Simenon, c'est l'enfer à deux
Romancier et scénariste vedette des années 60/70 (la série Angélique, plusieurs films avec Gabin...), Pascal Jar...
Reclus dans leur petit pavillon, Julien et Clémence vivent ensemble en s'ignorant. Quand Julien recueille un chat, Clémence se sent trahie. La haine grandit...
Reclus dans leur petit pavillon, un couple vieillissant ne se parle plus et fait lit à part. Ils ont été heureux autrefois, mais, leur affection s'est lentement muée en hostilité. Le jour où Julien recueille un chat abandonné, Clémence se sent trahie et la tension monte... Réunis pour la première fois à l'écran, Gabin et Signoret deux des plus grandes stars du cinéma français d'avant-guerre, forment un couple fascinant, où plus rien ne lie leurs personnages sinon la déception et la haine. L'une des meilleurs adaptations d'un roman de Simenon (le réalisateur tournera par la suite "La Veuve Couderc", "Le Train" et "L'Etoile du nord") devenue un classique.
Le lecteur n'est pas installé ?
Pour votre information, la lecture en mode hors-ligne n'est pas compatible avec le système d'exploitation Linux
" ... Ainsi Granier-Deferre a-t-il transformé des rancunes de vieillards qui, dans le roman ne se sont jamais aimés, et
" ... Ainsi Granier-Deferre a-t-il transformé des rancunes de vieillards qui, dans le roman ne se sont jamais aimés, et n'ont uni que tardivement leurs deux solitudes, en l'histoire d'amour la plus désespérée qui soit. Celle, dont on sort tout chamboulé, d'un homme et d'une femme qui ne se supportent plus, mais qui ont tellement de choses en commun qu'ils ne peuvent se passer l'un de l'autre (...)
Cette audace dans l'adaptation, qui enrichit prodigieusementle roman, on ne la retrouve ni dans la construction, ni dans la mise en scène. Granier-Deferre aurait sans doute gagné à ne pas imiter Simenon et donc à remettre le récit dans son ordre chronologique : à garder pour la fin la situation initiale -d'une force dramatique surprenante- des deux époux confits dans le silence hostile d'une communauté réduite aux aguets (…)
On lui doit, surtout, l'heureuse initiative d'avoir réuni pour la première fois sur un écran Jean Gabin et Simone Signoret. Rencontre explosive. Scènes de ménage en tout genre. Il faut avoir vu le couple, blanc de haine et de chagrin, s'envoyer à la figure ses quatre vérités, lors d'affreuses et tonitruantes plongées dans le passé.
On pouvait croire que ce vieux kangourou de Gabin mettrait aisément sa partenaire dans sa poche. C'était compter sans l'aptitude de Simone Signoret à se glisser dans cette vieille peau pathétique, à opposer ses supplications indécentes et ses souffrances muettes à l'impassibilité glaciale de son ennemi intime..."
" C'était une entreprise des plus ardues que de traduire en images le roman de Simenon (...) Atmosphère étouf
" C'était une entreprise des plus ardues que de traduire en images le roman de Simenon (...) Atmosphère étouffante. Personnages au paroxysme de la désespérance. Ils ne pourront plus jamais s'entendre. Plus jamais. L'homme, que reproche-t-il à sa compagne ? D'avoir trahi sans mesure l'image d'elle qu'il avait aimée – de ne savoir pas se faire pardonner une pareille métamorphose. La femme ? Elle éprouve le sentiment d'une profonde injustice.Elle ne comprend pas le dégoût de son vis-à-vis, ses refus butés, sa hargne (...)
Le cinéaste s'attache à deux idées personnelles très discutables : lier l'histoire au mythe moderne de l'incommunicabilité (mais il s'agirait plutôt d'une fin de communication !), vouloir à tout prix que tout ce qui est croulant soit détruit (l'image du poids lourd lancé contre les ruines). Symbolisme facile.
Le film, toutefois, atteint son objectif, qui est d'enfermer le spectateur dans une situation propre à communiquer un malaise presque aussi réel que celui dont se plaignent les personnages (...) Granier-Deferre apporte beaucoup de soins à définir par de minutieuses mises en place un climat physique et moral, une tension psychologiques difficiles à supporter. Il tire le meilleur parti du talent des deux interprètes (...) Gabin dont les silences massifs et les colères de tête ont rarement trouvé meilleur emploi. Signoret lui ajoute le courage au savoir-jouer en assumant des apparences aussi rebutantes..."
