Films

Le Jour se lève

Réalisation

De Marcel Carné - France - 1939 - 1h26min

Pitch

Dans un immeuble, un coup de feu, un corps roule dans l'escalier. L'assassin, François, s'enferme dans sa chambre pendant que la police se déploie, attendant l'aube pour donner l'assaut. Pendant les quelques heures de liberté qui lui restent, cet ouvrier revit les circonstances qui l'ont amené à ce crime. L'un des chefs-d'oeuvre de Carné, écrit par Prévert.

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Informations techniques :

  • : Noir et blanc
  • : Long metrage
  • : Français

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Ils en parlent

  • Les Nouvelles littéraires

    Les Nouvelles littéraires

    "La réalisation de Marcel Carné est excellente, souvent admirable : peu de metteurs en scène ont à ce degré le don de « faire l'ambiance », comme on dit dans l'argot des studios. Jean Gabin interprète central a trouvé dans ce film un des rôles qui peuvent le mieux lui convenir exactement, un peu trop exactement ajusté à sa nature et à ses moyens, ce qui lui enlève de l'imprévu ; enfin le tour de la narration, cette façon d'attaquer l'histoire par l'épilogue, par l'assassinat du dompteur de cabots et de revenir en arrière, de traduire en somme le monologue intérieur du barricadé qui revit sa vie, cette manière de jouer avec le temps et de mêler le siège des policiers à l'évocation des mobiles du crime, tout cela a de la puissance et du ragoût."

    Alexandre Arnoux, 17/6/1939, Les Nouvelles littéraires
  • La Lumière

    La Lumière

    "Le travail-bagne, la vie sans âme, l'amour fané, les ciels de plomb, l'air suffocant des villes, la détresse moderne donnent à ce film une valeur qui, on le conçoit, n'a rien d'apéritif ni de digestif; mais c'est là une oeuvre d'art sans défaillance ni concession où Jean Gabin réalise comme jamais son personnage, où Prévert fait s'envoler à l'aise son authentique poésie libertaire, sur un thème de Jacques Viot, aussi vrai et aussi simple que la Seine à Billancourt. Acteurs, thèmes et paroles sont fondus, baignés dans des images qui ne sont jamais vulgaires, banales ou malsaines. Un film noir mais propre."

    Georges Altman, 1939, La Lumière
  • Ciné-Club

    Ciné-Club

    " Le décor de Trauner contribue pour sa part, non seulement à la compréhension du drame, mais plus encore à sa constitution. Comme Le jour se lève serait impensable sans la musique, le drame se viderait de toute crédibilité sans le décor qui l'authentifie... Le réalisme de Carné sait, tout en restant minutieusement fidèle à la vraisemblance de son décor, le transposer poétiquement, non pas en le modifiant par une transposition formelle et picturale, comme le fit l'expressionnisme allemand, mais en dégageant sa poésie immanente, en le contraignant à révéler de secrets accords avec le drame.

    C'est en ce sens qu'on peut parler du « réalisme poétique » de Marcel Carné très différent du « néo-réalisme de l'après-guerre ». En dépouillant presque totalement l'expressionnisme allemand de ses recours à des transpositions visibles du décor, Carné a su en intérioriser intégralement l'enseignement poétique, ce que Fritz Lang du Maudit avait déjà su faire, sans pourtant parvenir à se priver, toujours comme Carné, d'utiliser symboliquement la lumière et le décor. La perfection du jour se lève, c'est que la symbolique n'y précède jamais le réalisme, mais qu'elle l'accomplit comme par surcroît."

