Paulette, la maîtresse de Philippe, se laisse séduire par Carl, un acteur américain à la mode, qui tente Pauline, laquelle console Philippe....
Paulette est la maîtresse de Philippe, rédacteur en chef d'un grand quotidien. Mais elle se laisse séduire par Carl, un acteur américain, coqueluche de toutes les femmes. Philippe tente de se consoler avec Pauline, une jeune journaliste qui est elle-même très attirée par l'acteur. Le quadrille commence, entre peines de coeur et beaux mariages.
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" C'est un quatuor à cordes vocales. C'est une cour de récréation où s'exécute pour nous une figure chorégraphique circulaire dont chacun à
" C'est un quatuor à cordes vocales. C'est une cour de récréation où s'exécute pour nous une figure chorégraphique circulaire dont chacun à son tour vient occuper le centre, puis s'en va, revient, renonce, gagne le droit de jouer encore pour atteindre l'élu(e) de son cœur et de son vocabulaire.
Règle simple : c'est un couple qui doit en faire deux. Pour aller du duo au quartette, des nœuds et des jeux de mots sont à faire et à défaire, des anagrammes à inventer, et des pendus à dépendre. Au centre, une longue joute oratoire entre un amant et sa maîtresse, sur fond naturel d'infidélité ; mais ces deux-là ne sont littéralement pas faits pour s'entendre. L'un aime le texte, il est rédacteur en chef d'un quotidien, c'est Sacha Guitry (Philippe), l'autre aime la manière de le dire, elle est comédienne, c'est Gaby Morlay (Paulette). Il lui dit : « Ne t'imagine surtout pas que tu me dis la vérité (le texte) parce que tu dis ce que tu penses (la manière). » Plus loin il dira encore : « Ne me racontez pas, dites-le moi. » Et la comédienne à son amie : « Dites-lui ce que vous voudrez mais dites-le bien. » (...)
Chacun va s'employer, textes et manières à l'appui, à tenir un rôle qui corresponde à son vocabulaire. Les nouveaux venus sont conviés par les « anciens » à entrer chacun dans la danse des mots de son double. Qu'il est facile de tomber amoureux lorsqu'on parle la même langue, que ce soit celle du sérieux ou de la bagatelle, et que l'une n'empêche pas l'autre (d'ailleurs tout cela aurait pu se terminer autrement, par le jeu des sept différences plutôt que celui des sept ressemblances, et toutes les femmes aiment pareillement les pattes de renard).
Cette communauté de langage n'est pas seulement celle des mots : il y a ceux qui toujours courent et finissent derrière les portes (le comédien et sa consœur) et ceux qui restent sur place et se plantent au centre (la journaliste et son confrère). Certains lisent tout, journaux, lettres et autographes (ceux sous l'œil desquels tombe toujours ce qui est écrit) et à d'autres ne parvient même pas le courrier qui leur est destiné. Ceux enfin qui disent et écrivent et ceux qui racontent ce que les autres disent et écrivent...
Personne n'a figure d'adulte dans Quadrille parce que chacun des personnages croit encore, fermement et sérieusement, à sa place dans la ronde, à son statut dans le monde (même si, de toute évidence, comme chez les enfants, tout peut changer demain, la princesse devenir servante, mais rien ne peut changer tant que le jeu est celui du moment présent). Chaque parole, chaque geste sont fièrement, naïvement à leur place.
Si erreur initiale il y a eu (un Prince amoureux de Bécassine !), elle se doit d'être réparée par la force de conviction du texte et de sa mise en forme. Le hasard (mondain ?) de la rencontre est remis à sa place, il bute trop sur l'abîme qui existe entre les sentiments et la façon de les dire.
« Chacun a ses raisons », c'est la force de ce clan des quatre ; leur seul juge, c'est l'évidence des mots. L'aimable légèreté, la terrible insouciance de Quadrille, c'est de n'être qu'un jeu (« D'ailleurs je m'amuse comme un fou », dit Guitry quelques années plus tôt en parlant de son métier.). Un jeu dont le dernier plan vient témoigner (on se croirait au terme d'une comédie musicale américaine)..."
Extrait de "Sacha Guitry, cinéaste", Ed; Yellow Now et Festival International du Film de Locarno
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