Le Filmeur
Réalisation
Acteurs
Avec Thérèse Martin, Caroline Laval, Camille de Casabianca, Christian Boltanski, Philippe Daveney, Bernard Crombey, Françoise Widhoff, Danielle Bouilhet, Alain Cavalier, Alexandre WidhoffPitch
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Acteurs :
- : dans son propre rôle
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Equipe du film :
- : Alain Cavalier
- : Alain Cavalier
- : Alain Cavalier
- : Florent Lavallée
- : Pyramide Productions
- : Caméra One
- : Fabienne Vonier
- : Pyramide Distribution
Dates :
- : 21/09/05
Informations techniques :
- : Couleur
- : Long metrage
- : Français
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Ils en parlent
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Le Monde
" Composé comme une partition de micro-événements dont se dégage une douce poésie, souvent teintée de drôlerie, Le Filmeur laisse s'écouler, dans ses interstices, dix années de la vie d'Alain Cavalier. Et esquisse, en filigrane, l'autoportrait d'un artiste en liaison permanente avec le monde. Sans jamais rien dévoiler d'impudique, Cavalier utilise la caméra DV pour s'approcher au plus près, capter, de son regard acéré et généreux, les détails, les petites touches qui donnent chair aux liens qui l'unissent à ce qu'il filme. Assailli par une série d'interventions chirurgicales destinées à le délivrer de l'oeuvre maligne d'un cancer de la peau, son propre visage, régulièrement scruté dans un miroir, est le support privilégié des traces de la fuite du temps (...)
Sans relâche, la mort travaille le film, mais cette fascinante manière qu'a le cinéaste de la rendre visible la libère d'une partie de sa dimension tragique : appréhendée frontalement, mais avec la distance propre à ceux qu'elle a beaucoup hantés, la mort est considérée à travers le jeu, la négociation incessante qu'elle mène avec la vie (...)"Je ne supporte pas que ce que j'ai vu de touchant ou de drôle disparaisse", dit Cavalier. Et si la mort de son père survient bien, au milieu du film, l'homme, de fait, ne disparaît jamais. Comme les autres fantômes qui rôdent, ceux de Claude Sautet, de Romy Schneider ou de Jean Arthus, un jeune résistant mort fusillé en 1943, il ressurgit au gré des traces et des mystères qu'il a laissés derrière lui. Des derniers jours de Jean Arthus, l'auteur de Thérèse livre une seule évocation, celle du sacrement de l'extrême-onction, qui le renvoie par ricochet à des moments enfouis de son enfance catholique, à une réflexion sur le sacré, lesquels résonnent à leur tour lorsque, dans une église, l'auteur repense à Thérèse l'immortelle. Le film procède ainsi par motifs, qui se transforment à mesure de leurs rencontres avec d'autres, creusant en profondeur la surface de l'image numérique... "
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Politis
" Depuis des années, Alain Cavalier a troqué le stylo pour prendre des « notes » cinématographiques : il enregistre, il filme beaucoup. Mais quoi retenir ? Les meilleurs moments ? Faire un best of de sa vie ? Pas vraiment. Coupé souvent très « cut », Le Filmeur accumule les instants, saisit des impressions, des sensations, fait entendre deux ou trois répliques (le plus souvent entre le cinéaste et sa compagne, Françoise Widhoff), quelques réflexions, toujours dites sur le moment, jamais a posteriori, en voix off. En fait, par son travail sur la concision, sur la rapidité, et par l’extraordinaire précision de son montage, Le Filmeur fait penser à un recueil d’haïkus en images (une page d’un livre du poète Takuboku, où figure l’un de ses haïkus, apparaît d’ailleurs dans le film).
Peu de faits bien précis en réalité, ou plus exactement une somme de petits faits, quelques événements de l’actualité (la mort de Claude Sautet, l’assassinat de Massoud, le 11 Septembre...), mais surtout une attention méticuleuse, et même prosaïque, à lui-même, à ses proches, aux lieux qui l’entourent, à ces choses qui lui plaisent ou qui le touchent, comme il dit, et dont il supporte mal la disparition. Sans pathos, ni même nostalgie, Le Filmeur est une interrogation sur le mystère du temps qui passe et qui fait son œuvre, ce qu’il opère sur les corps. De ces images très intimes, sans ménagement particulier pour ceux qui apparaissent à l’écran, surtout pour Alain Cavalier lui-même (...) il émane une réflexion sur la présence au monde. Et ce sans mysticisme, même si le cinéaste filme l’intérieur d’une église (et la reproduction de sa « chère » Thérèse), mais plutôt avec humour (une séquence très drôle : dans une chambre d’hôtel de Rouen, le cinéaste souligne toutes les horreurs qu’elle comporte - c’est fou comme les chambres d’hôtel peuvent être hideuses...)
Le Filmeur est ainsi un film sur la connaissance de soi qui, au fil des minutes, prend une dimension considérable. J’ai songé à de grandes œuvres littéraires, et tout particulièrement, je pèse mes mots, aux Essais de Montaigne. « Tout philosophe ignore ce que faict son voisin, ouy et ce qu’il faict luy-mesme, et ignore ce qu’ils sont tous deux, ou bestes ou hommes. » Cette phrase du livre II pourrait être en exergue d’un film qui tente d’entrevoir une perspective de sagesse. « Que faire personnellement face à la violence du 11 septembre ? Simplement surveiller la violence que j’ai encore en moi », suggère, par exemple, le cinéaste..."
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Libération
" Carnet de notes, Le Filmeur est une production super où les moyens sont fauchés mais les blés qui poussent d’une grande beauté. Journal de bord, mais lequel ? Celui de Cavalier en personne, qui se montre en pied, sans cape et surtout en visage dans le miroir dès lors qu’une aile de son nez est attaquée par un cancer de la peau. En très gros plan, il ne s’épargne ni les ecchymoses postopératoires, ni les fils de la suture. Jusqu’à en plaisanter comme une magnifique leçon de savoir-vivre. Profil gauche, docteur Jekyll, profil droit, mister Hyde. Hollywood pourrait bien déverser des milliards de dollars, il n’arrivera jamais à la cheville d’un effet aussi spécial. Et la vie qui va, entre sa compagne parfois plus que lasse de son harcèlement visuel, quelque matou matois, un merle moqueur, la collection des chambres d’hôtel quand le cinéaste vaque de festival en festival, le portrait d’une rose forcément «Allons voir...» mignonne, sa très antique maman enchantante passant de sa maison à la maison de retraite, sa fille Camille, enfant puis femme, deux petits-enfants endormis enlacés dans un lit («dire qu’on a été comme eux», dit la voix off). Le tout comme dans une énumération à la Trenet, époque «fidèle, je suis resté fidèle à ces riens qui font de la vie un tout».
De fait, le Filmeur ne renie rien : très belle citation amoureuse concernant Romy Schneider, que Cavalier dirigea dans son premier film, Le Combat dans l’île, en 1962, et très drolatique évocation de Thérèse (1986) dans le recoin d’une église : «Elle était amoureuse d’un homme nu.» Et Cavalier de remarquer ce que d’ordinaire on ne remarque guère : une mendiante qui se traîne, un rouleau de papier hygiénique inviolable, une ode sexuée à la savonnette Palmolive..."


















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