    André Bazin, décembre 1949, Ciné-Club
  • L'Action Française

    L'Action Française

    " C'est le film le plus habile que M. Marcel Carné ait signé jusqu'ici. M. Carné vient de confier à un collaborateur de «Pour Vous» ses inquiétudes sur l'accueil que l'on ferait au récit du jour se lève, avec ses retours en arrière. On croit pouvoir le rassurer. Tout est parfaitement compris. Ce procédé fut d'ailleurs courant au temps du film muet. Les Américains, depuis le sonore, l'ont employé dans Thomas Garner, avec bien plus de souplesse encore et de virtuosité. Mais dans l'état de paresse, de routine du cinéma français, l'essai de M. Carné prend un petit air de témérité. Il ne faudrait cependant pas que l'on en fit une nouveauté géniale. M. Carné et son ami et dialoguiste attitré, M. Jacques Prévert, mettent un halo de sensiblerie indulgente autour des misérables abouliques de leurs films. Ainsi, ces jeunes gens, fiers de leurs indépendance, rejoignent dans ce qu'elle a de plus niais et de plus fade l'industrie judéo-sucrière de Pourri-Soir."

    François Vinneuil, 16/11/1939, L'Action Française
  • L'Intransigeant

    L'Intransigeant

    " Un drame sombre, un simple fait divers. Mais le récit est magnifique. Marcel Carné excelle à camper dans leur cadre faubourien êtres simples, des gens du peuple et des dévoyés sur qui s'abat une fatalité inexorable et littéraire. Il les dépeint avec clairvoyance, avec amour, avec une lucidité qui sait accueillir le romanesque et même la poésie, sinon la précision psychologique. La maîtrise du découpage, la beauté des images, la qualité du dialogue, la puissance d'une action dissociée cependant par les besoins de la narration et le rythme volontairement lent adopté par l'auteur font du Jour se lève un film extrêmement attachant et fort, dont on n'aimera peut-être pas la substance mais qu'on ne pourra pas s'empêcher d'admirer."

    René Lehmann, 1939, L'Intransigeant
  • Le Temps

    Le Temps

    " Il y a là une sorte de respect amer du fatum des misérables. On devine une religion obscure de la toute-puissance du mal. C'est à la fois poignant et déprimant. Et j'estime pour ma part que cette analyse complaisante du supplice d'une humanité aveugle, conduite par les caprices d'un démiurge cruel, n'appelle pas ce luxe de recherches artistiques, d'angles savants de prises de vues et tous ces merveilleux effets photographiques dans lesquels Curt Courant a affirmé, une fois de plus, son extraordinaire maîtrise."

    Émile Vuillermoz, 17/6/1939, Le Temps
  • Comoedia

    Comoedia

    " Une drague monstrueuse plonge au tréfonds du peuple des hommes comme dans un océan pour en ramener, ordonné dans un film qui s'appelle Le Jour se lève, le plus saisissant butin d'horreur. Ce film, de Marcel Carné, sortit un mois juste avant cette guerre. Les événements et les circonstances empêchèrent qu'il obtint l'attention qu'il mérite (...) C'est un ouvrage (...) d'une vigueur colossale, peut-être désolante, car elle ne s'emploie à définir que la détresse. La paix, aussi, comporte ses faits divers. Des coups de feu retentissent dans les faits divers et les objets - une armoire, une cravate, un réveil à sonnerie - avec leur face plate et stupide. Dieu sait, ou ne sait pas, combien ils peuvent détester et repousser les êtres humains dont ils escortent la vie ! (...)

    Expressionnisme, roman russe sur pellicule, analyse bactériologique de la malédiction d'être au monde, je ne me soucierai pas d'attacher un nom à cette formule. En tout cas, l'assassin Gabin, avec son air buté de renard en pierre de taille, Jules Berry, prodigieux de satanisme impuissant, déchiré, déchirant, Arletty douloureuse et finne, jamais, je ne crois, furent aussi beaux. Beaux d'être affreux, comme les soldats du destin, et ses agneaux. Mais le jour tout de même, à toutes fins, se lève."

    Jacques Audiberti, 28/03/1942 (inclus dans le recueil "Le Mur du fond-Ecrits sur le cinéma" ed. Cahiers du cinéma), Comoedia

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A propos de

  • Marcel Carné

    On associe son nom au "réalisme poétique" à la française (dont se réclame, par exemple, explicitement Jean-Pierre Jeunet) et à Jacques Prévert qui...

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  • elPoto au sujet de : Le Voyage aux Pyrénées

      7/10

    Assez rigolo dans le genre loufoque mais aussi poétique et sensuel. Merci les frères Larrieu.