voit quand ce fameux film” ? Le cinéma L’Ecran à Saint-Denis nous a laissé un créneau en matinée pour montrer le film à notre public quand il serait bouclé. J’ai monté Donoma presque sans m’arrêter pendant trois semaines d’affilé, la projection était à 9h30, le montage était bouclé à peine 6 heures avant, et c’est donc l’ordinateur lui-même qui a été branché au projecteur du cinoche.

Une centaine de personnes avaient fait le déplacement pour voir le film qui était lu directement depuis Final Cut, je le découvrais en même temps qu’eux. L’enthousiasme après cette première projection était palpable. La plupart des gens étaient venus voir le défi que s’était lancé à lui-même un réalisateur fou, et ils ressortaient surpris d’avoir découvert un “vrai film”.

Cannes et le reste du monde

J’ai envoyé le film à tous les festivals que je connaissais en France (Cannes, Angers, Belfort, etc.) Je n’ai pas tardé à voir une réponse de l’ACID. Ils avaient adoré le film, ils l’emmenaient à Cannes, l’aventure continuait. Et puis petit à petit dans le reste du monde les invitations se sont mises à fuser : Montréal, Athènes, Pusan (Corée), Ouagadougou, Londres, Alger, Budapest.

La distribution

Toute cette aventure prenait de l’allure, mais après un tour du monde, pas mal de presse et de projections euphoriques, nous n’arrivions toujours pas à déclencher l’enthousiasme ou l’intérêt des distributeurs. Comment allaient-ils faire la publicité de ce film atypique ? Je me suis posé la question, et j’ai mis sur pieds la stratégie de distribution qui ne trahirait pas l’esprit saltimbanque qui nous avait emmenés jusque là. Une fois que la stratégie était trouvée, comment ne pas avoir envie de sortir le film soi-même ? Commune Image Media a été le co-distributeur parfait pour ce nouveau défi : ils acceptaient de suivre mon plan d’attaque, mieux, ils arrivaient avec une équipe créative qui pouvait pousser plus loin la logique “guérilla” et lui donner les moyens de voir le jour.