Films

Tournée

Réalisation

De Mathieu Amalric - France - 2009 - 1h51min

Pitch

Producteur de télévision parisien à succès, Joachim avait tout plaqué pour repartir à zéro en Amérique à l’aube de ses quarante ans. Il revient avec une tournée de strip-teaseuses «New Burlesque» à qui il a fait fantasmer la France… Paris ! De port en port, l’humour des numéros et les rondeurs des filles enthousiasment les hommes comme les femmes. Et malgré les hôtels impersonnels, leurs musiques d’ascenseurs et le manque d’argent, les showgirls inventent un monde extravagant de fantaisie, de chaleur et de fêtes. Mais leur rêve d’achever la tournée en apothéose à Paris vole en éclats : la trahison d’un vieil «ami» fait perdre à Joachim la salle qui leur était promise. Un bref aller et retour dans la capitale s’impose, qui rouvre violemment les plaies du passé... L'un des grands films français de l'année, un surprenant voyage qui a remporté le Grand prix de la mise en scène et le Grand prix de la critique internationale au Festival de Cannes 2010.

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Acteurs :

Equipe du film :

Dates :

Informations techniques :

  • : Couleur
  • : Long metrage
  • : Anglais, Français

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  • Les Inrockuptibles

    Les Inrockuptibles

    " “Eblouissant” est bien le premier mot pour décrire Tournée : éblouissant comme la lumière des néons qui composent le générique de début, au son des Sonics (la chanson s’intitule "Have Love Will Travel" : tout est déjà dit) ; éblouissant comme les prestations scéniques des show girls (and boy) s’adonnant au New Burlesque, ce mélange torride de strip-tease et de clownerie, d’incandescence sexy et de grotesque fellinien ; éblouissant, enfin, comme l’interprétation sans faute de Mathieu Amalric, qui s’offre là l’un de ses plus beaux rôles, celui d’un producteur affublé d’une moustache et d’un costume de velours, inspiré de Paulo Branco, le producteur-flibustier d’Oliveira, Akerman, Honoré, Ruiz et tant d’autres, dont il fut l’assistant étant jeune, et de Cosmo Vittelli, le héros de Meurtre d’un bookmaker chinois de John Cassavetes."

    Jacky Goldberg, Les Inrockuptibles
  • Le Monde

    Le Monde

    " Allégresse et ravissement. C'est le sentiment qu'on éprouve en découvrant le premier film de la compétition de ce cru 2010, Tournée, de Mathieu Amalric. Ce long métrage, qui doit sortir en salles le 30 juin, est une débauche de chair et d'esprit, une joie pour les yeux et pour le cœur, un geste fou, poétique, drôle, émoustillant, désespéré, insolent, miraculeux. Grâces en soit rendues aux organisateurs de la manifestation, ainsi qu'à l'auteur, qui, non content d'être l'acteur le plus brillant et inventif de sa génération, livre le meilleur de lui-même avec ce quatrième long métrage, troussé au double titre de réalisateur et d'acteur."

    Jacques Mandelbaum, Le Monde
  • Première

    Première

    " Sous le clinquant, un tourbillon d’émotions vraies : des moments de partage dans les coulisses ; des éclats de rire, le soir dans des halls d’hôtels sans âme ; un pur moment de séduction, presque sans le faire exprès, sur une aire d’autoroute ; ou une magnifique scène de colère à la caisse d’un supermarché. Une sorte d’éternelle jeunesse poussée à l’extrême, une vie de baladin, où le maître mot est « jeu ». Pour éviter le « je » ? Tournée est un film « infini » au sens aussi où il n’est pas « fini ». Car le but, c’est le voyage, pas la destination."

    Isabelle Danel, Première
  • Télérama

    Télérama

    " ... Dans cette ode à la femme jamais machiste, Joachim a beau faire le coq, il est tout petit à côté de ses pétroleuses de tous âges et de toutes mensurations. Comme Cassevetes dans Meurtre d'un book­maker chinois. Ce n'est pas l'unique référence, tant Tournée (titre derrière lequel on entend aussi « tournage ») ne cesse de déployer tout un imaginaire de cinéma, depuis le mythe du producteur consumant sa vie comme les billets, jusqu'aux créatures felliniennes, opulentes voire corpulentes. Cosmopolite, la fantasmagorie relie Holly­wood et l'Europe, mixe l'anglais, le français, l'italien. Semble faire des clins d'oeil à tout le monde - lorsque la folle équipe pépie dans le hall avant de prendre des taxis, on croit reconnaître du Godard.

    On pense surtout à Jacques Rozier. A sa liberté aérienne, faussement improvisée. Amalric excelle comme lui dans le free style, l'échappée soudaine (...) Le plaisir de Joachim n'est pourtant pas toujours le nôtre. Il peut être cruel, ce type, inconséquent avec ses enfants et avec bien d'autres, comme on le voit dans un épisode parisien, dur retour à la réalité. C'est un charmeur qui agace parfois, mais qu'on a envie d'embrasser lorsqu'il réclame auprès des hôteliers de couper l'infecte musique d'ascenseur qui dégouline dans leur établissement.

    Un autoportrait d'Amalric ? Plutôt un portrait du joueur en chacun de nous, de l'ado attardé se rêvant couvert de femmes, tantôt morveux, tantôt miteux. Autant dire que le goût du travestissement et de la mise en scène de soi, érigé ici en philosophie de la vie, ne va pas sans risque, ni sacrifice. La générosité brûle ici tout sur son passage. Mais lorsque Zand fait péter une nouvelle fois la sono rien que pour nous, la fin du monde peut arriver, il sait qu'il sera entouré."

