Films

Uzak

Réalisation

De Nuri Bilge Ceylan - Turquie - 2002 - 1h50min

Pitch

L'hiver, à Istanbul. Un photographe cherche à combler le vide qui s'insinue dans sa vie, creusant une distance entre ses idéaux et sa réalité. Après "Nuages de mai", le film qui révéla un cinéaste, couronné par le grand prix du Festival de Cannes 2003 et un double prix d'interprétation masculine.

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Acteurs :

Equipe du film :

Dates :

Informations techniques :

  • : Couleur
  • : Long metrage
  • : Turkish

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  • Première

    Première

    "Progressivement, Uzak dévoile sa densité existentielle. La solitude intérieure, la douleur de l’exil, le sentiment inexorable de perte, les relations amoureuses qui s’effilochent, l’incommunicabilité, le film traite ses « grands » thèmes avec une économie de moyens dont seuls sont capables les cinéastes génialement elliptiques (Ozu, Antonioni). Nuri, dans les marges, sait dénicher la drôlerie. Ainsi les conflits récurrents des deux protagonistes avec les souris sournoises qui errent dans l’appartement. Reflet sarcastique et dérisoire de la poisse qui engourdit leur cœur. Dans Uzak, l’humour est définitivement la politesse du désespoir. Dans un tel contexte, on vantera la politesse."

    Olivier de Bruyn, Première
  • Cahiers du Cinéma

    Cahiers du Cinéma

    " Uzak retrouve le sujet du roman L'Invitation chez les Stirl de Paul Gadenne : le malaise, d'abord repérable à des riens, entre celui qui donne et celui qui reçoit l'hospitalité. Entre l'hôte et l'hôte en somme, selon une belle vérité de notre langue qui recouvre d'un mot deux composantes de ce couple. Ne disposant pas, comme Gadenne, de l'outil du monologue intérieur, et refusant l'artifice de la voix off qui orienterait l'identification vers tel ou tel des protagonistes, Nuri Bilge Ceylan traite le personnage de Mahmut, photographe installé à Istanbul, et celui de Yusuf, son cousin débarqué de leur village natal, strictement à parts égales. Leurs deux consciences se partagent le film, semblent même un moment s'en disputer la signification, et ne fondre que le temps d'un regard final et prolongé de Mahmut sur les eaux du détroit. Uzak désamorce toutes les stratégies formelles qu'on attendrait de lui (...)
    C'est la fin du lieu comme point particulier d'une topographie, au profit de son omniprésence comme idée et comme sensation. Une présence-absence où n'a plus cours la chimère d'un destin individuel"

    Sylvain Coumoul, Cahiers du Cinéma
  • Jeune cinéma

    Jeune cinéma

    " Un film pour aller rendre visite à un homme à la silhouette usée, ni vieux ni jeune, un film pour le regarder vivre. Un film très pudique, où la parole n'arrive jamais à temps, où le décalage entre le désir et l'énonciation de ce désir représente les ratés d'une vie. Et pourtant un film où l'on rit des situations burlesques qui naissent, inattendues, du quotidien le plus banal (...)
    Révélateur des déceptions et du vide de son existence, Yusuf, avec son trop plein d'envies lui rappelle ce qu'il a été lui-même : un jeune type vivant, direct, généreux et amoureux. Ce que dit le film avec ses images : l'échec de ceux qui ne saisissent pas la vie, l'amour, ont peur de s'engager dans l'émotion, cultivent par contre le chagrin et la mélancolie.
    Un film désespéré sur les ruptures entre les générations, les hommes et les femmes, un film où l'on rit souvent parce que chacun se reconnaît dans les ratés de leurs existences"

    Heike Hurst, Jeune cinéma
  • Le Monde

    Le Monde

    "Uzak n'est rien d'autre que le récit de cette cohabitation forcée, ou plus exactement sa mise en scène, soit sa traduction selon ces trois axes privilégiés que sont l'espace, la parole et le temps.
    Qu'il s'agisse de la caractérisation de personnages, qui ne partagent rien en dépit de leur proximité, ou des changements de cadres (...), cette mise en scène est tout entière dominée par la dialectique du proche et du lointain.
    Cette dernière colle si intimement au film qu'elle s'insinue jusque dans l'intérieur des plans, qui se révèlent le plus souvent porteurs de deux réalités dont la coexistence est rendue problématique par leur proximité même, dans le cadre (premier plan et arrière-plan), dans la définition de l'image (net et flou) ou dans l'organisation de l'espace (les portes comme autant de frontières). Cette capacité à suggérer une situation morale (l'incompatibilité des points de vue) par un pur agencement technique (des corps dans l'espace, de la mise au point de la caméra, du trouble de la vision qui en résulte) signale une grande intelligence du cinéma."

