Eleni{Trilogia I : To livadi pou dakryzei}
Réalisation
Acteurs
Avec Giorgos Armenis, Vassilis Kolovos, Nikos Poursadinis, Alexandra Aidini, Eva Kotamanidou, Toula Stathopoulou, Thalia Argyriou, Grigoris Evangelatos, Michael YannatosPitch
Voir la fiche technique
Acteurs :
- : Nikos, le violoniste
- : Spyros
- : le jeune homme/Alexis
- : Eleni
- : Cassandre
- : la femme du café
- : Danae
- : le professeur
- : Zissis, le clarinettiste
Equipe du film :
- : Giorgos Triantafyllou
- : Theo Angelopoulos
- : Marinos Anthanassopoulos
- : Giorgos Patsas
- : Costas Dimitriadis
- : Andreas Sinanos
- : Theo Angelopoulos
- : Eleni Karaindrou
- : Julia Stavridou
- : Arte France Cinéma
- : INTERMEDIAS
- : Bac Films
- : Greek Film Center
- : ERT - Radio Télévision Hellénique
Dates :
- : 14/07/04
Informations techniques :
- : Couleur
- : Long metrage
- : Greek
Bandes annonces et photos
Bandes annonces
Thèmes
Ils en parlent
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Le Monde
" Angelopoulos retrouve dans Eleni le mystère de ses rituels oniriques : ses pluies et ses rêves, ses mariages poignants, ses pas de danse éphémères, ses horizons bouchés, ses airs d'accordéon interrompus par la guerre, ses visions expressionnistes. Le nouveau Angelopoulos à tout du songe."
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Jeune cinéma
" Eleni est un film construit autour d'une sorte de réincarnation, réactualisation de la Eleni-Helena mythique : Hélène enlevée à son époux, parce qu'elle aime son fils, Hélène-Eleni qui aura "trahi" une communauté qui va toujours chercher à venger son vieil époux, Spyros dans le film. Eleni raconte l'histoire - et la fuite - des jeunes amants passionnés, mais se structure véritablement autour de l'arrivée des grecs expulsés d'Odessa - tous musiciens - après la Première Guerre mondiale (...). Il se crée autant d'îlots qu'il y a de lieux importants pour les habitants du village et les personnages du film (...). Le vertige de la disparition, la douleur de tous, condamnés à s'exiler sont captés dans un seul travelling circulaire d'une beauté intemporelle. Les éléments que le cinéaste convoque pour créer ces plans inoubliables sont la pluie, le brouillard et les orages, autant de tempéraments proches des sentiments changeants de ses caractères, de ses personnages tantôt ténébreux, tantôt lumineux, toujours humains"
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Esprit
" La petite troupe s'est arrêtée. Face à nous. Au premier rang, une famille avec deux enfants : un petit garçon et une toute petite fille qui se tiennent par la main. La caméra recule et l'on aperçoit que ce qui a arrêté les réfugiés, c'est le fleuve. Presque tout le cinéma d'Angelopoulos est là : la profondeur de champ, le plan fixe et le plan séquence. Manque le panoramique. Le voici. C'est un panoramique à la grue. De très haut, la caméra cadre une carriole qui arrive, par la droite de l'écran, sur le chemin parallèle au fleuve. On découvre en même temps le village construit par les réfugiés et qu'ils ont baptisé "La nouvelle Odessa". Puis, la caméra se rapproche du fleuve et cadre une barque plate qui arrive de la gauche. Dans la barque, une femme et une toute jeune fille que la femme serre dans ses bras. Elle l'aide à sortir de la barque et à monter dans la carriole qui emmène les deux femmes vers la plus belle maison du village.
Non, ce n'est pas - ce n'est jamais chez Angelopoulos - de la virtuosité gratuite. La beauté, l'élégance, l'évidence de ce mouvement somptueux, nous ne les remarquons pas : nous les ressentons. Et, par la seule grâce d'un mouvement d'appareil, ces paysans, à nos yeux, deviennent des demi-dieux. Peut-être faut-il être grec pour réussir avec autant de naturel à rendre le quotidien universel, le trivial sacré et l'Histoire mythique. Sans grandiloquence. Sans ridicule. Sans jamais "faire dans l'allégorie". L'histoire de la petite fille devenue, d'un plan à l'autre, l'adolescente de la barque, va être à la fois - son nom, Eleni, l'indique - l'histoire de la Grèce et celle de toutes les femmes (...)
