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Jeff Nichols : "L’angoisse naît de notre peur de perdre quelque chose"

Remarqué en 2007 pour Shotgun Stories (à voir sur UniversCiné), Jeff Nichols revient avec Take Shelter, Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes en 2011. Le réalisateur parle de ses choix de mise en scène et du contexte dans lequel s'inscrit pour lui ce deuxième film.

À l’été 2008, lorsque j’ai commencé à écrire Take Shelter, je venais de me marier. J’étais comblé, professionnellement et personnellement, mais j’avais pourtant le sentiment que le monde s’acheminait vers des temps difficiles. Cette angoisse lancinante était certainement dûe à la crise économique mais pas seulement. J’avais, à présent, dans ma vie des êtres et des choses que je ne voulais pas perdre. On retrouve tous ces sentiments dans les personnages du film.

Take Shelter raconte l’histoire de Curtis, un père de famille modeste aux prises avec des rêves terrifiants. Pour lui, ces rêves sont soit les signes annonciateurs d’une tornade dévastatrice, soit les premiers symptômes d’une chose qu’il a redoutée toute sa vie.

Curtis réagit immédiatement en protégeant sa famille, sa femme Samantha et leur fille de 6 ans, Hannah. Mais il commence à se poser une question : les protège-t-il de la tornade ou de lui-même ?

Mon premier film, Shotgun Stories, était principalement tourné en plans fixes. La tension résultait d’une certaine immobilité. Take Shelter a pour sujet une tornade. Les plans devaient refléter le caractère graduel et implacable d’une force qui s’abat sur le personnage principal. La caméra se rapproche donc inexorablement de Curtis.

Tout comme dans Shotgun Stories, ce film joue sur la notion de genre. Alors que Shotgun Stories revisitait le thème de la vengeance, Take Shelter revisite le genre du thriller. Je voulais combiner des éléments de ce genre dans un drame, en mélangeant des moments typiques du genre à une narration plus calme. Au final, même s’ils ont peur ou s’ils sont tendus, j’aimerais que les spectateurs sortent du film en se souvenant de l’histoire d’une famille et de la capacité de ses membres à se soutenir face à un désastre potentiel.

Jeff Nichols