" Premier long-métrage captivant et maîtrisé, (...)
La Zona développe une réflexion saisissante sur l'isolement, la paranoïa contagieuse, la difficulté d'entrer en dissidence."
Alexis Campion, Le Journal du dimanche
" On n'est pas très loin de l'antique
Chasses du comte Zaroff. Et tout près de
La Poursuite impitoyable, d'Arthur Penn. Au sens où tous les masques tombent. Où, sous prétexte d'appliquer les lois imbéciles qu'ils ont eux-mêmes édictées, des hommes prétendument civilisés se mettent à agir comme les barbares qu'ils disent redouter. Plus que l'intrigue (l'amitié improbable de l'ado fuyard avec un jeune résident bourgeois qui découvre l'ignominie de ses parents), c'est la montée du fascisme dans un monde clos qui intéresse le réalisateur et donne son relief, son actualité au film."
Pierre Murat, Télérama
" Pour le fond, un plan, magnifique, suffit : une luxueuse propriété expose devant nous ses bienfaits sur fond de golf verdoyant lorsque la caméra s’élève et laisse voir au-delà d’une colline l’horizon de la réalité toute proche, celle des bidonvilles. Pour dire l’inquiétude moderne, le fossé, concret, isolant puissants et gueux, comme aux temps les plus anciens, La Zona fait simple, donc percutant.
Car pour la forme, le premier film de Rodrigo Pla, très représentatif de la vivacité et de la diversité du cinéma mexicain, va à la source du cinéma populaire, vers ces films de « série B » où prime l’action. Où les meilleurs metteurs en scènes, aussi, ont pu glisser avec efficacité leur vision du monde. Ici, un ado des bas quartiers se retrouve traqué par une horde de « respectables » résidents assoiffés de justice : mais la leur, exclusivement.
Selon sa propre cinéphilie, on situera ainsi
La Zona dans la lignée des premiers films rageurs de John Carpenter ou George Romero en remontant, si l’on veut, jusqu’à Fritz Lang et à
Fury, avec scène d’hystérie et lynchage à la clé qui vaut son poids d’allégorie sociale. Dans La Zona, le suspense ne faiblit pas et, derrière les lourdes grilles de la propriété privée, entre film d’horreur et western, se glisse le goût d’un constat politique amer."
Philippe Piazzo, TéléCinéObs