Dans le récit de cette histoire d'amour et le destin de cette femme, on retrouve des traces d'Oedipe Roi et des Sept contre Thèbes. Oui, des traces. Pas plus. Même s'il se sent responsable de la mort de son père, Spyros, venu à nouveau poursuivre le jeune couple dans un bal populaire où il s'effondre, victime d'une crise cardiaque, Alexis n'est pas Oedipe. Pas plus qu'Eleni n'est Jocaste. Elle est la femme de Spyros, oui (et si peu !), mais elle n'est pas la mère d'Alexis. Le rapprochement est aussi lointain avec Les sept contre Thèbes : les jumeaux d'Eleni et Alexis se retrouveront bien dans les deux camps adverses, les hasards de l'Histoire ayant fait de Giorgios un partisan et de Yannis, un soldat. Ils n'en sont pas pour autant frères ennemis. Giorgios va même, sous la protection hasardeuse d'un mouchoir blanc, embrasser son frère, une dernière fois. Ces références à Sophocle et à Eschyle n'ont d'intérêt que parce qu'elles font rêver le poète. Car Angelopoulos est d'abord, est surtout un immense poète. Ses films le prouvent."
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La Quinzaine littéraire
" La première partie de la trilogie de Théo Angelopoulos, Eleni/La Terre qui pleure, est une oeuvre de la pleine maturité. Le destin de la Grèce, entre la fin de la Première Guerre mondiale et la fin de la guerre civile, se déplie dans une sérénité attentive et douloureuse (...) et déroule la pensée d'un cinéaste en pleine possession de son art. Comme chez le Fritz Lang de Les Bourreaux meurent aussi et de La Femme au portrait, la maîtrise s'y affirme dans l'exploitation inspirée de la latéralité. L'histoire passe toujours par les côtés de l'écran. Les locomotives et les barques, comme les personnages, apparaissent de biais. Ils annoncent leur malheur par la droite et par la gauche du théâtre. Théo Angelopoulos sait que ce que le cinéma a à gérer, à mettre en scène, c'est l'envahissement et la disparition des évènements et des héros dans le cadre (...)
Tout se passe dans le champ, sous le regard de l'héroïne qui finit par hurler sa douleur lorsqu'elle découvre le cadavre de l'un de ses fils. Eleni/La Terre qui pleure, entre le paysage et la tragédie, est noyé de larmes. Il s'engloutit dans ce qui envahit, submerge le destin des héros, dans ce qui, littéralement, les inonde et les traverse, cette machine à vapeur qui longe un village et à ces esquifs ornés de pavillons noirs du deuil qui se glissent entre les maisons submergées"
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Positif
" Le modèle tragique qui donne sa forme au film renoue avec les fondements du théâtre antique : offrir une temporalité susceptible d'accueillir conjointement l'immémorial et l'Histoire, comme une scène capable de s'ouvrir et à l'espace cosmique et au territoire politique . La théâtralisation du territoire dans le film oppose ainsi, à l'instar de la poésie de Séféris, la Grèce réelle, inhospitalière, voire franchement hostile, et la Grèce imaginaire des réfugiés, l'autre Grèce qu'il leur faudra sans doute toujours aller chercher plus loin (...)
Parce que le temps historique semble voué pour les vaincus à une éternelle répétition, parce que l'étroite bande de terre où survivent les réfugiés est toujours menacée par d'invisibles forces hostiles, l'historicité de l'espace et du temps s'ouvre à une dimension cosmique (...)
A l'horreur et à la beauté des puissances cosmiques dont le déchaînement semble toujours destiné à faire expier quelque faute secrète à l'espèce humaine, les rituels conjuratoires inventés par les hommes empruntent la grandeur silencieuse et leur violence implacable"











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