Téleacute;chargez et regardez le meilleur du cinéma indépendant
Video On Demand
   
 
Souscrivez à la newsletter
 Email
Recherche par th&eagrave;mes
 
 

De Robert Guédiguian. France - 1981
Le tout premier film de Guédiguian. Avec déjà Ariane Ascaride et Gérard Meylan (seize ans avant d'être "Marius et Jeannette"). Déjà Marseille. Et l'observation d'un pays, l'engagement politique, l'amitié... Les illusions et la lucidité.
Détection du plugin flash.

Télécharger le plugin Flash

Ragazzi de Marseille

Etudiant déçu par la politique, Robert Guédiguian se lance, en 1980, dans l'aventure d'un premier film, "Dernier été", coréalisé avec un copain et tourné avec ses amis d'enfance. Une oeuvre en forme d'adieu à la jeunesse où plane l'ombre de Pasolini.
 

Jacques Boudet, patriarche tranquille de la tribu Guédiguian

Grand corps massif, habitué des seconds rôles au cinéma, cet acteur de théâtre a trouvé avec la tribu Guédiguian une famille dont il est, souvent, le patriarche.
 

Guédiguian, le cinéma par la bande

"Le cinéma n’est pas pour moi un métier, c’est une façon de vivre avec mes amis." Parce qu'il voit le quartier de Marseille où il a grandi se dissoudre dans la modernité, l'ancien militant communiste prend sa caméra et fait tourner ses amis : Gérard Meylan l'infirmier et Ariane Ascaride sa femme seront acteurs, Malek Hamzaoui abandonnera l’architecture pour devenir son directeur de production. Portrait d’homme avec groupe.

« De cette banlieue marseillaise, Guédiguian et Le Wita extraient les effluves sensuelles, la douceur agressive des compagnons de comptoir, la moiteur des siestes interrompues.

Ils nous imprègnent d’odeurs et de bruits avec une grâce qui n’exclut pas la rigueur. Ils nous montrent, attendris, à n’en plus pouvoir, de misérables sortilèges. Ils savent bien qu’à travers l’ordinaire du quotidien se célebrent de grands mystères.

Le premier mérite de Dernier été  réside dans le compte rendu d’un milieu où les accents de vérité bouleversent tranquillement, où de pauvres paroles cachent des trésors de générosité.

Le Wita et Guédiguian ont débusqué les cœurs trop pleins derrière les mots trop vides. Ils ont su écouter. Pourtant, « ces gens-là », pour la plupart ne sont guère exemplaires : demi-sels de banlieue, voyous occasionnels, ils respirent la délinquance et, lorsque se produit le drame, il ne nous surprend pas vraiment. Ça planait dans l’air. En revanche, il nous afflige, nous révolte, c’est trop con tout cela !

Deuxième mérite du film : ne pas juger. (…) Comment ne pas aimer les personnages en ce qu’ils ont de vrai ? Ils sont tous beaux dans leur tête, et ça transparaît à travers leur corps. (…) Je serai presque tenté de qualifier de serein le regard que Guédiguian et Le Wita portent sur leurs héros. Pas plus qu’eux, ils  ne s’indignent ni ne se révoltent ; ils se contentent de nous montrer une situation indigne et révoltante. (…) C’est une œuvre débordante de pudeur et de tendresse (…) Enfin, le troisième mérite du film, et non des moindres, réside dans l’émergence de la fiction au-dessus de l’aplat documentaire. La force de Dernier été est de nous montrer, par la mise en scène, et par elle seule, que le drame naît du quotidien ; peut-être aussi nous amène-t-il à réfléchir sur la traditionnelle opposition fiction/documentaire ? Comme si tout bon film n’était pas forcément un documentaire… »



Alain Carbonnier, Cinéma 1981
 

"Dernier été restitue avec une infinie justesse ce que peut être le brouhaha des conversations d’un café, la gestuelle du mâle méditerranéen, sa pudeur exubérante, les mots simples et les silences de l’amitié, la joie insouciante d’une baignade, les ombres qui vont de pair avec le soleil, l’attitude à la maison et au bistro, l’alcoolisme aussi naturel que l’air qu’on respire, les sentiments muets, la pureté, l’amour et la sensualité sans embarras ; direction des acteurs, sensibilité des images, intelligence du sujet, tout y est remarquable ; un film exemplaire. "



