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De Rachid Bouchareb. 2006
La seconde guerre mondiale, côté français, section soldats oubliés -ces tirailleurs maghrébins et sénégalais réhabilités grâce à ce film, soixante ans plus tard. Un grand film d'action, poignant et engagé.
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Défenseur d'un cinéma "engagé, militant, porteur d'idées"

Des histoires, Rachid Bouchareb rêve d'en raconter depuis l'enfance. Alors, plutôt que de devenir tourneur-fraiseur comme le prédestinait son CAP, il tourne des films où il convoque le réel. Portrait d'un gamin de Bobigny qui, de New-York ("Little Sénégal") en Malaisie ("Poussières de vie"), en passant évidemment par l'Algérie ("Cheb", "Indigènes"), raconte des histoires universelles. Pour mieux raconter la sienne ?
 

Rachid Bouchareb : "Ne s’appuyer que sur des éléments authentiques"

Rachid Bouchareb revient sur l'écriture et le tournage d'"Indigènes" : "Mon premier choc a eu lieu lors des essais costumes. Découvrir Jamel, Samy, Roschdy et Sami habillés selon leurs personnages m’a soudain donné la première réalité du film".
 

Saïd, Yassir, Messaoud, Abdelkader, Martinez et les autres...

Les héros d'"Indigènes" racontés par leurs interprètes, Jamel Debbouze, Samir Naceri, Roschdy Zem, Sami Bouajila et Bernard Blancan.
 

En savoir plus sur ces Tirailleurs sénégalais médaillés à Cannes

Avec 3,1 millions d'entrées, "Indigènes" fit partie des sept films français en tête du classement du box-office en 2006. Au Festival de Cannes, cette année-là, les cinq acteurs d'"Indigènes" ont obtenu un Prix collectif d'interprétation masculine. Le film obtint également le César du meilleur scénario et fut nominé aux Oscars dans la catégorie Films étrangers pour l'Algérie. Un hommage tardif pour ces soldats algériens qui moururent pour la France.

"...un film de guerre réaliste et poignant, une sorte de Soldat Ryan à la française. (...) La sagesse de Bouchareb est de vouloir éclairer tout un pan d’histoire en cherchant moins à accuser qu’à pacifier."



Jacques Morice, Télérama
 

A l’horizon du cinéma militant, il y a un rêve : bousculer la réalité. Un défi relevé par le film de Rachid Bouchareb qui restera dans les mémoires pour avoir fait changer la loi et permis la revalorisation, tant attendue, des pensions versées aux anciens combattants des ex-colonies françaises. Une réparation à la fois réelle et symbolique. Car ce film-résilience offre une reconnaissance à une mémoire passée sous silence, une sépulture à une histoire enterrée vivante. Celle des 130 000 tirailleurs maghrébins et sénégalais engagés en 1943 dans l’armée française pour combattre « l’ennemi nazi ». Mais qu’on ne s’y trompe pas : Indigènes est un film écrit au présent qui honore la mémoire des pères pour donner aux fils une chance de trouver la voie d’un « vivre ensemble ».

Rien ne saurait mieux incarner ce présent que les visages de Jamel Debbouze et Samy Naceri, héros de la jeunesse d’aujourd’hui, propulsés dans la peau de leurs grand-pères. Avec Sami Bouajila et Roschdy Zem, ils incarnent quatre soldats venus défendre la France, au péril de leur vie. Des soldats comme les autres, copains à la vie à la mort. Un film de guerre comme les autres, avec ses explosions et ses fusillades, ses moments d’attente lourds d’angoisse et ses morts au ralenti.

Quand les quatre héros prennent position, seuls, pour défendre un village alsacien contre un ennemi invisible mais forcément plus nombreux, on pense aux Sept Mercenaires. Sauf que ces guerriers-là n’ont pas des têtes de cow-boys blancs mais le teint basané et des chèches sous leurs casques. Et quand le soldat Saïd (Jamel Debbouze) apprend à traire une vache sur les conseils d’une jolie paysanne aux yeux bleus (Mélanie Laurent), la scène fait écho à mille autres. Un sentiment de déjà-vu utilisé avec intelligence pour mieux immortaliser une photo de famille enfin au complet…

Le tour de force de Rachid Bouchareb est là : faire un film de genre et inscrire, du même coup, une réalité escamotée dans nos imaginaires collectifs. Et l’on n’oubliera pas de sitôt Abdelkader (Sami Bouajila), jeune gradé convaincu de conquérir au mérite une place dans la société française. Afin d’arracher cette reconnaissance, il entraîne ses hommes dans un combat de la dernière chance. Abdelkader en est persuadé : pour avoir une chance d’être considéré comme un homme, il faut se conduire en héros. Et, plus qu'un autre encore, risquer sa vie pour la France, puisqu'on n'est pas né sur son sol.



Marjolaine Jarry, Universcine

Indigènes
De Rachid Bouchareb
2005
02h08 min


(€ 4.99)
VF
Format WMV + DRM
Taille : 1.19 Go
 




 
Acteurs
Martinez : Bernard Blancan
Abdelkader : Sami Bouajila
Saïd : Jamel Debbouze
Yassir : Samy Nacéri
Messaoud : Roschdy Zem
le colonel : Antoine Chappey
le capitaine Durieux : Benoît Giros
Thomas Langmann
la jeune villageoise vosgienne : Mélanie Laurent
Leroux : Mathieu Simonet

Fiche technique
Réalisation : Rachid Bouchareb
Scénario : Rachid Bouchareb, Olivier Lorelle
Direction de la photographie : Patrick Blossier
Son : Thomas Gauder, Olivier Hespel
Musique originale : Armand Amar
Décors : Dominique Douret
Costumes : Michèle Richer
Montage : Yannick Kergoat

Date de sortie en France : 27/09/2006


 
Prix d'interprétation masculine pour les cinq acteurs principaux, et Prix François Chalais pour Rachid Bouchareb, Festival de Cannes - 2006
César du meilleur scénario original, Césars du cinema français - 2007

 



 

Poussières de vie
Cheb
Little Sénégal
 
 
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