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Marcos Carnevale : La faute à Fellini

Marcos Carnevale nous prouve avec Elsa et Fred que l'amour n'a pas d'âge et que les rêves ne doivent cesser de mener notre vie. Tel le poète dont il s'inspire, il tisse un hymne à la joie, avec pour mot d'ordre le fameux Carpe Diem !

"J’avais 14 ans lorsque j’ai vu pour la première fois La Dolce Vita, dans le cinéma de mon petit village Inriville (Inri comme l’inscription sur la croix) de la province de Cordoba en Argentine.

Tel le Toto de Cinéma Paradiso, je passais mes après-midi dans la cabine de projection en rêvant de faire un film un jour ou au moins de tourner une scène comme celle d’Anita et Marcello dans la Fontaine de Trevi. Vingt-huit années se sont écoulées et mon rêve est devenu réalité. Je suis allé à la Fontaine de Trevi avec Mon Anita et mon Marcello pour tourner Ma Dolce Vita.

C’était peut être une question de hasard, ou de passion, mais j’ai toujours eu la certitude que cela allait se produire. Deux ans après avoir vu La Dolce Vita j’ai trouvé par hasard l’adresse de Fellini à Rome. J’ai essayé de lui écrire des centaines de lettres que je n’ai jamais envoyées en pensant que ce dernier ne leur accorderait aucune importance.

J’ai alors décidé de ne plus écrire mais de partir à sa rencontre à Rome. C’était en 1898. J’ai frappé à sa porte. Il n’y avait personne. Furieux contre le destin et contre Fellini, je lui ai raconté dans une lettre ce qui s’était passé. A ma grande surprise, de retour de mon voyage, j’avais reçu une lettre de Fellini me disant qu’il était désolé pour cet incident. Ainsi débuta notre relation épistolaire. Je ne l’ai jamais rencontré.

Ce récit peut paraître fantastique et improbable mais il ne l’est pas. On a tous un rêve et si on s’y applique il peut devenir réalité. « Il ne s’agit que de vivre » dit un poète de mon pays « c’est ça l’histoire ». Et « ça » c’est aussi l’histoire d’Elsa Et Fred. Celle d’une femme de 82 ans qui n’a jamais cessé de rêver et celle d’un homme de 77 ans qui s’était désintéressé de la vie.

Il n’est jamais trop tard pour vivre, il n’est jamais trop tard pour rêver, à condition de se sentir vivant, de se rendre compte que les idées et les désirs ne vieillissent pas avec le temps. La vieillesse est un état biologique qui s’imprime dans le corps, pas dans l’âme. Picasso l’a dit, et il avait bien raison, : « cela prend du temps de devenir jeune. »"

Marcos Carnevale