Eric de Saint-Angel, Le Matin de Paris
 

 "Dernier été a pour cadre les paysages utilisées à quinze ans d’intervalle par René Allio dans La Vieille dame indigne et dans L’Heure exquise, ceux de l’Estaque. Sauf que les protagonistes n’appartiennent plus au bel autrefois, mais très exactement à cet été 1980 où fut tourné le film, où le chômage rôde sans entamer la bonne humeur naturelle ni l’accent chantant des copains.
Ils sont quatre garçons, deux filles. Gilbert se détache, nous révèle petit à petit son visage, son caractère, ses ambitions et ses frustrations. Josiane, son amie, le rejoint à pas comptés, vers un bonheur inscrit dans le meilleur des ciels romanesques, si l’ironie du destin ne portait l’aventure aux rives de la tragédie. "



Louis Marcorelles, Le Monde
 

"… Ce que goûtait certainement Renoir chez Pagnol c’était la sève d’authenticité (Renoir, plus tard, devait utiliser cette formule à propos des premiers films de Claude Chabrol).

C’est une belle sève d’authenticité qui coule dans Dernier été. Des gens existent sur l’écran, une banlieue populaire de Marseille existe, ce quartier de l’Estaque, très décentré par rapport à la grande ville, ce quartier de l’Estaque où avait vécu La Vieille dame indigne de René Allio et dont on retrouva quelques aperçus dans Pierre et Paul. Ce cinéma de jeunes auteurs (nous avons affaire à un premier film) est simple et savant à la fois. Il est simple parce que ses figures narratives s’apparentent à la chronique, à un vérisme qui récuse autre chose que des notations saisies à partir d’une connaissance approfondie du lieu et des gens, d’une familiarité vécue sur le tas. Il est déjà savant parce qu’avec des moyens relativement modestes, avec le recours à une interprétation majoritairement non professionnelle, toutes les indications sont en place, et les durées sont justes.


Il y a une très belle histoire d’amour, très affective et très charnelle.Il y a le chômage des jeunes et ce que j’appellerai la « petite délinquance », des chapardages, un hold-up naïf, des vols de voitures et finalement un petit « casse minable qui finit en tragédie. Il y a des filles qui travaillent en usine de biscuit, un soudeur au chômage dans les bassins de radoub, un camionneur. Il y a des retraités dont un accidenté du travail. Il y a la fumée des cimenteries et la plage, le petit port. Tout un univers est ainsi construit, reconstitue par l’observation et l’invention (tout est fiction dans Dernier été).

L’observation visuelle est aiguë. Elle retourne sur certains lieux de rencontres (le bar en particulier), elle nous fait découvrir des intérieurs familiaux, elle parcourt le dédale de ruelles tortueuses de ce vieux quartier même avec l’intrusion de quelques modernes bâtissses. La gestuelle est exacte, précise car elle a été retenue depuis la réalité gestuelle des habitants de l’Estaque. Mais une des choses qui distingue le plus Dernier été est le travail effectué sur les dialogues, et là encore on repense à Pagnol. Certes des idiotismes marseillais très particuliers (« être nasqué » = être ivre, « se frapper une seigle » = se masturber, etc.) sont cités, sans aucune opacité d’ailleurs car leur mise en situation est toujours évidente, mais aussi une utilisation marseillaise du français le plus courant localise, sans aucun folklore, le parler. « J’ai fini journée » dit le camionneur aux deux jolies filles qu’il reconduit près de chez elles.

C’est tout un monde de copains, avec ses rivalités et ses heurts, de copains, de copines, de rivaux entre lesquels persiste encore un rapport personnel. On pourra toujours dire que d’autres Marseillais et Marseillaises ont une autre conduite que ceux-ci et celles-là et les uns et les autres. Mais des auteurs ont toujours le droit de choisir leur sujet, de le situer et, en tout cas, Dernier été est un film qui vit, qui respire, à un souffle de la réalité de la rocaille et la mer, entre les fumées blanchâtres qui s’échappent des cheminées industrielles, le chemin de fer qui longe la côte, et les miroitements du soleil sur les flots, l’ombre des terrasses de café en plein air, les lumières crues, la musique un peu tonitruante des bals contrastant avec les citations de Vivaldi. "


Albert Cervoni, L'Humanité
 

" Le souci prédominant des auteurs de Dernier été, c’est la justesse de ton. La précision des petits gestes quasi imperceptibles, qu’on remarque au passage et qui témoignent d’une observation pertinente, généreuse sans ostentation, sensible sans insistance sentimentale, colorée d’humour sans qu’on cède jamais à la tentation de la caricature. Bien sûr, ils emploient des comédiens soit débutants, soit non professionnels, mais ils ne s’en accordent pas pour autant les facilités de l’improvisation négligée. Ces comédiens ont des scènes à jouer qui ne sont pas toujours simples, des personnages à camper, des silhouettes à dessiner dont le trait ne doit pas s’estomper dans l’instant mais dont la présence doit devenir essentielle à la bonne marche du film.