" Pour Gabin,, nous croyions n'avoir plus rien à apprendre de lui. Pourtant ici il égale ce maître que fut Luc
" Pour Gabin,, nous croyions n'avoir plus rien à apprendre de lui. Pourtant ici il égale ce maître que fut Lucien Guitry et plusieurs fois il m'a rappelé son jeu tout intérieur dans Morte la bête. Simone Signoret, avec des moyens différents, est aussi bouleversante. Marguerite dissimule moins ses sentiments qu'Emile. Cette sensation qu'elle a de se heurter constamment à un mur, Signoret l'exprime avec force et sincérité.
Pourtant c'est porter sur Le Chat un jugement bien superficiel que louer seulement le thème et le jeu des acteurs. Le découpage de Granier-Deferre et Pascal Jardin est d'une rare subtilité. Au début, nous voyons le couple dans l'attitude d'hostilité qu'il a fini par adopter. De rapides flash-backs indiquent sans insister comment ils en sont arrivés là. Puis commence un long retour en arrière où le chat joue un rôle essentiel, où son meurtre est ressenti par Marguerite, aussi bien que par Emile, comme une tragédie (…)
Granier-Deferre a sans doute craint que cette atmosphère confinée ne nous paraisse trop pesante. Il a accordé au décor une large place. Cela nous vaut des images très belles, très frappantes. Mais s'il s'était montré plus allusif il n'aurait pas donné l'impression de chercher un inutile symbole en nous montrant la destruction d'un quartier parallèlement à celle de deux vies.
Cette légère restriction ne retire rien à l'admiration que m'inspire ce film."
" A ce réalisme de l'environnement très caractéristique, s'ajoute l'emploi du retour en arrièr
" A ce réalisme de l'environnement très caractéristique, s'ajoute l'emploi du retour en arrière qui fait se confondre d'une séquence à l'autre, et parfois à l'intérieur d'une séquence, le présent et le passé. Cette pesanteur du temps, à travers la remontée dispersée des souvenirs et des impressions anciennes, est un élément essentiel de la méthode narrative de Simenon. Pierre Granier-Deferre l'a très bien compris et traduit en images. C'est ce qui fait l'intérêt et la qualité de cette adaptation.
Mais le film de Granier-Deferre est aussi une réflexion cinématographique sur l'univers de Simenon. Un univers très “avant-guerre”, comme la plupart de ses romans de moeurs, avec ses ouvriers, avec ses petits bourgeois, ses rues de banlieue, son populisme un peu sordide, son romanesque poisseux qui nous ramène à la mythologie des films français des années 30.
La présence de Gabin est, évidemment, la clé de voûte de cette réflexion. Imaginons, un instant, que Gabin ne soit pas mort dans Le Jour se lève de Marcel Carné et qu'il ait épousé Jacqueline Laurent. Voilà ce qu'ils seraient devenus, trente ans après et, avec eux, la banlieue ouvrière où ils s'étaient connus. Un certain cinéma, une certaine littérature se rejoignent ici dans une vision amère d'une société qui meurt; Gabin, vieilli, massif et sans coup de gueule spectaculaire, et Simone Signoret, pathétique dans la déchéance physique et la souffrance morale sont les derniers témoins d'un monde qui disparait."
" Naturellement, l'histoire eût sans nul doute été plus forte si elle avait été traitée au
" Naturellement, l'histoire eût sans nul doute été plus forte si elle avait été traitée au vitriol à la Clouzot ou à la Polanski. Telle qu'elle est, en demi-teinte, pleine de tendresse secrète et d'élans inavoués, elle dégage un charme subtil et profond."
Marcel Martin, 12/05/1971Nos offres d'abonnement
BASIQUE ETUDIANTS
| 1 | € |
| le 1er mois(1) |
SANS ENGAGEMENT puis 4,99€ /mois
Sur présentation d'un justificatif(2)
BASIQUE
| 1 | € |
| le 1er mois(1) |
SANS ENGAGEMENT puis 6,99€ /mois
PREMIUM
| 9 | ,99€ |
| /mois |
SANS ENGAGEMENT
* A l'exception des films signalés
CINÉPHILE
| 15 | ,99€ |
| /mois |
SANS ENGAGEMENT
*A l'exception des films signalés
BASIQUE ETUDIANTS
| 49 | ,99€ |
| /an |
Sur présentation d'un justificatif(2)
BASIQUE
| 69 | ,99€ |
| pour 1 an |
PREMIUM
| 99 | ,99€ |
| pour 1 an |
*A l'exception des films signalés
CINÉPHILE
| 175 | ,99€ |
| pour 1 an |
* A l'exception des films signalés
Vous devrez fournir un justificatif de scolarité (carte étudiante ou certificat, en .pdf ou .jpg).
UniversCiné se réserve le droit d'annuler l'abonnement sans possibilité de remboursement si la pièce
jointe envoyée n'est pas conforme.
Offre valable 12 mois à partir de la date de l'abonnement
_TITLE