    Jacques Morice, Télérama
  • Libération

    Libération

    " Tournée (...) consiste en au moins quatre voyages superposés et presque antagonistes dont aucun ne finira vraiment jamais. D’abord un voyage dans le music-hall contemporain avec le show que produit de ville en ville une petite troupe de strip-tease américaine spécialisée dans le new burlesque : cinq filles plutôt potelées, dodues, parfois grassouillettes et un garçon. C’est un voyage au sens fellinien du terme : une succession de numéros de cabarets perçus dans la lumière brouillée de discothèques et de vieux théâtres de province, ou jaillissant dans l’embrasure d’un lourd rideau, ou s’improvisant pendant une répétition. Un défilé de chairs bariolées et de rayons fumants, une exposition morcelée, sexy sans être réellement sexuelle, où les corps offrent en même temps leur beauté et sa dérision. Les pompons tournicotent au bout des seins, les foulards s’échappent des culottes et, sur les pubis, claquent de minuscules bannières étoilées.

    Le second voyage est celui par lequel ces plantureuses Américaines découvrent la France. Ou plutôt ne la découvrent pas puisqu’elle se plaignent à leur manager, Joachim, de n’en voir que des hôtels Mercure, des zones commerciales et des boîtes paumées. Le Havre, Nantes, Bordeaux, mais aucun paysage autre qu’urbain, nocturne, gris et postindustriel.

    Joachim est le héros de Tournée et il est lui-même l’objet du troisième voyage où nous emmène le film : un voyage dans sa vie. Celle-ci est un champ de guerre. Deux fils bientôt ados dont il ne sait pas s’occuper, une ex-compagne qui ne veut plus le voir, des amis cruels, des ennemis déterminés, des galères d’argent et des trahisons dont Joachim est peut-être le coupable (...)

    Enfin, Tournée nous fait voyager avec une élégance et une discrétion renversantes dans ce qu’il faut bien appeler, en faisant le moins peur possible, le meilleur du cinéma français. Dès les premiers plans, le film fait revivre et tenir ensemble le Femmes, Femmes de Paul Vecchiali et le Plaisir de Max Ophüls. A Nantes, ce sera Demy, Melville et pourquoi pas Jim Morrison qu’il enlacera avec un tact immense. Et ainsi de suite, sans jamais donner le sentiment de convoquer des fantômes glacés à bon compte, mais au contraire en dansant sur un brasier d’admiration à demi consciente et portée par la flamme de son sujet : l’éternel féminin où Tournée, son héros et son metteur en scène, joyeusement, se consument.

    À ce stade, il ne devrait plus y avoir de suspense. Oui, le cinéaste et Joachim ne font qu’un : Mathieu Amalric, et il n’aurait pas pu en être autrement (...) Son cinéma tactile et sobre, chaud et coupant, doué de nouvelles couleurs et lumières, maintient son régime élevé, son rythme percussif et sa consistance sensible sans faux-pas d’un bout à l’autre de l’épopée. En peignant sa fiction sur les décors d’un monde où les nuits sont des espaces-temps prolongés, désynchronisées du monde social habituellement représenté, Amalric offre aussi à son film la liberté de creuser à son tour des galeries dans ses propres nuits talismaniques et improvisées. Les petits matins de Tournée sont des moments de suspension inoubliables.

    « Tout est suspect sauf votre corps. Tout. Sauf vous, les filles », dit Joachim à ses danseuses, croyant avoir des choses à leur apprendre à ce sujet. C’est plutôt nous qui profitons de la leçon : « Ça prend du temps pour aimer son corps », pourra-t-on aussi entendre au fil de dialogues dont Joachim-Amalric est l’âme et l’interprète, tout en gaieté malgré les choses graves, tout en légèreté malgré des destins que l’on devine lourds. Dans Tournée, c’est toujours la joie de vivre qui l’emporte..."

    Olivier Séguret, Libération

Vous en parlez

  • 23/05/11 | John Wayne
      2/10

    Ok, les gars, on aime les filles généreuses, on est un peu dans la nostalgie, on se la pète contre culture et pour faire bonne mesure on met au centre de tout ça un gros déprimé bien de notre temps, qui maltraite ses gosses, a les poches percées, et n'aime rien tant que de retourner sa violence contre lui-même. Au final cela fait quoi, une vague sensation d'ennui mou. Pire : au moment où on commence à s'intéresser aux personnages, où quelque chose d'un peu humain et émouvant commence à naître : on tombe le rideau ! Hop, comme ça, valsez saucisses ! Au fond ce truc fashion (Dita von Teese période BBW) me déprime. A 3, je me mets à poil et je sors les colts !

  • 20/12/10 | patrickaufort
      4/10

    on attendait mieux !

A propos de

  • Mathieu Amalric

    Il voulait être réalisateur, mais c'est comme acteur qu'il connaît d'abord le succès dans une série de films de plus en plus variés (de Desplechin...

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7/10  (9)

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  • elPoto au sujet de : 4 mois, 3 semaines et 2 jours

      5/10

    Oui, c est fort, et fort bien filmé, mais c est tellement sombre qu au final on ne voit pas bien l intérêt.