Le Pornographe
Acteurs
Avec Jean-Pierre Léaud, Jérémie Rénier, Dominique Blanc, Catherine Mouchet, Ovidie, André Marcon, Thibault de Montalembert, Alice Houri, Laurent Lucas, Guillaume Verdier, Clara Choveaux, Violetta Sanchez, Richaud Valls, Jérémie Elkaïm, Thomas Blanchard, TitofPitch
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Acteurs :
- : Jacques Laurent
- : Joseph
- : Jeanne
- : Olivia Riochet
- : Jenny
- : Louis
- : Richard
- : Monika
- : Carles
Equipe du film :
- : Bertrand Bonello
- : Bertrand Bonello
- : Josée Deshaies
- : François Maurel
- : Romane Bohringer
- : Elisabeth Mehu
- : Romain Denis
- : Fabrice Rouaud
- : Bertrand Bonello
- : Laurie Markovitch
- : Haut et Court
- : Caroline Benjo
- : Barbara Letellier
- : Carole Scotta
- : Stéphane Choquette
- : Simon Arnal
- : Bruno Jobin
- : Haut et Court
- : In Extremis Images
Dates :
- : 03/10/01
Informations techniques :
- : Couleur
- : Long metrage
- : Français
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Thèmes
Ils en parlent
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Télérama
" Car il y a Léaud, bien sûr, mythe vivant qui porte avec lui une histoire du cinéma. En faisant de lui un réalisateur sur le retour, un peu largué, Bonello prend en charge àla fois sa mythologie et son revers douloureux. Là encore, il ne triche pas : son film a la valeur d'un documentaire juste et honnête sur Léaud, son accablement, ses tourments, sa manière unique d'incarner l'existence et le cinéma ensemble. C'est avec un certain vertige qu'on écoute le long monologue final, déballage très beau, qui prolonge, en le ravivant, celui débuté près de vingt ans avant dans La Maman et la Putain.
A l'opposé de cette justesse, il y a l'obscénité. Pas forcément celle qu'on croit. Le film nous place face à nos contradictions, entre phantasmes (qui aujourd'hui n'a jamais regardé un porno ?) et jugements moraux (le lien du porno à la prostitution...). Bonello montre surtout que l'obscénité a plusieurs visages, le pire avançant masqué, s'insinuant, par exemple, dans les questions intrusives d'une journaliste. L'indécence, c'est aussi cette échappée libre au cours de laquelle Léaud décide soudain de suivre une femme dans la rue, de se faufiler jusque chez elle, réalisant un phantasme vieux comme le monde : pénétrer l'intimité des gens, à leur insu. Cette femme espionnée paraît, à ce moment précis, mille fois plus vulnérable et à nu qu'Ovidie dans le film porno.
De la chair à la grâce, il n'y a qu'un pas que Bonello franchit allegro, dans le sillage de Pasolini, influence finalement majeure ici. Cette grâce, même présente dans les scènes un peu naïves du mouvement de résistance muette créé par la bande de copains de son fils, passe souvent par le silence et la musique. Qu'il s'agisse de la danse déchaïnée, instant de délivrance, sur les Rita Mitsouko. Des ponctuations harmonieuses au clavecin. Des mots énoncés avec calme et résonance (les acteurs, d'André Marcon à Catherine Mouchet, sont ici de grands récitants). C'est le mystère du Ponographe : créer un sentiment d'amplitude intemporelle, tel qu'on peut en ressentir dans un lieu de recueillement. Pas une cathédrale, plutôt un temple ou un sanctuaire, un asile à ciel ouvert, caché derrière les arbres, invisible, imaginaire."
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Cahiers du Cinéma
" La pornographie est à la fois au centre et à la périphérie d'un film dont la texture, dépouillée et cristalline, est grave, voire dépressive, tout en étant légère, assez proche en ce sens du premier film de Bertrand Bonello, l'inaperçu, prometteur et sous-estimé Quelque chose d'organique. Elle est une réalité, montrée à travers le récit d'un tournage, en même temps qu'une métaphore qui vaut pour le cinéma tout entier.
Cette dimension réflexive est un des fils du Pornographe mais pas le seul. Car là où un discours un brin didactique pourrait menacer d'envahir son film, Bonello invente toute une série de stratégies pour y échapper. Une grande partie de la force du Pornographe tient d'abord à son rythme et à son sens aigu des durées.
Chaque séquence semble encadrée par une série de points de suspension qui libèrent cette part obtuse du sens qui résiste à la signification. Le mouvement entier du film est contenu dans cette manière d'infuser du silence au coeur des plans (...)
La pratique de la mise en scène est ici un art de la fugue, à tel point que les plus belles séquences de ce film intense sont presque toujours musicales (...) chaque séquence se métamorphosant peu à peu en une ritournelle autonome."












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