Navigateur non compatible. Veuillez utiliser un navigateur récent

Valeria Golino : "L'histoire d'une jeune femme pleine de vie en contact avec la mort"

Avec Miele, Valeria Golino (petite amie de Tom Cruise dans Rainman et inoubliable femme libre dans Respiro) s'inspire du roman d'Angela Del Fabbro Vi Perdono et affronte le tabou de l'euthanasie. Elle revient sur la genèse de son premier long-métrage.

Comment avez-vous découvert le roman Vi perdono d’Angela del Fabbro ?

Il y a presque trois ans, j’ai lu une critique très intéressante du roman. Le thème m’a tout de suite attirée... La journaliste écrivait sous le pseudonyme d’Angela del Fabbro. Cela m’a interpellée et je me suis dit qu’elle cachait son identité, tout comme le personnage de Miele. Ce qui m’a intriguée encore plus était que le livre a été écrit à la première personne et qu’il était très détaillé. J’ai donc pensé qu’il s’agissait d’une histoire authentique. Ce n’est qu’un an plus tard, alors qu’on avait déjà bien avancé dans le scénario qu’on a appris que l’auteur était Mauro Covacich, un romancier célèbre.

Qu’est-ce qui vous a incitée à adapter ce roman à l’écran pour votre premier long-métrage ?

Tout d’abord, l’euthanasie est un sujet tabou en Italie, bien plus que dans n’importe quel autre pays européen. C’est en grande partie dû à l’influence du Vatican et à notre héritage catholique. Mais j’ai le sentiment que même si le peuple italien est prêt à faire face à ce sujet et à d’autres problèmes éthiques, les hommes politiques eux ne le sont pas. J’ai également voulu faire ce film car le roman avait une dimension très cinématographique.

Malgré la gravité du sujet, le livre avait un grand potentiel visuel. Le personnage principal, Miele, a une profonde vitalité, d’autant plus accentuée qu’elle est en contact permanent avec la douleur et la mort. Ce contraste m’a séduite. Le sujet de l’euthanasie est certainement très courant. Mais le film parle autant du développement d’une jeune femme que des interrogations morales sur l’euthanasie.

Quelle est votre opinion là-dessus ?

Je crois que chaque être humain doit avoir un droit de contrôle sur son corps, sur sa vie et sur la manière d’y mettre un terme. Cela étant dit, je ne souhaite pas faire de ce film un manifeste. D’ailleurs, il ne donne aucune réponse, il ne se contente que de poser des questions. J’aime à penser que le film traite des changements de conviction, des préjugés et des peurs que nous avons tous.

Cela fait longtemps que vous aviez envie de passer à la réalisation ?

Depuis pas mal de temps. J’adore le cinéma et la photographie, et après avoir fait autant de films en tant qu’actrice, j’ai appris énormément de choses sans même m’en rendre compte. Je n’avais jamais consciemment pensé à devenir réalisatrice avant que l’on me demande de réaliser un court-métrage il y a trois ans (Armandino e il madre). Pendant le tournage j’ai eu une révélation personnelle : certainement une vocation dont je n’avais même pas conscience avant...

Est-ce que votre expérience en tant qu’actrice vous aide à diriger les acteurs ?

Je suppose que oui. J’ai beaucoup d’empathie et de reconnaissance envers les acteurs.

Le casting s’est-il fait naturellement ?

J’ai fait passer beaucoup d’auditions, mais en réalité, depuis le début, les deux acteurs Jasmine Trinca et Carlo Cecchi qui jouent les rôles principaux n’ont jamais quitté mon esprit ni celui de mes co-auteurs.

Que recherchiez-vous quand vous avez choisi les membres de votre équipe ?

Je voulais une équipe d’amis, de gens avec qui j’avais travaillé, qui me connaissaient bien et qui seraient patients avec une débutante. En même temps, je voulais des gens qui soient inspirés et qui m’inspireraient. La seule pièce rapportée était Gergely Poharnok, un directeur de la photographie hongrois, dont j’ai découvert le travail par hasard et qui m’a immédiatement convaincue.