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L’ACID (Association du cinéma indépendant pour sa diffusion) et UniversCiné lancent le Ciné-club de l'ACID, un ciné-club mensuel à retrouver sur la plateforme VOD et les réseaux sociaux.

Découvrez chaque mois une proposition de cinq longs-métrages, suggérés et présentés par un.e cinéaste de l’ACID, et disponibles à l’abonnement sur UniversCiné.

Hélène Milano, réalisatrice (Les Charbons ardents, Les Roses noires... ) et co-présidente de l’Association, ouvre le bal avec cinq films très différents, fictions et documentaires, qui l’ont marquée, bouleversée et inspirée dans sa pratique.

L'Avventura de Michelangelo Antionioni (1959)

"L’Avventura de Michelangelo Antonioni. Je me souviens d’un noir et blanc brillant. De la blondeur de Monica Vitti et de sa grâce immense dont je ne me lassais pas et qui imprimait une folle sensualité à chacun des plans du film. Comme si son parfum flottait dans le vent. J’ai aussi ressenti très fort combien la composition des cadres raconte la puissance de ce qui dépasse les personnages. Les eaux profondes et potentiellement dangereuses, l’île accidentée, les effleurements des deux amies. L’obstacle levé par la disparition d’Anna est comme un voile qui se déchire et laisse place aux fulgurances du désir, et j’aime qu’il n’y ait pas d’explication, pas de résolution. C’est la vie qui avance, absurde comme la puissance de la mer, au gré des mouvements de la météo et des lois anarchiques du désir qui fracassent tantôt les uns et tantôt les autres."

Illusions perdues d'Ernst Lubitsch (1941)

"Illusions perdues d’Ernst Lubitsch représente pour moi « le cinéma plaisir », intelligent, léger et un peu grinçant. J’admire cette virtuosité, la comédie des faux semblants, la critique acide du couple bourgeois sans avoir l’air d’y toucher. Les dialogues de l’orgueil, du paraître et de la mauvaise foi, sont d’une infinie justesse et manient à la perfection l’art du sous-entendu sans jamais dévoiler complètement la sexualité qui irrigue le film. J’ai été touchée par la finesse avec laquelle le film nous raconte le vain désir de possession et comme chacun s’échappe, pour sauver sa peau, de ce qui peut le figer dans le regard de l’autre."

Boxing Gym de Frederick Wiseman (2009)

"Boxing Gym de Frederick Wiseman (soutenu par l’ACID en 2011) est un film d’un charme singulier, fait d’intimité et de sueur, de gestes répétés, mais aussi de pudeur. On y décèle les protections invisibles que chacun met en place pour pouvoir partager le même espace. Le film exige une grande écoute des interstices, des non-dits, des histoires hors champ et je l’aime pour cela. Ce qui me reste aussi fortement est l’intelligence de la place qui est choisie pour la caméra. Il en émane une dimension très chaleureuse, d’une grande délicatesse dans chacun des plans. Wiseman trouve la distance juste avec les personnes qu’il filme, qui se dévoilent tout en gardant leur mystère, et il permet au spectateur d’être « avec », au cœur de ce qui se joue sans jamais en être observateur. De même le lieu tel que le cinéaste le met en scène, met en tension la singularité des parcours avec les problématiques sociétales que chacun porte à sa manière. Cette tension, cet espace qu’il crée, génère pour moi des questionnements passionnants sur ce qui fait la liberté de nos vies."

Une sale histoire de Jean Eustache (1977)

"Une sale histoire de Jean Eustache. Je n’oublie pas le visage des femmes et puis le visage des actrices et leurs regards intenses pendant les récits. Je revois leurs yeux interdits et sidérés malgré l’assurance de leur voix et l’affirmation de paroles embrouillées. Je me souviens de la projection de moi-même, jeune spectatrice dans cette description glauque et obsessionnelle qui enferme l’autre dans une vision unique et restrictive. Vision qui m’effrayait tout autant qu’elle produisait un sursaut salvateur. Le cinéaste alliant documentaire et fiction, avec exactement le même récit, créait pour moi des troubles en cascades et libérait simultanément des possibles."

Les Clowns de Federico Fellini (1970)

"Les Clowns de Federico Fellini créé dans un documentaire qui n’en est pas un - mais qui en est un tout de même ! -  un trouble constant entre le spectacle et la vie et met à jour notre impuissance à saisir celle-ci sans la nécessaire mise en scène du monde. Le clown est aussi le personnage transgressif par excellence. Par son rapport au monde, sa profondeur d’âme, son insolence et sa façon de porter la douleur au fond de ses poches, par le miroir qu’il fait à chacun de nous, le clown est l’incarnation la plus aboutie de cette quête de liberté avec ses larmes de crocodiles et toujours une petite poudre de perlimpinpin à portée de main, nécessaire à nos âmes. Ceux-là me bouleverseront toujours."

 

 

 

 

 

Hélène Milano, cinéaste et co-présidente de l’ACID

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