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Cannes 2013 : Justine Triet gagne "La Bataille de Solférino"

Au Festival de Cannes, l'association des cinéastes indépendants, l'Acid, mène une (contre)programmation qui fait feu de tout bois. Après son court très remarqué (Vilaine fille, mauvais garçondisponible ici même en vod), Justine Triet y présente son premier long et sa Bataille de Solférino, y a remporté tous les suffrages. Dans le presque huis-clos d'un appartement, un couple va s'affronter autour de leurs deux enfants tandis qu'à l'extérieur se déroulent les élections présidentielles opposant Sarkozy et Hollande. D'une situation intime explosive sur fond de situation collective toute aussi explosive (?), la réalisatrice fait naître une comédie toute en ruptures de tons et échappées documentaires. Elle nous raconte comment s'est déroulé le tournage de ce film hilarant mais qui révèle aussi, dit-elle, "les monstres qui sont en nous".

La foule est filmée comme un grand corps et on retrouve les personnages comme des particules qui le traversent.

Justine Triet : C'est comme une bête, une spirale infernale et anxiogène, on est dehors dans la rue et en même temps enfermé. Et puis c'est l’idée, d'arriver à montrer que l'histoire des personnages est minuscule comparée à ce qui arrive, ce grand écart entre nos vies personnelles et puis tout à coup la puissance des événements. Pas parce qu'ils sont majeurs mais juste parce qu'ils nous dépassent. À dire comme ça, ça paraît con, mais quand on arrive à le faire ressentir, ça devient intéressant. Et puis c’était un luxe énorme d'avoir dix mille figurants et de les utiliser vingt minutes dans un film d'une heure et demie !

Vous étiez très organisés ?

Pour le second tour du 6 mai, nous étions ultra préparés, parce qu’on savait qu’on pouvait très vite être submergés par le nombre de scènes à tourner. Du coup, on a utilisé huit caméras en tout, réparties entre les sièges du PS, de l’UMP et Bastille. On a fait vingt-cinq heures de rushes en une seule journée et une partie de la nuit.

C’était un enfer parce que ça suppose huit chefs opérateurs, la location d’appartements, des tonnes d’autorisations qui sont arrivées au dernier moment. Sans compter qu’il fallait être crédible auprès des militants. Du coup, c’était important d’avoir le logo d’une télé pour que les interventions de Laetitia paraissent authentiques et qu’ils la considèrent comme une vraie journaliste. Il fallait qu’ils y croient. La notion de risque, depuis mon premier film Sur place, fait partie de mon plaisir au tournage. J’adore ça et en même temps j’ai toujours très peur qu’il y ait un accident, un truc qui fasse que tout s’écroule.

 

La Bataille de Solférino, à voir en salles à partir du 18 Septembre.

 

A voir sur Universciné :

d'autres films avec Vincent Macaigne :

- Ce qu'il restera de nous, court-métrage de et avec Vincent Macaigne

- Un Monde sans femmes, de Guillaume Brac

 

d'autres films sélectionnés par l'Acid (Cannes 2012)

- La Vierge, les Coptes et moi, de Namir Abdel Messeeh

- Sharqiya, de Ami Livne