Raining stones
Réalisation
Acteurs
Avec Julie Brown, Tom Hickey, Ricky Tomlinson, Bruce Jones, Christine Abbott, Karen Henthorn, Gemma Phoenix, Geraldine Ward, Mike Fallon, William AshPitch
Voir la fiche technique
Acteurs :
- : Anne
- : le Père Barry
- : Tommy
- : Bob
- : May
- : la jeune mère
- : Coleen
- : Tracey
- : Jimmy
- : Joe
Equipe du film :
- : Martin Johnson
- : Ann Sinclair
- : Stewart Copeland
- : Ray Beckett
- : Jim Allen
- : Ken Loach
- : Barry Ackroyd
- : Jonathan Morris
- : Channel Four Films
- : Parallax Pictures
- : Diaphana
Dates :
- : 06/10/93
Informations techniques :
- : Couleur
- : Long metrage
- : Anglais
Thèmes
Ils en parlent
-
Télérama
"Qui sont donc ces voleurs de moutons et de gazon ? A ma gauche, Bob, chômeur tout comme sa femme, Anne , désespéré de ne pouvoir payer à sa fille, une robe de communion solennelle. A mon extrême gauche, son copain, Tommy (l'extraordinaire Ricky Tomlinson, déjà vu dans Riff-Raff), chômeur également, comme tout le monde dans la cité, qui masque sa honte et son désespoir sous une gouaille décapante (...)
Voleurs de moutons et de gazon, donc, à l'occasion. Mais aussi égoutier improvisé ou videur de boîte de nuit : Bob accepterait n'importe quel job pour pouvoir acheter cette fichue robe de communion (...) on est au coeur du film. La robe de communion, en soi, n'est rien. Mais ce qu'elle représente, pour Bob, à ce moment précis de sa vie, est tout. Tout ce qui lui reste, tout ce qu'il tente de préserver : sa dignité, un « lambeau de dignité » peut-être, comme le dit Ken Loach, mais un lambeau indispensable à sa survie. Tout et rien.
Curieusement, on tient là l'exacte définition de ce qu'est le « MacGuffin » chez Hitchcock : un objet en soi dérisoire, parfois même inexistant, mais d'une extrême importance pour les personnages du film. La robe de communion est un « MacGuffin ». Et Raining Stones, à sa manière, est un polar, plein de suspense, dont on ne dévoilera pas l'issue : qu'y a-t-il de plus angoissant que la survie ? Un polar, mais aussi une comédie ! (...) Raining Stones est un film rare." -
Cahiers du Cinéma
" Raining Stones confirme l’orientation de Ken Loach depuis Riff-Raff. Loach est revenu à des films moins ambitieux, financés principalement par la télévision et ayant trait à l’Angleterre d’aujourd’hui. Mais, loin du formalisme un peu appuyé du très beau Looks and Smiles (tourné en noir et blanc), Loach a choisi de rester fidèle à ses préoccupations tout en évitant les excès de pathos dont ont pu souffrir certains de ses films précédents (Fatherland)...
La première chose qui frappe dans Raining Stones est ce sentiment de malaise face à un no man's land économique et humain saisis par un filmage sans complaisance : le style de Loach, qui emprunte au documentaire, n’est pas à proprement parler du cinéma-vérité. Les personnages centraux du film sont très écrits mais, en revanche, leur univers est peuplé par des gens que Loach filme au détour d’une rue ou à la sortie d’un pub. Passe alors un sentiment de vie qui ne cède jamais la place à l’attendrissement forcé ou au sentimentalisme...
(...) On retrouve dans Raining Stones ce qui fait aussi le meilleur de Loach un découpage minimal, une grâce véritable dans la direction d’acteurs, qui tend toujours vers la justesse sans jamais sombrer dans le vérisme sordide. Et l’objet film de trouver une cohérence véritable avec le monde qu’il dépeint (...) Acteurs non professionnels recrutés sur le terrain, scénario écrit par un type (Jim Allen) qui sait de quoi il parle et structure légère (16 millimètres) pour mieux habiter les lieux et coller à la réalité. Ni film à thèse, ni pamphlet vitriolé, Raining Stones épingle sur le ton de la comédie crue(lle) les petites misères ordinaires de Bob et Tommy, chômeurs catholiques parmi d’autres dans cette banlieue sinistrée de Manchester.
Pour survivre, souci principal, ils accumulent des larcins mineurs et minables (voler un mouton qu’ils n'osent pas assommer, voler puis revendre leur pelouse aux conservateurs). C’est le côté léger malgré tout du film. Mais pour préserver la dignité (mise à mal quand Tommy est réduit à accepter de l’argent de sa fille), Bob, qui veut à tout prix que sa fillette communiante soit sapée comme une princesse, va devoir emprunter. Et la terreur de trancher dans l’humour gaillard avec l'apparition d’un très méchant usurier. On a droit alors à une puissante scène de menace où ça ne rigole plus du tout. Excédant ce qui faisait la force de Riff Raff, on sent Loach un chouïa plus accablant avec ses personnages, et plus présent en tant que metteur en scène ficelant des moments forts, émouvants, drôles ou à suspense.
Cette maîtrise n’entame pas sa morale cinématographique... "























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