Qui sait ?
Réalisation
Acteurs
Avec Bérangère Allaux, Laure Bonnet, Franck Chevallay, Benoît Delaunay, Emmanuel Faventines, Juan Marcos Cocho, Arantxa Etcheverria, Damien Caille-Berret, Delphine Chuillot, Eric CarusoPitch
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Acteurs :
- : une comédienne
- : une comédienne
- : un comédien
- : un scénographe
- : un comédien
- : un comédien
- : une scénographe
- : un scénographe
- : une comédienne
- : un comédien
Equipe du film :
- : Nicolas Philibert
- : Katell Djian
- : Nicolas Philibert
- : Julien Cloquet
- : Nicolas Philibert
- : Guy Lecorne
- : Philippe Hersant
- : Gilles Sandoz
- : Gisèle Courcoux
- : Agat Films & Cie
Dates :
- : 01/09/99
Informations techniques :
- : Couleur
- : Long metrage
- : Français
Bandes annonces et photos
Bandes annonces
Thèmes
Bonus
Ils en parlent
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L'Humanité
"Un exercice périlleux sans filet, c’est à quoi se livre Nicolas Philibert avec son treizième film. Jusque-là, le cinéaste défrichait le réel par la voie du documentaire. De La Ville Louvre au Pays des sourds en passant par La Moindre des Choses, chaque fois le résultat allie une capacité d’écoute, de respect, de sensibilité servie par une rigoureuse écriture cinématographique. Là, on est saisi par le doute, non sur la qualité mais sur la nature de Qui sait ?, véritable hybride dans son parcours.
En apparence, il s’agirait d’un documentaire, encore, inscrit dans la collaboration entre le Théâtre national de Strasbourg et des cinéastes (Pascale Ferran et L'Age des possibles en 1995, Cédric Kahn et Culpabilité zéro en 1996). Nicolas Philibert suit durant une nuit une classe d’élèves, le groupe 30 du TNS, qui doit parvenir à écrire une pièce de fin d’études sur le thème de la capitale alsacienne. Chacun arrive dans le froid, pousse la porte du local qu’ils vont investir et apporte ses recherches personnelles à l’improvisation collective.
En première instance, on croit suivre des jeunes gens dont la flamme brûle pour le théâtre, avec ce que comporte de dynamique de groupe n’importe quelle réunion de cet âge, entre rire, tension et émotion. Au fil de la soirée, et de la fatigue, des plages de calme gagnent le film, révélant des moments d’intimité, composés d’incertitude et de plénitude. Selon sa propre sensibilité, le spectateur peut même s’attacher à telle ou telle de ces jeunes pousses, croyant sans doute découvrir un talent plus prometteur qu’un autre… Si le regard du spectateur contribue certes à " faire le film ", petit à petit il doit convenir avoir fait fausse route, joliment mené en bateau par le réalisateur. Si le documentaire implique une certaine mise en scène, la spontanéité et l’équilibre ténu de l’ensemble résultent d’un tout autre projet. Documentaire ou fiction, Qui sait ? nous indiquait pourtant le titre… Il y a ici juxtaposition de scènes censées se dérouler simultanément, dont le montage s’amuse. Cela suffit-il à sortir du documenteur ? Non. Mais l’on doit rendre les armes de l’évidence sans oser en croire ses yeux : chacun joue un rôle, le sien ou pas, peu importe en définitive. Quel meilleur trompe-l’oeil d’ailleurs que d’avoir choisi des comédiens pour ce " jeu ". Le film, dans le temps suspendu de la nuit, comme on retient son souffle, est une heureuse rencontre entre deux prises de risque : des comédiens à l’épreuve du feu, d’un cinéaste s’interrogeant sur les frontières entre deux pratiques et qui, de façon élégante et subtile, franchit le pas de la fiction. Qui sait ? n’est pas un film " sur " le théâtre mais une leçon de cinéma des plus poétiques."
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Studio Magazine
" Un film passionnant sur le métier de comédien."
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L'Annuel du cinéma
" Une superbe leçon d'humilité de la part de ces comédiens et du réalisateur.
Un montage précis et intelligent nous permet de profiter pleinement de ces cinq mois d'expérience commune, qui trahissent une complicité, une intimité et une connivence fortes (...) le spectateur est souvent placé au sein du groupe pour en partager les doutes et les interrogations, embarqué lui aussi dans ce tourbillon créatif." -
Les Inrockuptibles
" L'histoire d'amour entre le TNS et le cinéma se poursuit ; dans ce troisième volet de la collection “Génération TNS”, Nicolas Philibert apporte son bagage de documentariste, moins comme parti pris (la troupe est fictionnalisée, les comédiens jouent leur propre rôle, donc le réinventent) que comme méthode, qui recentre le film sur le travail concret de la création théâtrale (...) L’enjeu se resserre donc autour d'un spectacle à faire, dans undispositif réduit à un lieu et une nuit.
Evidemment, cette vision du théâtre n'est pas neuve -les aléas de la création, les tiraillements esthétiques, les tensions personnelles, autant de passages obligés du genre - et on n'échappe pas à quelques discussions oiseuses (le théâtre est-il affaire de personnages ou de situations ?), même si la caricature est volontaire. Mais le film comme la troupe ne manquent pas de justesse dans les scènes de fatigue ou les temps morts et atteignent à une vraie grâce collective dans le travail du geste comme dans l'unisson des passages musicaux.
Surtout, c'est l'arbitraire même du point de départ qui finit par emporter l'adhésion. Car si on reste en coulisses, on ne sort pas du théâtre. Du coup, les comédiens sont contraints de réinventer un dehors et de prendre au sérieux l'ancrage de la troupe à Strasbourg.
