Films

En compagnie d'Antonin Artaud

Réalisation

De Gérard Mordillat - France - 1993 - 1h30min

Pitch

Mai 1946 : Après neuf ans d'internement, Antonin Artaud sort enfin de l'asile de Rodez pour revenir à Paris parmi les siens. Ce jour est l'illumination de Jacques Prevel. Jeune poète, il va suivre Artaud dans ses pérégrinations... Dans cette étonnante "biographie" inspirée, Gérard Mordillat signe, avec Jérôme Prieur son complice, un film rugueux comme peut l'être l'écriture, libre comme la poésie...

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Dates :

Informations techniques :

  • : Noir et blanc
  • : Long metrage
  • : Français

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  • Le Mensuel du cinéma

    Le Mensuel du cinéma

    " En compagnie d’Antonin Artaud, adaptation du journal de Jacques Prevel qui ne connut I’auteur que de 1946 à 1948, s’en tient lui aussi à cette seule période. Avec même un resserrement puisque le scénario reste strictement centré sur Jacques Prevel et Antonin Artaud, au détriment de tous ceux qui sont réellement intervenus dans sa vie. Seules Rolande Prevel (épouse de Jacques) et Jany du Ruy (sa véritable compagne) sont épargnées. Sans doute parce qu’elles sont indispensables à une bonne lecture des deux hommes. Les méticuleux pourront aussi déceler quelques écarts avec la réalité supposée, surtout s’ils ont déjà vu le documentaire [La Véritable histoire d'Artaud le Momo, co-signé également par Gérard Mordillat et Jérôme Prieur]. Ainsi du déplacement de lieu ou de temps d’anecdotes ou de déclarations d’Antonin Artaud.

    Mais tout cela n’a finalement que très peu d’importance au regard des deux atouts majeurs de ce film: un esprit parfaitement respecté avec une belle restitution du vrai personnage Antonin Artaud et une remarquable interprétation de Sami Frey,aussi convaincant dans la violence (voir en particulier l’altercation avec Prevel pour manque de Laudanum) que dans l’émotion, qui puise sa force dans la pudeur de l’interprète lors de la dernière confidence en forme d’adieu à l’hôpital: "Je suis foutu, complètement foutu". Ce qui sera directement et tout aussi pudiquement enchaîné surun enterrement silencieux, hommage à ce cinéma muet surréaliste dont Artaud fut le premier serviteur.

    Antonin Artaud déclarait : "Tant que je me sentirai suivi par un double ou par un spectre , ce sera signe que je suis". Dans ces deux films, fiction et documentaire, il n’est suivi que par des amis connus ou inconnus, d’hier ou d’aujourd’hui, mais par lesquels il est, tel qu’en lui-même, qualités et défauts, hors des trop faciles clichés. Souhaitons toutefois qu’il leur vienne un jour l’idée de se souvenir qu’Antonin Artaud a existé avant 1945 et qu’il créa alors beaucoup et bien, pas seulement en littérature."

    François Chevassu, Le Mensuel du cinéma
  • Télérama

    Télérama

    "Mordillat filme les errances d'Antonin Artaud et de Jacques Prével dans un noir et blanc qui évoque admirablement les années 1940 ; la caméra épie également les silences tourmentés des deux hommes, les montre aux prises avec la fureur d’écrire. Car ces deux hallucinés n’existent que par leurs mots, dont sont fiévreusement noircis de petits cahiers. Peu importe les femmes, les amis, le monde. Seule compte l’ascèse poétique : pleinement accomplie pour Artaud, à demi réussie pour le disciple Prevel.

    Tel un poème en images, le scénario procède par fulgurances, ellipses, scènes chocs : comme cette cruelle séquence où l'ancien acteur de Dullin, de Jouvet, de Pitoëff oblige une comédienne à jouer dans le suraigu, le cri. Sans prétendre dresser une chronique des derniers moments d’Artaud, la mise en scène de Gérard Mordillat est fidèle à l’esprit de l’artiste par sa liberté de ton, ses décors
    imprévus, ses interprètes aux présences dérangeantes. Sami Frey restitue la violence mystique d’Artaud par un jeu étrangement intérieur. Il est entouré de partenaires d’une grâce tragique, tel Marc Barbé (Jacques Prevel).

    Cette exploration de l’âme crucifiée d’un poète est un voyage au pays de l’art qui ne peut laisser personne indemne."

    Fabienne Pascaud, Télérama
  • Positif

    Positif

    "... Jacques Prevel (...) offre une direction stylistique à la fiction. Ainsi la prédominance de son sentiment d'échec, la tonalité noire et profondément désespérée de son journal, sa fascination morbide pour Artaud sont autant d'éléments qui justifient l'emploi stylistique d'une pellicule en noir et blanc. En compagnie d'Artaud est le drame de Prevel; drame d'un espoir littéraire déçu parce que trop désireux de reconnaissance. Prevel souffre d'autant plus qu'il reste prisonnier de la mythologie romantique du poète maudit. Il y a dans son refus social une croyance naïve dans la nécessaire corrélation entre l'exclusion d'une communauté et le talent littéraire. Or l'exclusion sociale de Baudelaire ou de Nietzsche n'a été qu'une conséquence de leur génie, non la cause.

    Saisir la fugacité de l'instant est le projet poétique de Prevel (...) Les voix ont une importance capitale. La scène de répétition entre Artaud et Colette Thomas en témoigne. Porter la tension dramatique à son paroxysme consiste ici à porter la voix "plus haut" et "plus fort". Le travail de Sami Frey est d'une précision rare. La diction (...) le détache d'un corps qui l'enfermait. Puis elle laisse surgir la puissance envoûtante du personnage..."

    Frédéric Richard, Positif

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      5/10

    Oui, c est fort, et fort bien filmé, mais c est tellement sombre qu au final on ne voit pas bien l intérêt.