    Jacques Mandelbaum, Le Monde
  • Politis

    Politis

    "Mahmut, lui, est pris à son propre piège. Celui qu’on se tend lorsqu’on s’abandonne au confort et à la peur. En quelques scènes dialoguées – sans excès, un minimum de réparties suffit dans un film où l’on est le plus souvent taiseux -, Mahmut apparaît comme quelqu’un qui a refusé de s’exposer, de se mettre en danger. Il n’a pas voulu de l’enfant qu’attendait sa femme, devenue depuis son ex-femme, en partance définitive pour le Canada. Et il a perdu toute ambition artistique, lui qui avait envisagé, il y a longtemps, de devenir le nouveau Tarkovski. Ce sont d’ailleurs des images de Stalker et du Miroir que Mahmut visionne la nuit, pris par un dernier remords, avant de changer de cassette pour regarder un film porno.

    Tout en délicatesse, Nuri Bilge Ceylan campe le portrait d’un homme moins acteur que spectateur de sa vie, amer et douloureux. Une séquence saisissante montre le piège se refermer en lui dans une ultime capitulation. Les deux cousins sont partis en voiture, dans la petite Smart de Mahmut, hors d’Istanbul, pour faire des photos. Yusuf est un aide inexpérimenté mais disponible. Quant à Mahmut, il semble reprendre goût à son art. Quand soudain, alors qu’ils traversent un paysage magnifique, tout éclairé par un soleil rasant et ocre, il stoppe la voiture et s’exclame qu’il y a là matière à une belle photo. Puis, quelques secondes plus tard, il lance : « Mais à quoi bon ? » Mahmut n’est plus qu’un mort-vivant."

    Christophe Kantcheff, Politis
  • Le Point

    Le Point

    " Ceylan exerce un regard original, contemplatif et parfois cruel sur un monde où la distance mine les rapports humains. Distance qui vaut aussi pour la relation entre Yusuf et un Istanbul hivernal et le rapport qu'entretient Mahmout avec son passé. Uzak n'est pas un film distant. Car Ceylan ne nous interdit pas l'empathie avec des protagonistes qui pourtant s'évitent. Il privilégie juste une image fixe, froide, où la caméra observe un recul humoristique."

    François-Guillaume Lorrain, Le Point
  • Télérama

    Télérama

    " A quoi tient la grâce d'un plan ? Dans Uzak, l'évidence surgit d'emblée : Yusuf a quitté son village pour chercher du travail à Istanbul, il squatte chez Mahmut, son cousin, et il regarde, au petit matin, la neige recouvrir la ville. Bien sûr, il y a l'idée de la glaciation des coeurs et des âmes, mais cette dimension symbolique ne vient qu'après son aspect concret : la beauté du paysage, le regard de Yusuf, la justesse d'une image qui va installer le tempo feutré du film...
    Donc Mahmut et Yusuf cohabitent. Souris des villes, souris des champs (...) Désarroi existentiel et dépression économique, ces deux crises se répondent. Voilà le sujet du film : comment deux types vont se tourner autour, se trouver ou se rater, se comprendre ou s'ignorer dans la solitude de la grande ville.
    C'est un cinéma fait de petites cocasseries quotidiennes, une drôle de comédie placide que dominent deux beaux portraits impressionnistes..."

    Aurélien Ferenczi, Télérama
  • Le Nouvel Observateur

    Le Nouvel Observateur

    " Un cinéma de la rencontre, rencontre de deux intelligences et de deux sensibilités, celles du cinéaste et celles du spectateur, un cinéma de communion, qui abat les frontières et fait tomber les murailles."

    Pascal Merigeau, Le Nouvel Observateur

Vous en parlez

  • 22/03/12 | elPoto
      8/10

    Incroyable ce qu il réussit à mettre dans un plan silencieux. Un film qui rend le spectateur intelligent.

A propos de

  • Nuri Bilge Ceylan

    Né à Istanbul en 1959, le réalisateur des Climats fit d'abord des études d'ingénieur avant de se tourner vers la photographie et la réalisation.

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9/10  (5)

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  • elPoto au sujet de : 4 mois, 3 semaines et 2 jours

      5/10

    Oui, c est fort, et fort bien filmé, mais c est tellement sombre qu au final on ne voit pas bien l intérêt.