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"Les Combattants" à l'assaut de La Rochelle

Parmi les avant-premières du festival, ce mardi : Les Combattants, premier long de Thomas Cailley, découvert à la Quinzaine des réalisateurs du festival de Cannes. Au centre du film, la jeune actrice Adèle Haenel, visage bientôt incontournable du cinéma français, que l'on avait rencontré sur la croisette.

Les Combattants, de Thomas Cailley

 

Le film traite de la fiction, de l’imaginaire comme une nécessité vitale.

Thomas Cailley : C’est quelque chose dont j’ai eu envie dès l’écriture : vivre l’histoire d’Arnaud et Madeleine comme un trajet du réel vers la fiction. Le film s’ouvre dans le point de vue d’Arnaud. Son environnement, sa famille, ses potes, son boulot : tout ça constitue son quotidien, sa réalité. Madeleine, c’est l’imprévu, une comète qui s’écrase dans le champ d’à côté.

Avec elle la fiction entre dans le récit, le temps s’accélère, le monde se met en mouvement. Rapidement on passe du monde d’Arnaud à celui de Madeleine : un univers qu’elle fantasme - l’armée -, et qui s’avère décevant puisqu’elle en rejette toutes les valeurs. Bref, rien ne se passe comme elle veut. Comme Arnaud et Madeleine ne trouvent leur place dans aucun de ces mondes, la seule solution est d'en inventer un nouveau, ensemble.

Ils laissent tout derrière eux et créent leur propre fiction. Un mode d’existence bricolé, utopique et fragile, mais qui leur appartient.

La façon dont vous abordez l’armée est très singulière, une comédie sans stéréotype ni caricature...

L’armée n’est pas le sujet du film, c’est davantage une toile de fond. Ce qui m’intéressait surtout, c’est la promesse d’aventure, d’action, de dépassement de soi qui attire les jeunes candidats et dessine en creux leur crise existentielle (« Deviens toi-même », « sengager.fr » etc.).

J’ai suivi des jeunes lors d’une préparation militaire pendant l’écriture du film. Elle a inspiré directement la plupart des scènes et des personnages. Ce qui était saisissant et souvent drôle, c’est le décalage entre les attentes des jeunes, leurs fantasmes guerriers, et la réalité de l’armée. Le lieutenant Schliefer, par exemple, est un personnage pour lequel j’ai beaucoup d’empathie. C’est un officier très investi. Il croit en sa mission, mais les jeunes qu’on lui envoie en stage le consternent par leur radicalité et leur individualisme. Schliefer va de désillusion en désillusion, c’est une vraie tragédie pour lui.

 

Et sur Universciné ? deux films avec Adèle Haenel : Les Diables, de Christophe Ruggia et Après le sud, de Jean-Jacques Auffret