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Simone Bitton : “Le spectateur n’est pas une page blanche."

La cinéaste explique dans une Note d'intention son envie de filmer, au-delà du conflit israélo-palestinien, les "murs" qui séparent tous les hommes.

“Le spectateur n’est pas une page blanche. Il sait beaucoup de choses sur ce pays, sur cette guerre. Il a ses opinions, parfois tranchées, qui ne sont pas forcément les miennes.

Je n’ai pas fait ce film pour le convaincre, ni pour lui fournir des arguments. Je l’ai fait pour partager avec lui ce que je ressens et qui déborde de mon cœur, lui raconter ce que je vois, me donner à lui en spectacle.

Ce mur que j’ai filmé fait partie de moi-même comme il fait partie de l’horizon mental et humain de mes personnages. Il est, en quelque sorte, le constat de notre échec.

Mur est un film politique car tout est politique, mais il ne parle pas de politique. Il parle de moi, de nous.

Au delà de la tragédie moyen-orientale, j’ai réalisé ce film en pensant chaque jour à ce qui se passe ailleurs sur la planète entre les riches et les pauvres, entre les faibles et les puissants, entre les «démocrates» et les «autres», entre ceux qui ont tout et ceux qui n’ont rien.

Partout les faibles veulent franchir les murs qu’on érige devant eux, et partout les forts ont peur de se retrouver à la place des faibles, comme si le bonheur des uns exigeait forcément le malheur des autres.

Parfois, le fort a tellement peur du faible qu’il fait tout pour que sa peur soit fondée, il s’arrange pour que le faible devienne une vraie menace.

La paix viendra. Elle finit toujours par venir. Mais pour le moment, l’époque du mur ne fait que commencer et je crains qu’elle ne soit terrible.”

 

Simone Bitton