Navigateur non compatible. Veuillez utiliser un navigateur récent

Réconciliations

Très remarqué avec son court-métrage "L'exposé", Ismaël Ferroukhi a voulu, dans son premier long-métrage, redonner à une communauté musulmane écrasée sous les clichés une humanité, qui passe aussi par la "rencontre" d'un père et d'un fils, au-delà de leur statut familial...

" J'avais envie de raconter une histoire humaine sur deux protagonistes musulmans pour qu'on arrête de véhiculer des clichés sur une communauté foncièrement pacifique et tolérante", souligne-t-il."Je voulais vraiment "ré-humaniser" une communauté à la réputation entachée par une extrême minorité qui utilise la religion à des fins politiques.Cela fait une dizaine d'années que j'ai ce projet en tête. Il se trouve que, quand j'étais gamin, mon père a fait ce voyage en voiture et que ce périple un peu fou m'a fait fantasmer. Je me suis dit qu'un jour il faudrait me raconter cette aventure insensée. Réda et son père appartiennent à une culture où le dialogue entre père et fils est difficile, voire impossible. Le fossé qui les sépare (génération, culture, langue...) se creuse davantage par leur statut d'"exilés" en France. J'ai fait ce film pour permettre cette rencontre que le voyage et la promiscuité vont rendre inévitable (...) Ils se débarrassent de leur statut de père et de fils et se rapprochent au fur et à mesure de l'évolution du voyage (...)Le Grand voyage nous montre comment Réda et son père passent d'un rapport marqué par l'indifférence et l'hostilité à la reconnaissance de l'autre et à la réconciliation. Il faut comprendre et accepter ses parents -là d'où on vient- pour s'accepter soi-même." Ismaël Ferroukhi