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Willy 1er, un premier film à huit mains

VIDEO | 2016, 18' | Ludovic et Zoran Boukherma, Marielle Gautier et Hugo Thomas ont co-réalisé plusieurs courts-métrages et présentent leur premier long, Willy 1er, très remarqué dans la sélection de l'ACID au Festival de Cannes en 2016 et Prix du jury et prix du public au festival de Groland. Une fiction où l'acteur principal, Daniel Vannet, mêle sa propre personnalité et sa propre histoire à une oeuvre de fiction.

" Rencontrer Daniel Vannet, c’est rencontrer un homme tout sauf ordinaire. Il traîne la jambe, sa gueule est cassée, il parle avec un accent chtimi à couper au couteau. Une seconde, il est joyeux et d’une désarmante spontanéité, puis il est triste et réservé la seconde d’après. On est très intimidé la première fois qu’on le rencontre. Cette présence, ce charisme singulier d’acteur qui s’ignore nous intéressait avant tout.

Au-delà de l’acteur, il y a son parcours. Aujourd’hui, Daniel mène une vie tout ce qu’il y a de plus ordinaire et modeste à Aulnoye-Aymeries, une commune du Nord à côté de Maubeuge : à 54 ans, il vit seul dans un petit meublé au rez-de-chaussée, il roule sur un scooter 50 cm3. Ce n’est pas une vie de château, ce n’est pas à proprement parler une vie de rêve. Et pourtant, cette vie, il s’est battu pour l’obtenir avec une détermination et un courage habituellement réservés aux grands accomplissements. Seul, contre autrui, avec son naturel et ses stigmates. Cette vie, c’était devenu son rêve et il y est arrivé.

Au cinéma, classiquement, les héros sont des femmes et des hommes ordinaires qui accomplissent des choses extraordinaires pour devenir des surfemmes et des surhommes qui n’existent d’ailleurs que dans la fiction. Avec Daniel, on a voulu décaler ce principe, le translater un cran en-dessous sur l’échelle de l’extraordinaire.

On voulait raconter l’histoire d’un homme en apparence anormal qui accomplit des choses tout à fait normales mais extraordinaires pour lui dans le but de devenir un homme ordinaire. La distance entre le point de départ et le point d’arrivée est la même à nos yeux, ce n’est qu’une question de repères. Et être normal, ordinaire, ça peut être très beau.

Enfin, il y a dans le parcours de Daniel une certaine résonnance avec nous. A presque 50 ans, Daniel vivait toujours chez ses parents, et ce n’est qu’après plusieurs drames familiaux et un énième rappel à l’ordre médical, qu’il a décidé de tout envoyer valser. En fait, il fait à 50 ans ce qu’on fait tous généralement entre 15 et 20 ans ; il s’est rebellé. Pour la première fois, il a dit non, il a dit merde, il a fait ses propres choix. Il s’est construit.

En plus d’être une profonde source d’inspiration et un mélange de drame et de comédie dont on raffole au cinéma, le parcours de Daniel était pour nous une réjouissante promesse de revanche, de pied-de-nez au déterminisme. On a la vingtaine, on vient de la campagne, on réalise à quatre, c’est plutôt inhabituel et parfois c’est difficile à faire comprendre.

Faire un film avec Daniel, comme un bras d’honneur au destin, c’était donc une perspective totalement réjouissante pour notre premier long métrage."

 

Ludovic et Zoran Boukherma, Marielle Gautier et Hugo P. Thomas

 

Retrouvez dans notre catalogue d'autres premiers longs métrages soutenus par l'ACID - Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion - au Festival de Cannes :

- Robert Mitchum est mort d'Olivier Babinet et Fred Kihn

- La Bataille de Solférino de Justine Triet

- Brooklyn de Pascal Tessaud

- Je suis le peuple d'Anna Roussillon

- Pauline s'arrache d'Emilie Brisavoine