Melville : "Je n'aime pas l'argot..."
Introduction
Ah, bon ? Après l'austérité du "Silence de la mer" et de "Bob le flambeur" (où il utilise l'argot autant qu'il aimait le faire dans la vie), le réalisateur explique la nouvelle tendance de son cinéma, amorcée avec "Léon Morin, prêtre" et "Le Doulos" où son style cherche à rebondir sur une efficacité du récit plus accessible au public... En fait, Melville explore un peu plus un style documentaire mêlé à une extrême stylisation style "film noir hollywoodien". De l'art du mélange, de l'emprunt, et de l'ambiguïté (non avoués) !
Article
" Un soir de janvier 1957, mon ami Jean Rossignol me téléphone en me disant: 'J'ai un livre pour toi.' Il m'adressait les 'bonnes feuilles' d'un roman à paraître dans la Série Noire et qui s'appelait Le Doulos.
Cela m'a, immédiatement beaucoup plu : pas tellement dans la forme, anecdotique, montmartroise, que je n'ai pas respectée, mais dans l'esprit.
Lesou a fait un documentaire sur Montmartre; au contraire, j'ai cherché à m'en éloigner, à 'prendre mes distances'. D'où le zoom symbolique au début, par lequel je quitte Montmartre... et Lesou. J'ai voulu dépasser aussi un certain style sordide en proscrivant, par exemple, totalement l'argot. Je n'aime pas l'argot au cinéma.Enfin, après l'échec de Deux hommes dans Manhattan, j'ai décidé de ne mettre en chantier que des films destinés au grand public, et non plus seulement à un petit nombre de cinéphiles éclairés. Je voulais toucher la masse des spectateurs, c'est humain, non ?
Léon Morin fut réalisé dans ce sens, et Le Doulos s'inscrit dans cette tendance. Cette audience nouvelle, c'est quelque chose de très important pour moi..."
Jean-Pierre Melville










elPoto au sujet de : Le Voyage aux Pyrénées
Assez rigolo dans le genre loufoque mais aussi poétique et sensuel. Merci les frères Larrieu.