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De Benoit Jacquot. France - 2004
C'est dans les années 70, dans les beaux quartiers, elle a 19 ans. Son amoureux, ce “prince“ de nulle part, elle le comprend "tout de suite", est un bandit. Il vient de commettre un hold-up avec mort d'hommes.
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La rencontre avec une histoire vraie : "J'avais dix-huit ans"...

Comment Benoit Jacquot a eu l'envie d'adapter au cinéma le récit autobiographique d'Elisabeth Fanger...
 

Voir : Benoit Jacquot et le cinéma



A voir tout de suite : Benoit Jacquot (sur le tournage de son film L'intouchable) dans un extrait (1'18) du documentaire de Laurent Perrin Vocation cinéaste (2007) : " J'ai décidé d'être cinéaste le jour où on m'a dit que je ne pourrais pas être marin..."
 

Filmographie d'Emmanuelle Bercot

Actrice dans "A tout de suite" de Benoît Jacquot, réalisatrice de Backstage, Elle cumule les deux dans son long-métrage, "Clément", où elle tient l'un des premiers rôles.

" Une fois de plus l'exceptionnelle sensibilité de Benoît Jacquot s'exprime dans une histoire qui recèle tous les archétypes du film noir-intimiste-lyrique, mais s'en affranchit pour entrer directement dans le cerveau de sa protagoniste (...) Un voyage initiatique fiévreux..."



Elisabeth Quin, Elle
 

" Autant le livre repose sur la figure d'une narratrice emportée dans ses souvenirs, autant le film façonne une narration crayonnée qui ne cherche pas à creuser les plis et replis d'une passion mais lui redonne son aspect capricieux d'actes irréfléchis.
Bien sûr, toute action est toujours duplice, elle ne s'accomplit jamais sans une escorte minimale de commentaires intérieurs. Ce discours au cinéma peut disparaître, laisser aux gestes et aux impulsions leur suprématie, artificielle certes mais qui fait rêver (...)
Agir sans entrave, mot d'ordre libertaire, utopie réalisée par le cinéma notamment dans la grammaire du polar et du film d'action qui subordonne l'humain à une série de poses et postures. A tout de suite glisse avec élégance sur cet axe du comportement pur, la vie sans phrase ou alors quelques lambeaux prononcés comme s'il s'agissait d'une langue incompréhensible"



Didier Péron, Libération
 

" Benoit Jacquot a suffisamment fréquenté Jacques Lacan pour reprendre la nécessité de la forclusion (...) Lili, l'héroïne d'A tout de suite est une figure larguée, dérivante. Elle se sépare de sa riche famille bourgeoise pour un amant qui est un pilleur de banques et un meurtrier et dont elle suit les aventures jusqu'à ce qu'il l'abandonne. Elle se laisse ensuite glisser dans la faille d'une déchirure dont il est impossible de s'échapper (...)
A la différence de l'univers de Robert Bresson qu'il admirait, la topographie de Benoit Jacquot ignore l'ascenseur de la Grâce. Elle est sans issue. Les cartes d'A tout de suite n'ont pas de limites. On peut ruser avec les douaniers et passer une valise remplie de billets de banque d'une porte à l'autre d'un wagon, ou avec la famille en jouant le jeu d'un certain rituel de l'affection, mais ici les portes qui s'ouvrent ne donnent que sur le vide. Le récit est impossible parce qu'il n'accepte pas les provisions d'une morale. Il échappe à la logique et n'a plus rien à offrir que l'indicible de la réalité (...)
Isild Le Besco impose ici, dans ce monde fermé et décalé, une matérialité que l'on n'avait pas constatée depuis longtemps, en fait depuis l'apparition d'Edith Scob dans le cinéma français"



Louis Seguin, La Quinzaine littéraire
 

" Un film illuminé par une Isild le Besco incandescente qui emporte avec fougue ses partenaires. Tourné en noir et blanc, le film, plus vrai que nature, imite parfaitement le grain et les contrastes d'un Bob le flambeur, en les confrontant à d'autres films de la Nouvelle Vague, tout en apportant quelque chose de personnel, d'original (...)
A tout de suite est le portrait bouleversant d'une jeune fille-femme qui s'éprend d'un petit voyou d'aujourd'hui. Filmer cela, c'est un peu filmer l'impossible : pourquoi cette fille est happée par un visage, une expression, un être qu'elle sent et désire, pourquoi est-elle prête à le suivre tout de suite ? Sur ce mystère, ce coup de foudre très physique et métaphysique à la fois, difficile à représenter, Benoit Jacquot capte quelque chose d'essentiel de la fugacité du sentiment, de l'urgence quand cela arrive et qu'il faut le vivre. Il enregistre aussi le désenchantement de la séparation et le vide existentiel qui suit une telle rencontre "



