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Kaurismäki attitude — " Courage, jeune homme..."

Note d'intention bien frappée d'un réalisateur bien inspiré.

Non seulement l'histoire de Calamari Union est tout à fait logique mais elle a même un sens. Le seul problème est que la logique qu'elle suit n'est pas de ce monde. Quoi qu'il en soit, ces 17 hommes courageux tentent ce que nul n'a osé auparavant : traverser une ville sauvage et sans pitié, où sévissent des vieilles dames hargneuses aux coudes minuscules mais pointus, des cuillères, des marteaux, des machines à écrire et des chiens gros comme des vaches.

Mais plus que cela, la barrière entre les ces hommes et le rivage qu'ils visent est leur conscience déjà totalement détruite dès leur plus jeune âge, quand, à cette période où d'autres sont encore innocents, ils lançaient des pierres contre les fenêtres d'une école maternelle.

Leur entendement est mort, parce qu'enfants - contrairement à la génération d'Henri Michaux - ils devaient courir si vite vers une tombe grande ouverte qu'ils n'avaient le temps ni de respirer ni de réfléchir.

S'ils avaient pu, ils seraient restés chez eux et auraient avalé leur porridge comme de gentils petits Frank.

C'est là que le drame commence, dès lors que la traversée d'une ville aussi énorme qu'Helsinki n'a rien à voir avec un camp scout au fin fond de l'Alabama.

Et qui ça intéresse ? C'est la question de ce film. Il y en aura peut-être qui trouveront à Calamari Union un sens plus profond. mais ce serait mentir : tout n'y est que surface.

Aki Kaurismäki