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Magnus von Horn : "Quand les mots manquent, la violence n'est pas loin"

VIDEO | 2016, 9' | Avec Le Lendemain, Magnus von Horn signe une étude clinique de la violence, de ses causes et de ses manifestations. Inspiré d'un fait divers, ce premier long-métrage a été présenté à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes en 2015.

" L’idée de réaliser Efterskalv (Le Lendemain) m’est venue lors de mes repérages pour mon court- métrage de fin d’études Utan snö (Without Snow). Je lisais des rapports de police sur des crimes commis par des adolescents et l’une de ces histoires m’a particulièrement bouleversé.

Un jeune garçon de 15 ans avait étranglé sa petite amie, parce qu’il ne pouvait supporter qu’elle soit tombée amoureuse d’un autre. Je percevais entre les lignes de cette confession que derrière cet acte atroce, se cachait en réalité un jeune garçon timide, qui avait avoué son crime, mais ne comprenait pas comment il avait pu commettre un acte aussi terrible. Un enfant apeuré, qui s’était senti trompé par l’amour et qui essayait maintenant d’en assumer les conséquences, sans y être préparé émotionnellement.

Notre film est inspiré de cette histoire. Pour moi, l’essence de Efterskalv (Le Lendemain) est l’histoire d’un garçon qui, après avoir commis un meurtre et purgé sa peine, est remis en liberté, alors qu’il n’est encore qu’un enfant. Il voudrait tourner la page, mais son entourage ne lui permet pas. C’est l’histoire de personnes déconnectées de leurs émotions, comme une maladie sourde et silencieuse présente dans la société et transmise dans la famille du protagoniste de génération en génération, et qui finalement trouve une issue dans le meurtre d’une jeune fille.

Tout le monde est fautif, mais l’admettre serait reconnaître une responsabilité incontournable, une faute irréparable."