Heike Hurst, Jeune cinéma
 

" Peu de gens croient encore au destin et on serait tenté de dire qu'A tout de suite est surtout agi par des valeurs morales et esthétiques héritées d'une autre époque, si la présence moderne de la comédienne ne bousculait la fixité apparente de cet ordre ancien. Ce que dégage Isild Le Bosco a quelque chose d'incontrôlable, à quoi semble répondre la soudaineté de certains gros plans qui imposent son visage ainsi que celui de son partenaire, avec une autorité quasi warholienne.
Là où l'affirmation des êtres par leur image crée un déséquilibre, la fluidité des actions répond à une volonté d'équilibre. Et de cet art de casser l'horizontal (l'histoire) par le vertical (le visage) naît la poésie. On ressent, impression soutenue par la notion de destin ainsi que par l'ajout d'archives amplifiant la fiction comme des caisses de résonance, cette Europe à travers laquelle l'histoire descend. On ressent non moins vivement la Méditerranée dans laquelle elle finit par se jeter. Pourtant chaque lieu s'efface devant l'errance intérieure"



Mia Hansen-Love, Cahiers du Cinéma
 

" Sur la trame classique du couple d'amants en fuite (sauf qu'il y a deux couples), voici donc une suite de fragments.
Fragments de l'espace : centrés, souvent en gros plans, sur le grès gris de la chair moelleuse d'Isild Le Besco, sur son blond visage palpitant d'amour en noir et blanc. Fragments du temps : que des scènes brèves, parfois charnières (les douanes à franchir), parfois de pure latence (...)
D'abrupts nappages musicaux d'une techno-pop languissante évoquent Barbet Schroeder, le grain attentif du noir et blanc redit Garrel ou le Doillon des Doigts dans la tête (...) Epousant l'exact parcours de l'héroïne, A tout de suite ne s'épanche et ne s'ouvre qu'à la toute fin, par un raccord de montage très furtif et très beau. Des points sur une carte du monde se muent en voûte étoilée. Non : cette voûte, à mieux y regarder, ce sont des lumières au plafond d'un aéroport. Le firmament où nous filons, à la vitesse létale de la vie."



Fabien Baumann, Positif
 

" Pour le cinéaste, il n'est pas question ici de chercher le classicisme du film noir, fût-il "à la française", mais plutôt une mythologie de la fuite et de l'abandon amoureux.
A tout de suite ne cesse ainsi d'osciller entre le réalisme, qui naît de la forte incarnation charnelle des jeunes et excellents comédiens, et une forme plus élaborée d'artifice (...) Benoit Jacquot, au sommet de son art, les filme de près, il aime découper son cadre, s'arrêter sur un objet, parfois frôler l'abstraction (...)
On y lit la volonté de limiter le superflu, d'épurer ce qui est accessoire : les signes du genre et le genre lui-même. L'essentiel est ailleurs : dans ce personnage principal qui ne quitte jamais l'écran et auquel Isild Le Besco prête son frémissement, la singularité de son visage, son naturel presque encore adolescent"



Aurélien Ferenczi, Télérama
 

" L'héroïne d'A tout de suite décide de vivre le film de sa vie rêvée. C'est à ce type de saut dans le vide qu'invite Benoit Jacquot depuis L'Assassin musicien : une façon ludique de sortir du huis clos, oser l'idylle interdite, filer en enfants terribles vers un refuge d'innocence, violer le cloisonnement social, courir à corps perdu vers la sortie de l'âge gamin, au risque de la brûlure, de la chute, du marchandage, de l'épreuve qui condamne à l'errance, au désenchantement et au constat d'une impossible délivrance (...)
A tout de suite rappelle aussi tout ce que Benoit Jacquot, disciple de Friz Lang, doit aux Contrebandiers de Moonfleet : une vision météorique du cinéma comme un art de faire surgir un paysage ténébreux dans une âme d'enfant. Sur cette idée qu'il y a toujours un secret derrière la porte (névrose, vengeance, amour romantique, aliénation), Lang et Jacquot tissent des histoires où enfants/adultes prennent le pouvoir, se conduisent en pirates, tentent de conjurer le cauchemar existentiel (l'homme dévoré par des chiens), de bâtir leur propre univers".



Jean-Luc Douin, Le Monde

A tout de suite
De Benoit Jacquot
France
2004
01h35 min


(€ 4.99)
VF
Format WMV + DRM
Taille : 0.78 Go
 




 
Acteurs
Laurence : Emmanuelle Bercot
l'ami : Nicolas Duvauchelle
le garçon amoureux de l'étudiante : Ouassini Embarek
l'étudiante : Isild Le Besco
Olivier Augrond
David Ayala
l'amie de l'ami : Laurence Cordier
la mère : Catherine Davenier
l'amie : Léonor Graser
l'amie grecque : Fotini Kodoukaki
Sabri Lahmer
le père : Nicolas Pignon
la soeur : Odile Vuillemin

Fiche technique
Réalisation : Benoit Jacquot
Scénario : Benoit Jacquot
Auteur de l oeuvre originale : Elisabeth Fanger
Direction de la photographie : Caroline Champetier
Son : Nicolas Naegelen, Michel Vionnet
Décors : Antoine Platteau
Costumes : Antoine Platteau
Montage : Luc Barnier

Date de sortie en France : 08/12/2004




 



 
Intouchable, L'

Ecole de la chair, L'
Tosca
Fausse suivante, La
 
 
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