Films

Série noire

Réalisation

De Alain Corneau - France - 1978 - 1h51min

Pitch

Les affaires marchent mal pour Frank Poupart. Représentant en banlieue parisienne, il s'enfonce dans la misère entre un patron qui le méprise et une femme qui ne l'aime plus. Lors d'une tournée, Poupart se voit proposer par une vieille femme de laisser sa marchandise contre un moment avec sa jeune nièce. En tête à tête avec Mona, celle-ci lui parle du magot que sa tante cache dans la maison. Poupart voit là l'occasion de s'en sortir enfin. Voler cet argent, c'est l'occasion de retrouver sa liberté et de sauver Mona. Mais, avec le vol, vient le crime... Georges Pérec et Alain Corneau ont transposé le roman noir de Jim Thompson, "Des cliques et des cloaques" dans la banlieue parisienne, et mis en toile de fond sonore les succès de la variété française de l'époque qui croisent les notes déchirées de Duke Ellington. Et tout concorde admirablement : l'adaptation, la mise en scène très réaliste, l'interprétation exceptionnelle (voir Blier réclamer des claques à Dewaere !)... "Série noire" est considéré par beaucoup comme le chef-d'oeuvre de Corneau qui donnait ainsi sa définition du polar : « Qui dit noir-polar dit d'abord : radiographie sociale, rapports de force, et non pas analyse psychologique et sentimentale (du genre de celles qui se démodent tous les 5 ans). Noir-polar c'est aussi le gouffre. »

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Acteurs :

Equipe du film :

Dates :

Informations techniques :

  • : Couleur
  • : Long metrage
  • : Français

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  • Le Monde

    Le Monde

    " ... Jamais film n'aura mieux mérité son titre. D'abord parce qu'il est adapté d'un livre paru dans la célèbre collection créée par Marcel Duhamel. Ensuite parce que Jim Thompson, auteur de ce livre, avait un goût marqué pour le sarcasme désespéré, les situations paroxystiques, les héros promis dès leur passage sur cette terre à la damnation. Enfin parce que Georges Pérec, scénariste, et Alain Corneau, réalisateur, n'ont pas cherché à édulcorer la « noirceur absolue » du roman de Thompson, son caractère dérisoire et totalement absurde, et qu'ils ont fait de leur film un étrange ballet où valsent, dans la crasse, le sang et le stupre, le minable et pathétique Frank Poupart, ses complices et ses victimes. "

    Jean de Baroncelli, Le Monde
  • Le Point

    Le Point

    " Difficile de trouver les mots, les phrases exactes pour décrire ce que l'on ressent physiquement après Série noire, tant on en sort épuisé, lessivé... Comme si l'on avait réellement participé à tout ce qui vient de se dérouler sur l'écran. Comme si l'on avait vraiment mené avec Patrick Dewaere, en même temps que lui, cette course haletante qui, par son lyrisme du sordide, sa poésie du dérisoire, renvoie directement à la fuite vertigineuse de Richard Widmark dans Les Forbans de la nuit... Mêmes personnages fantomatiques, étrangers à ce qui les entoure, prisonniers de leurs rêves, même angoisse métaphysique. "

    Bertrand Tavernier, Le Point
  • Pariscope

    Pariscope

    " II y a un fort remugle célinien dans ce voyage au bout de la boue, dont on ne revient pas immaculé. On est déconcerté, perturbé, fasciné ou irrité par des personnages dont on ne sait rien, mais dont on devine beaucoup... Série noire, tradégie moderne débordant d'une sensibilité à laquelle on s'accorde ou on ne s'accorde pas, est un grand moment de cinéma... "

    Jose Maria Bescos, Pariscope
  • Télérama

    Télérama

    " ... Ce désespéré minable vomissant ses états  d'âme "s'englue dans ses contradictions, croit à ses propres mensonges, sachant, sans vouloir le savoir, que rien ne tient debout dans toute son histoire, mais y allant tout de même jusqu'au bout", comme le dit Georges Perec, dont le travail d'écriture et d'adaptation est ici admirable et qui a su faire de chaque dialogue un savoureux duel oratoire.

    On a compris que Série noire est un film qui "parle gras, sent la sueur et la crapule". Alain Corneau a su transcrire au cinéma l'ambiance poisseuse, la ronde infernale et cruelle des "polars" américains (...) Révant du côté de Thompson, bien sûr, mais aussi de James Hadley Chase, d'Horace Mac Coy, de James Cain et David Goodis... (...) Corneau poétise à la Céline, mélangeant rire et terreur, et faisant de ce portrait-vérité des bas fonds quotidiens un théâtre de gestes où Patrick Dewaere donne sa pleine mesure. Il possède une science sidérante du comportement lyrique terre-à-terre.

    Série noire cligne de l'oeil vers le mythe (...) Au dernier plan du film, les amoureux de ce morne enfer s'étreignent. Blousés par l'humanité entière, proies faciles d'un vil maître chanteur, promis par leurs acets déments à la damnation éternelle. Série noire est-il, pour reprendre une expression de Marcel Duhamel, une "apologie de l'abomination ou un réquisitoire contre les vacheries du monde ?". La noirceur infinie de ces "songes dans un ruisseau" parle d'elle-même."

    Jean-Luc Douin, Télérama

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A propos de

  • Alain Corneau

    Né en 1943, à Meung-sur-Loire, Alain Corneau fait une entrée discrète mais très remarquée dans le monde du cinéma français en 1974 avec un film audacieux...

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Série noire

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9/10

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  • elPoto au sujet de : L'Art de séduire

      2/10

    Personnages caricaturaux, acteurs assez moyens, métier de psy ridiculisé, style bobo-branchouille : aucun intérêt.