Films

Ce cher mois d'août{Aquele querido mês de agosto}

Réalisation

De Miguel Gomes - Portugal - 2007 - 2h27min

Pitch

Au cœur du Portugal montagnard le mois d’août décuple la population et ses activités. Les gens rentrent au pays, tirent des feux d’artifice, contrôlent les incendies, font du karaoké, se jettent du pont, chassent le sanglier, boivent de la bière, font des enfants. Si le réalisateur et l’équipe du film étaient allés droit au but, résistant à la fête, le synopsis se réduirait à : "Ce cher mois d’août" suit les relations sentimentales entre un père, sa fille et son cousin, musicien d’un groupe de musique de bal ». Mais il y a le mystère du cinéma...

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Acteurs :

Equipe du film :

Dates :

Informations techniques :

  • : Couleur
  • : Long metrage
  • : Portuguese

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  • Les Inrockuptibles

    Les Inrockuptibles

    "Ici et là surgissent quelques scènes au parfum de farce, où Gomes se met en scène en réalisateur borné de cinéma direct, louvoyant avec ses producteurs, excédés qu’il n’en fasse qu’à sa tête avec le scénario. Dans l’histoire de la postmodernité cinématographique, les fictions (...) qui embrassaient ainsi avec force effets de réel les errances de leur propre tournage suintaient le plus souvent une morne idéologie de la mort du cinéma. Ici, comme par un effet de solarisation, le procédé enlumine pourtant l’un des films de ces dernières années qui, du cinéma, paraît marteler le plus puissamment la vitalité. Sa splendeur, une force à creuser les enjeux les plus contemporains, en toute tranquillité. Comme par inadvertance."

    Julien Gester, Les Inrockuptibles
  • Cahiers du Cinéma

    Cahiers du Cinéma

    "C’est connu, la saudade fait partie du patrimoine portugais. Celle de Gomes est une nostalgie de l’enfance, mais jamais mièvre ou plaintive : dynamique et active au contraire, affirmation d’une toute puissance du jeu. Si l’enfance est un pays perdu, le cinéma a le pouvoir de le rouvrir au coeur du monde adulte. Ce retour n’est refuge qu’au premier regard. Plus essentiellement, c’est un principe de plaisir, mais surtout l’affirmation d’une esthétique et d’une éthique du jeu et de la joie, d’un art de vivre et de faire des films, vie et cinéma rapprochés sans se confondre."

    Cyril Neyrat, Cahiers du Cinéma
  • Télérama

    Télérama

    "Le cache-cache permanent entre le vrai et le faux pourrait tourner à l'exercice de style arty, prétentieux et vain. Ce cher mois d'août est au contraire constamment incarné grâce au regard plein de tendresse du réalisateur sur sa terre natale. Il flotte sur cette fugue estivale un parfum de douce euphorie, une brise de liberté qui rap­pelle le cinéma buissonnier de Jacques Rozier. Comme un appel irrésistible aux vacances."

    Samuel Douhaire, Télérama
  • Le Monde

    Le Monde

    "Une oeuvre incandescente et bucolique, moderne et romantique (...) En gros comme en détail, rien d'aussi stimulant ne s'est fait connaître au cinéma depuis Jacques Rozier."

    Jacques Mandelbaum, Le Monde
  • Libération

    Libération

    "... Prenez une des premières images du film: un bal d'été. Le groupe, à la fois miteux et touchant, une piste de danse quasi vide. Des choses que l'on a tous connues. Mais voilà, la caméra est posée là où elle ne le devrait pas, sur l'ex­trême angle gauche. L'éclairage est relativement faible et le son lointain.

    En off, une voix récite un poème adressé à la Mère : un poème d'avant la vie. Si on reprenait toutes ces choses, si on les posait sur une table, on y verrait mieux, mais la présen­tation est si inhabituelle que nous voilà paumés. On le res­tera. Tous les plans de ce film excessif jusque dans sa durée, 2 h 30, sont de cette facture. Ils représentent autrement des situations inhabituelles et/ou banales.

    Gomes, ancien critique au Por­tugal, chef de file d'une jeune génération iconoclaste (...) signait il y a trois ans la Gueule que tu mérites, premier film barge -des trentenaires régressifs dou­taient du sens de la vie dégui­sés en cow-boys. Son style est constamment perturbant : à la fois la vague qui vous noie et la bouée qui vous sauve.

    Si on est dans Ce cher mois d'août sonné comme sous inso­lation, c'est que Miguel Gomes a une qualité qui manque aujourd'hui à quasiment tout le cinéma mondial, le bon comme le mauvais : l'imagination. Dé­bordante, folle, précise, mania­que (les mariages de plans, de sons et d'images sont inouïs), partant dans tous sens.

    Le plus fort dans ce film, qui est un peu le journal estival d'un Martien atterri par hasard au Portugal en pleine saison des incendies de forêt et des fêtes votives, c'est que Go­mes était parti pour fabriquer un documentaire sur les bals d'été dans la région de Coimbra. Là-dessus, il a trouvé judi­cieux d'ajouter une fiction sur un triangle amoureux adoles­cent, puis de nous tenir au cou­rant des 1001 reproches que la production signifie à son égard. Ces trois films imbri­qués - le tournage + le docu­mentaire + la fiction qui sort toute seule du documentaire-, il en apprivoise les différentes matières en composant autour d'elles des séquences poèmes et des séquences chansons. Il tente une rime, deux. Laisse re­poser. Montre autre chose. Re­vient, retravaille le motif. Sa virtuosité n'a d'égale que sa gi­vrerie. Allô le Samu cinéphile : il est là.

    Quand, pour conclusion, on assiste médusé à une conversa­tion délirante entre le cinéaste excédé et son ingénieur du son, qui, tel Jeanne d'Arc, «en­tend des voix», on sait que l'on repartira au moins une certitude : ces gens sont fous à lier, ces gens sont grands."

    Philippe Azoury, Libération

Vous en parlez

A propos de

  • Miguel Gomes

    Né à Lisbonne, en 1972. Il fréquente l’Ecole Supérieure de Théâtre et Cinéma (Escuela Superior de Teatro e Cinema). Il travaille en tant que critique...

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Ce cher mois d'août

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Notes

7/10  (2)

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  • elPoto au sujet de : 4 mois, 3 semaines et 2 jours

      5/10

    Oui, c est fort, et fort bien filmé, mais c est tellement sombre qu au final on ne voit pas bien l intérêt.