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Filme-t-on pour être au plus près de la vie ou pour cesser d'y être ?

VIDEO | 2013, 9' | Ça débute comme ça, ou presque : "My name is Tony Cabrera". C'est le père qui parle. Un patriarche au nom comme sorti d'un film de Scorsese. Sauf qu'ici l'homme est un vénérable grand-père, doux et discret, qu'on devine avoir été un père semblable.

Ça débute comme ça, ou presque : "My name is Tony Cabrera". C'est le père qui parle. Un patriarche au nom comme sorti d'un film de Scorsese. Sauf qu'ici l'homme est un vénérable grand-père, doux et discret, qu'on devine avoir été un père semblable.

Toute la famille est venue marier le frère cadet aux Etats-Unis. "Il a enfin trouvé le bonheur, nous dit-on, après l'avoir tant cherché." Comme le frère son foyer, Dominique Cabrera fonde sur l'événement son film qui d'un côté à l'autre de l'Atlantique va de réunion de famille en réunion de famille de 2002 à 2012. Assez vite, on se fait à la généalogie, on connaît les protagonistes, on apprend à les aimer. Et si nous connaissons si bien chacun, c'est qu'on a un peu pris la place de quelqu'un. Celle de la cinéaste elle-même, devenue une caméra à force de filmer, disparue du champ (miroirs exceptés) pour rester témoin, vecteur d'une histoire qui pourrait n'intéresser qu'elle et pourtant nous tient, nous. Elle le sent, elle le dit : "ça les agace que je les filme tout le temps." C'est pourtant à cette condition que se mettent en place tous les mécanismes du cinéma : le suspens, la surprise, l'émotion, l'empathie.

Ô Heureux Jours soulève ainsi une question qu'il revient à chacun de trancher : filme-t-on pour être au plus près de la vie ou pour cesser d'y être ? Ce que l'on pourrait encore poser en ces termes : les morts du cinéma sont-ils des immortels ?

Pierre Crézé

Séances :

Lundi 25 mars à 16h15

Jeudi 28 mars à 14h00

Vendredi 29 mars à 21h00

Et sur UniversCiné à partir du 30 mars jusqu'au 30 avril 2013.