Films

L'Armée des ombres

Réalisation

De Jean-Pierre Melville - France - 1969 - 2h15min

Acteurs

Avec Lino Ventura, Simone Signoret, Paul Meurisse, Jean-Pierre Cassel, Claude Mann, Serge Reggiani, Paul Crauchet, Christian Barbier

Pitch

Un réseau de résistants dans la France occupée. Petites mains, grands bourgeois, égéries, tortures et trahisons : le quotidien héroïque et sanglant des "soldats de l'ombre". En s'inspirant du roman de Joseph Kessel, Melville recrée sa jeunesse dans un film monument.

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Acteurs :

  • : Philippe Gerbier
  • : Mathilde
  • : Luc Jardie
  • : Jean-François
  • : Le masque
  • : Le coiffeur
  • : Félix
  • : Le bison

Equipe du film :

  • : Jean-Pierre Melville
  • : Joseph Kessel
  • : Jean-Pierre Melville
  • : Pierre Lhomme
  • : Jacques Carrère
  • : Françoise Bonnot
  • : Théobald Meurisse
  • : Eric Demarsan

Dates :

  • : 12/09/1969

Informations techniques :

  • : Couleur
  • : Long metrage
  • : Français

Bandes annonces et photos

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  • Un héros melvillien ?

    Quels contours pour une silhouette melvillienne ? Les codes (du cinéma) et les corps (des acteurs) sont bel et bien réinventés par le cinéaste...
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Ils en parlent

  • Télérama

    Télérama

    " On serait tenté de qualifier ce film de chef-d'oeuvre, si cette notion galvaudée ne renvoyait pas aussi souvent à l'art officiel. Officiel, le film se refuse de l'être, malgré son poids historique. Ancien résistant gaulliste, Melville l'a porté en lui vingt-cinq ans durant et n'a pu le réaliser qu'à la fin de sa carrière (...) Il montre un quotidien soumis à une tension permanente, où chacun doit se cacher, attendre, guetter, fuir, et parler le moins possible. Cette forme extrême d'engagement tend au cauchemar dépouillé (...)

    Filmant ces combattants clandestins comme des fantômes, des morts en sursis, Melville loue leur courage et leur abnégation sans céder à l'imagerie héroïque. L'Armée des ombres est une épure funèbre et hypnotique dans laquelle les hommes et les femmes, bien que liés par des convictions très fortes, sont immanquablement seuls. Au bout du compte, c'est par le biais de cette solitude mélancolique que ces silhouettes souveraines rejoignent le mythe."

    Jacques Morice, Télérama
  • Les Echos

    Les Echos

    " L'Armée des ombres, adaptée d'un roman de Joseph Kessel par Jean-Pierre Melville, évite, en tout cas, tous les excès du genre. Parce que Melville lui-même, résistant de la première heure, a vécu ces heures lourdes où l'héroïsme acculait parfois au meurtre, il a su, ici, les recréer avec une parfaite vérité, non seulement sur le plan de la reconstitution historique, mais aussi sur celui, plus personnel, de la sensibilité. (...) Pas de lyrisme donc, mais, à la manière du Melville qui mettait surtout jusqu'à présent son goût de l'héroïsme, de la solitude, du courage viril au service d'histoires policières, un romantisme qui risque de décontenancer les générations du Hitler, connais pas !"

    Le 19 septembre 1969, Les Echos
  • Combat

    Combat

    "Les intentions de Melville et son écriture n'ont jamais été aussi bien servies : la direction de photo de Pierre Lhomme est un élément capital de cette réussite, et il faut souligner le fait que la nouvelle pellicule Eastman-Kodak reçoit ici sa plus belle démonstration. On sait que beaucoup plus sensible que la précédente, elle a permis à Melville tous les effets de nuit, les jeux d'ombres et de lumière, toute cette recherche dont Le Samouraï n'avait été que le point de départ. Désormais chaque plan est conçu, cadré, éclairé avec un soin qui témoigne de qualités d'architecte et de peintre. Mais ce ne sont pas des performances gratuites d'esthète : dans L'Armée des ombres, le progrès technique est au service de l'émotion, la couleur et la lumière sont déterminantes dans l'expression des intentions. Dès lors, nécessité intérieure et beauté se confondent. Melville est l'un des rares cinéastes qui sache trouver le langage du grand nombre tout en restant un cinéaste racé."

    le 14 septembre 1969, Combat
  • Cahiers du Cinéma

    Cahiers du Cinéma

    " ... si le cinéma français ne manque pas, depuis la Libération, de films évoquant l’Occupation et la Résistance, il n’a pas réussi à se doter de la grande œuvre monumentale qu’appelle, davantage encore que la nécessité d’évoquer une époque historique cruciale, le retour à la tête du pays du général De Gaulle en 1958. Ce film-là, on a pourtant tenté de le faire deux ans plus tôt, c’était Paris brûle- t-il ? Confier au réalisateur de La Bataille du rail un équivalent tricolore du Jour le plus long pouvait paraître une bonne idée, du moins du point de vue de ses promoteurs. Elle s’est transformée en son et lumière pompeux et vain. L’Armée des ombres accomplit la commande officielle (qu’elle ait été ou non formulée) que n’a pas su réussir René Clément. Il faut aussi remarquer que, mise en chantier en 1968, la réalisation de L’Armée des ombres se fait au moment où le règne gaulliste se termine. Lorsque le film sortira, le 12 septembre 1969, De Gaulle aura quitté le pouvoir. Même si ce n’est sans doute pas conscient dans l’esprit de Melville, les sombres accents de son film accompagnent une époque de l’histoire qui s’achève - qui s’est, en fait, achevée en Mai 68-, celle de la saga gaulliste (...)

    Monumental, L’Armée des ombres ? Oui, par sa durée, les moyens déployés, l’ampleur des faits et des figures évoqués (jusqu’à l’apparition bord cadre du Général lui-même), bref par la volonté évidente de faire référence. Mais un monument bâti de pierres sombres et muettes, et qu’on dirait parfois accumulées pour faire masse plutôt qu’agencées par une dramaturgie «payante» sur le terrain du spectacle  (...) Interminable scène d’exposition, refus systématique du spectaculaire, confusion des motivations (...), interminable période de silence et d’obscurité dans la planque où Lino Ventura se rétablit après l’évasion, coups de forces narratifs injustifiés, apparitions-disparitions de protagonistes, noirceur abstraite d’un cauchemar qui s’inaugure dès le plan d’ouverture avec le fantomatique défilé de la Wermacht place de l’Etoile, L’Armée des ombres est une véritable machine infernale contre les canons du genre.

    (...) Loin de toute scénarisation classique, L’Armée des ombres est une sorte de chronique émiettée  (...)  De même, on a parlé de l’impressionnante sobriété du jeu des comédiens, mais c’est que leurs personnages sont comme vidés de l’intérieur, ce sont des morts en sursis et qui le savent. L’Armée des ombres est une tragédie dont tous les protagonistes connaîtraient, avant même le début, la fatalité de leur destin. Il n’y est d’ailleurs jamais question de motivations, encore moins d’espoirs, seulement de technique, d’efficacité, pour que ce vers quoi ils marchent s’accomplisse. Ils y vont parce que c’est ainsi..."

    Jean-Michel Frodon, Cahiers du Cinéma

Vous en parlez

A propos de

  • Jean-Pierre Melville

    Né en 1917 à Paris et décédé en 1973, il est l'un des cinéastes français les plus admirés à l'étranger. Et l'un des plus copiés...

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L'Armée des ombres

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