Tokyo-ga
Réalisation
Pitch
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Acteurs :
Equipe du film :
- : Wim Wenders
- : Solveig Dommartin
- : Edward Lachman
- : Wim Wenders
- : Wim Wenders
- : Laurent Petitgand
- : Hartmut Eichgrün
- : Bac Films
- : Gray City
- : Wim Wenders Productions
- : Chris Sievernich Filmproduktion
- : WDR - WestDeutscher Rundfunk
Dates :
- : 12/06/85
Informations techniques :
- : Couleur
- : Long metrage
- : Allemand
Thèmes
Ils en parlent
-
Jeune cinéma
" Wim Wenders part à Tokyo à la recherche du souvenir d'Ozu. Il faut d'abord franchir la barrière du Tokyo moderne. Voici Tokyo de nuit ; spectacle impressionnant, encore qu'il ne soit pas besoin d'être Wim Wenders pour nous le rendre sensible. Certaines images sont pourtant inoubliables, tel le ballet de la circulation avec les feux des véhicules courant dans tous les sens, à tous les niveaux, traversés tout en haut par la magnifique flèche blanche d'un train qui file tout droit. Autre aspect riche de signification : les « pachinkos » centres d'entraînement au golf ; le cadre naturel du golf a disparu, les joueurs sont alignés en rang, tous en même temps en un rythme serré envoient leur balle. Aucune place pour un geste gratuit. Même situation dans les salles de jeux ; un enfer.
Enfer peut-être, mais dans la description qu'en fait Wenders perce une pointe d'humour quand il montre la fabrication des simulacres de nourriture : on répand de la gélatine liquide sur la vraie nourriture puis les moules ainsi obtenus sont remplis d'une cire peinte aux couleurs appropriées. L'effet est saisissant.
Enfin, après le bruit et la fureur, les faux-semblants, on retrouve Ozu. C'est comme une réalité immanente qui s'impose à nous. Les choses sont. Wenders interroge les vieux collaborateurs d'Ozu qui survivent encore et tout reprend une dimension humaine avec ce cinéaste à l'écoute de l'homme, de chaque être individuel, cherchant à capter ce qu'il peut avoir d'irréductible.
L'acteur Chishu Ryu a tourné dans presque tous ses films, il raconte qu'Ozu se contentait en général de deux ou trois répétitions mais il lui est arrivé d'aller jusqu'à vingt, se contentant de dire à Ryu « Aujourd'hui ce n'est pas votre jour, Ryu », ou « Cherchez-vous à me mettre à l'épreuve ? ». Le caméraman Fuaru Atsuka s'honore d'être probablement le seul caméraman au monde à avoir passé autant de temps avec un metteur en scène : « Un jour qu'Ozu me demandait : avez-vous une fiancée, je lui répondis : oui, elle a trois jambes et je la porte sur mon dos ! » (sans compter son inséparable natte car il devait travailler à plat ventre, étant donné les habitudes bien connues d'Ozu quant au niveau des prises de vue auxquelles il tenait autant qu'à l'usage de l'objectif 50 mm).
La tombe d'Ozu porte seulement un signe chinois ancien qui signifie : le vide, rien."






















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