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Sebastián Silva : "Une histoire qui trottait dans ma tête depuis l'adolescence"

Autobiographique, La Nana ? "J’ai été élevé et entouré par des bonnes. Il y en avait toujours une ou deux qui vivait dans la maison familiale. Vivre avec elles, 24 heures sur 24, marque votre existence", explique le réalisateur.

Pouvez-vous nous parler un peu de votre parcours?

Après le lycée, en 1998, j’ai suivi les cours d’une école de cinéma à Santiago : j’ai très vite laissé tomber tous les cours théoriques, car je n’étais pas du tout intéressé par le programme. Au début de cette année-là, je me suis procuré une petite caméra vidéo et j’ai filmé tout ce que je voyais, des déjeuners passés en famille aux chiens dans les rues. Puis au bout de cette année, je ne suis plus revenu à l’école.

Vous êtes engagé dans de nombreuses activités artistiques, est-ce que le cinéma revêt une importance particulière?

J’ai toujours dessiné. C’est un domaine dans lequel je me sens à l’aise. La musique, quant à elle, a démarré pour le plaisir, avec mes meilleurs amis, puis elle a pris tout d’un coup une place primordiale dans ma vie. Depuis, je me suis impliqué dans différents projets musicaux, et j’ai fait six albums. Devenir réalisateur a constitué une grande surprise pour moi. Je m’étais retrouvé dans cette école parce que rien d’autre ne me plaisait. Étudier le cinéma me semblait être la chose la moins ennuyeuse. Après cette année d’école, j’ai commencé à faire des aller-retours entre les États-Unis et le Chili à la recherche d’idées. J’ai écrit plusieurs scénarii, mais aucun ne me satisfaisait. Ce n’est qu’au troisième scénario que cela m’a semblé bien.

Quel lien y a t-il entre La Nana et votre histoire personnelle ?

C’est quelque chose qui est dans un coin de ma tête depuis mon adolescence. J’ai déjà réalisé un court-métrage et un album-photo sur ce sujet. Tout cela parce que j’ai été élevé et entouré par des bonnes. Il y en avait toujours une ou deux qui vivait dans la maison familiale. Vivre avec elles, 24 heures sur 24, marque votre existence.

Comment avez-vous trouvé Catalina Saavedra ? Est-elle une comédienne professionnelle ?

On m’a déjà posé cette question et je préférerais raconter une histoire plus romantique, par exemple que je l’ai trouvée sous un pont, et que je l’ai ramenée à la maison, que je l’ai lavée et que j’en ai fait une star. Mais ce n’est pas le cas. Catalina est une comédienne confirmée, qui a surtout joué au théâtre, mais aussi pour la Télévision, où elle interprétait des personnages comiques. Elle avait tenu un rôle secondaire dans mon premier film La Vida me mata, et c’est ainsi que j’ai été conquis par son talent exceptionnel. Il n’y avait aucun doute pour moi, c’est elle qui devait tenir le rôle de Raquel.

Quel travail spécifique avez-vous réalisé avec elle ?

En fait, nous nous rencontrions chez moi et lisions le scénario ensemble, notre travail consistait également à trouver le ton de voix adapté au personnage. Puis nous nous imaginions comment Raquel était physiquement. Catalina est bien plus agile que Raquel ; c’est là-dessus que nous devions surtout travailler.

Y a -t il une nouvelle génération de cinéastes chiliens?

Je ne pense pas réellement qu’il y ait une génération parlant d’une seule voix, ou créant un nouveau style. Je crois qu’il y a différents individus qui réalisent des films totalement différents. ça a toujours été ainsi. Mais aujourd’hui faire un film est plus facile, et moins cher.

C'est pour cela que avez-vous utilisé la vidéo pour votre film?

J’ai utilisé la même caméra que mon premier film (une petite caméra HDV P2 de Panasonic). Si j’avais eu un plus gros budget, j’aurais filmé en 16mm.