Quoiqu’en dise Philibert, la ville invisible est le véritable personnagede Qui sait ? Car le spectacle à monter est censé s'inspirer des observations des acteurs interrogeant l'identité alsacienne. Ainsi les clichés (les cigognes, la bonne bouffe) retrouvent-ils leur pertinence, symboles d'exil ou souvenirs de disette, et la mémoire historique affleure (le camp du Struthof, les cloches imposant le couvre-feu aux Juifs).
Tels des aveugles de rencontre, les comédiens évoquent les parfums de la ville, sculptent la cathédrale dans le vide. Du haut d'un clocher d'illusion, ils décrivent le Rhin (côté spectateur), et lorsqu'ils baissent les yeux vers le parvis, la caméra les accompagne : pari gagné, pour le théâtre comme pour le cinéma."
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aden
" Ils sont habitués à avoir un texte, une ligne directrice, un maître. Encore fragiles, lesjeunes élèves du Théâtre national de Strasbourg ont donc été un peu déboussolés quandNicolas Philibert est arrivé parmi eux, car comme il l'avait fait pour Le Pays des sourds, ou avec les malades de La Moindre des choses, le cinéaste avait les mains vides. Il leur ademandé d'ouvrir les yeux sur leur ville. Et de revenir avec une idée, un son, une image, unsouvenir... Bref, un prétexte à jouer ensemble.
Balancés dans la réalité, avec ce qu'elle peut avoir de violent, de “cliché ”, les jeunes apprentis comédiens auraient pu perdre pied. Ils sont étonnamment justes. Le réalisateur a su les déstabiliser sans sadisme, leur conférer une fière fragilité. Se construit ainsi sous nos yeux une approche de la réalité qui rappelleles recherches de nombreux plasticiens contemporains. Involontairement, Philibert a fait basculer un monde, et a transformé ce groupe d'élèves en une nébuleuse frémissante, pleine de promesses et d'espoir en l'avenir. Celui du théâtre, et celui de chacun."
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Etudes
" Unité de lieu, de temps, et une trame minimale : à l'école, une nuit, les élèves -comédienset scénographes - se réunissent pour mettre au point les bases d'un spectacle sur Strasbourg. Discussions, silences, apartés et détours, affrontements, regards, musique, tableaux vivants, marionnettes, petites formes où s'ébauchent des bouts de spectacles. Moments de grâce, d'ennui, d'envol ou de repos, le parti est pris de tourner sur le vif, de tout prendre, d'enregistrer le temps de la recherche et de la nuit, le temps de la fatigue, l'obscurité, comme ce qui échappe : la pétillance d'un regard, la révélation d'une voix, la fraîcheur d'une improvisation. C'est le parti de la confiance, de la tendresse et de lalégèreté, celui des choses qui se disent en passant...
C'est ainsi qu'il sera question de cigognes, de Delteil (1), de mariage, de camps de concentration, de vérité et d'engagement. Il y aura de l'accordéon, des danses, des chants, des sourires, des bouderies, et le rire vif et plein de Mounia qui éclate et s'impose, sans écraser pourtant ni fissurer la cohésion chaleureuse du groupe. Car, au terme du film, c'est cela qui s'épanouit : une juste intimité, une écoute attentive; une passion partagée et cette déclinaison du mot “ ensemble ” qui culmine très discrètement et très magnifiquement dans la scène finale de sommeil, d'éveil, et de joie."
(1) Joseph Delteil (1894-1978) : poète, essayiste, romancier, auteur d’une quarantaine de livres, figureoriginale et anticonformiste de la littérature française.
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Le Monde
" Le film commence avec l'arrivée, un soir d'hiver, des protagonistes dans le baraquement militaire désaffecté qui sert de local à l'école du TNS durant la réfection de ses bâtiments. L'histoire sera celle d'une nuit, pendant laquelle les élèves se seraient présentés les uns aux autres le résultat de leurs enquêtes dans Strasbourg, et auraient tenté d'en faire un spectacle.
Cette nuit partagée - recréée par et pour le cinéma bien sûr, nuit rêvée, hachée de disputes, de fous rires, d'initiatives magnifiques ou saugrenues, de moments vides, de divisions et de retrouvailles -, cette nuit est le scénario du film. Ce scénario ne raconte pas l'histoire de la classe 30 du TNS, « sujet » du film, pas celle de Strasbourg, « sujet» des quinze enquêtes des élèves, mais l'histoire de la démocratie. L'histoire de « comment on fait quelque chose ensemble ». De la création d'une collectivité- de corps, de paroles, d'imagination. Le chant et la danse, la nourriture, le sommeil y ont leur part. Des rituels aussi.
Cela se met en place par touches, pas du tout dans le symbolisme plat d'une démonstration, mais en construisant des personnages, singuliers, différents. On est encore assez près de la scène pour songer à Brecht dans cette parabole de la communauté qui, sous les apparences du document brut, laisse assez de place à l'invention de chacun (dont le réalisateur) pour échapper à l'infernal paradoxe de la commande: sans renier l'obligation de montrer chacun « à égalité », la dynamique interne de cette nuit offre à chacun sa place, qu'aucun signe mathématique ne définit par rapport aux autres. Ils ne sont pas égaux, ils sont uniques, et respectés par le film en tant que tels. C'est le grand talent de Nicolas Philbert, son grand respect des gens - ceux qu'il filme, ceux qui regarderont son film - d'avoir su modeler dans la pâte de la réalité cet objet imaginaire, aux formes légères, rieuses, émouvantes, baptisé Qui sait ? "











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