A la fin de la projection, on est tout autant concerné par les personnages secondaires qu’on l’est par les malheureux héros du film. « Banane », toujours fatigué et dont les congés de maladie se prolongent indéfiniment (Djamal Bouanane), « le Muet », qui sait si bien cacher son désarroi sous sa bonne humeur espiègle (Malek Hamzaoui) nous sont aussi familiers, aussi proches que Gilbert et Josiane, les amoureux que la vie et ses sottises irréparables vont séparer tragiquement (Gérard Meylan et Ariane Ascaride). Je ne vois pas quel compliment plus flatteur on pourrait adresser aux auteurs de Dernier été, puisque tant de cinéastes ne parviennent pas à nous convaincre de la nécessité qu’il y a à nous montrer ce qu’ils nous montrent.

Pourtant, cela ne suffit pas à dire l’intelligence qu’ils ont mise à l’élaboration de leur scénario, discrètement placé sous le signe de Pasolini et de ses Ecrits corsaires. Ni le sens qu’ils ont de l’image, celle qui coule de source, qui ne trahit aucune prétention théorique et qui n’en est pas moins réfléchie, calculée. Ni la dimension poétique qu’ils savent accorder à certains moments privilégiés de leur récit (Gilbert se retrouvant face à sa trompeuse liberté, après avoir quitté son job ou s’imposant l’épreuve d’un plongeon périlleux, dans une calanque, pour se prouver que la force de son adolescence enfuie est demeurée intacte).

C’est, évidemment, aux aventures juvéniles que le néoréalisme italien et ses héritiers ont si souvent mises en scène que cette modeste chronique marseillaise nous fait songer : on ne peut pas s’empêcher de songer, non plus, aux rares cinéastes français qui ont su aborder le monde prolétarien sans se croire obligés de s’entourer des garanties du vieux naturalisme. On citera Rozier et Adieu Philippine et, plus près de nous, Bouthier et son « blues » du port de Sète, Touche pas à mon copain.

Robert Guédiguian et Frank Le Wita sont convaincus qu’il ne faut pas fermer les yeux sur les réalités du monde contemporain mais qu’il ne convient plus de se vouloir documentariste, ni d’assommer le spectateur à coups de vérités bonnes à dire arrachées sans autre forme de procès à la matière brute du réel social. Ils veulent façonner celle-ci provoquer un intérêt qui ne vienne pas exclusivement de ce qu’ils disent mais aussi de la façon dont ils le disent. Ils ont l’intuition qu’il faut, pour capter l’air du temps, nous rappeler ce qu’il a mis de menaçant mais aussi ce qu’il a de vif, ce qu’on y respire qui fait qu’on ne désespère pas tout à fait. Il faut que leur film soit accueilli avec toute la sympathie qu’il mérite et, surtout, qu’il soit suivi d’un autre film le plus promptement possible. Le cinéma français a rudement besoin de gens comme eux."



Michel Perez, Le Matin de Paris

Dernier été
De Robert Guédiguian
France
1980
01h25 min


(€ 4.99)
VF
Format WMV + DRM
Taille : 0.98 Go
 




 
Acteurs
Josiane : Ariane Ascaride
Gilbert : Gérard Meylan
Banane : Djamal Bouanane
le muet : Malek Hamzaoui
Martine : Joëlle Modola
Mario : Jean-Pierre Moreno
Boule : Jim Sortino

Fiche technique
Réalisation : Robert Guédiguian, Frank Le Wita
Scénario : Robert Guédiguian, Frank Le Wita
Direction de la photographie : Gilberto Azevedo
Son : Luc Perini
Décors : Régine Pignol
Costumes : Régine Pignol
Montage : Vincent Pinel

Date de sortie en France : 25/11/1981




 



 
Marie-Jo et ses deux amours
Mon père est ingénieur
Ville est tranquille, La
A l'attaque !
Voyage en Arménie, Le
A la vie, à la mort !
Argent fait le bonheur, L'
Dieu vomit les tièdes
Ki lo sa ?
Marius et Jeannette
Rouge midi

A la place du coeur
Lady Jane
 
 
Nouveau sur le catalogue