Films

Le Pornographe

Réalisation

De Bertrand Bonello - France - 2000 - 1h48min

Pitch

Jacques Laurent, pornographe en vogue dans les années 70, se remet à tourner des films pornos à la suite de difficultés financières. Quelques années auparavant, son fils Joseph, avait claqué la porte lorsqu'il avait découvert les véritables activités de son père. Le temps a passé. Aujourd'hui Joseph a 17 ans. Le père et le fils se retrouvent au moment où Jacques cherche comment finir sa vie, et Joseph à donner un sens à la sienne.

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Acteurs :

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Informations techniques :

  • : Couleur
  • : Long metrage
  • : Français

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  • Télérama

    Télérama

    " Car il y a Léaud, bien sûr, mythe vivant qui porte avec lui une histoire du cinéma. En faisant de lui un réalisateur sur le retour, un peu largué, Bonello prend en charge àla fois sa mythologie et son revers douloureux. Là encore, il ne triche pas : son film a la valeur d'un documentaire juste et honnête sur Léaud, son accablement, ses tourments, sa manière unique d'incarner l'existence et le cinéma ensemble. C'est avec un certain vertige qu'on écoute le long monologue final, déballage très beau, qui prolonge, en le ravivant, celui débuté près de vingt ans avant dans La Maman et la Putain.

    A l'opposé de cette justesse, il y a l'obscénité. Pas forcément celle qu'on croit. Le film nous place face à nos contradictions, entre phantasmes (qui aujourd'hui n'a jamais regardé un porno ?) et jugements moraux (le lien du porno à la prostitution...). Bonello montre surtout que l'obscénité a plusieurs visages, le pire avançant masqué, s'insinuant, par exemple, dans les questions intrusives d'une journaliste. L'indécence, c'est aussi cette échappée libre au cours de laquelle Léaud décide soudain de suivre une femme dans la rue, de se faufiler jusque chez elle, réalisant un phantasme vieux comme le monde : pénétrer l'intimité des gens, à leur insu. Cette femme espionnée  paraît, à ce moment précis, mille fois plus vulnérable et à nu qu'Ovidie dans le film porno.

    De la chair à la grâce, il n'y a qu'un pas que Bonello franchit allegro, dans le sillage de Pasolini, influence finalement majeure ici. Cette grâce, même présente dans les scènes un peu naïves du mouvement de résistance muette créé par la bande de copains de son fils, passe souvent par le silence et la musique. Qu'il s'agisse de la danse déchaïnée, instant de délivrance, sur les Rita Mitsouko. Des ponctuations harmonieuses au clavecin. Des mots énoncés avec calme et résonance (les acteurs, d'André Marcon à Catherine Mouchet, sont ici de grands récitants). C'est le mystère du Ponographe : créer un sentiment d'amplitude intemporelle, tel qu'on peut en ressentir dans un lieu de recueillement. Pas une cathédrale, plutôt un temple ou un sanctuaire, un asile à ciel ouvert, caché derrière les arbres, invisible, imaginaire."

    Jacques Morice, Télérama
  • Cahiers du Cinéma

    Cahiers du Cinéma

    " La pornographie est à la fois au centre et à la périphérie d'un film dont la texture, dépouillée et cristalline, est grave, voire dépressive, tout en étant légère, assez proche en ce sens du premier film de Bertrand Bonello, l'inaperçu, prometteur et sous-estimé Quelque chose d'organique. Elle est une réalité, montrée à travers le récit d'un tournage, en même temps qu'une métaphore qui vaut pour le cinéma tout entier.
    Cette dimension réflexive est un des fils du Pornographe mais pas le seul. Car là où un discours un brin didactique pourrait menacer d'envahir son film, Bonello invente toute une série de stratégies pour y échapper. Une grande partie de la force du Pornographe tient d'abord à son rythme et à son sens aigu des durées.
    Chaque séquence semble encadrée par une série de points de suspension qui libèrent cette part obtuse du sens qui résiste à la signification. Le mouvement entier du film est contenu dans cette manière d'infuser du silence au coeur des plans (...)
    La pratique de la mise en scène est ici un art de la fugue, à tel point que les plus belles séquences de ce film intense sont presque toujours musicales (...) chaque séquence se métamorphosant peu à peu en une ritournelle autonome."

    Thierry Jousse, Cahiers du Cinéma

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Le Pornographe

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Notes

9/10

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  • elPoto au sujet de : Le Voyage aux Pyrénées

      7/10

    Assez rigolo dans le genre loufoque mais aussi poétique et sensuel. Merci les frères Larrieu.